Politique

Municipales : Axel Belliard, "invité du petit-déjeuner"

Par François David, France Bleu Roussillon lundi 10 mars 2014 à 11:40

Axel Belliard -

Chaque lundi, France Bleu Roussillon accueille pendant deux heures un candidat à la mairie de Perpignan. Pour la sixième émission, le tirage au sort a désigné le candidat divers gauche Axel Belliard.

 

6h41 – Axel Belliard pousse la porte de France Bleu Roussillon

Chemise brun clair, veste gris sombre, Axel Belliard arrive avec 20 minutes d’avance. Le temps de prendre un café, de fumer une cigarette et c’est parti pour deux heures d’antenne !

7h10 - Mais qui est donc Axel Belliard ?

Novice en politique, Perpignanais depuis peu, Axel Belliard souffre d’un cruel manque de notoriété. France Bleu est allé promener son micro dans les rues de Perpignan. Les habitants connaissent beaucoup mieux le numéro 2 de la liste, Jacqueline Amiel-Donat.

7h10 - Qui est Axel Belliard

Axel Belliard - Aucun(e)
Axel Belliard

7h17 – Mathieu Ferri dresse le portrait du candidat

Où l’on apprend qu’Axel Beliard est né à Bordeaux, qu’il a été journaliste, qu’il écrit des romans à ses heures perdues. Arrivé à Perpignan pour des raisons amoureuses, il a été bouleversé par la misère et a décidé de s’engager en politique.

7h17 - Portrait d'Axel Belliard

7h23 - L’interrogatoire

Pendant trois minutes, Axel Belliard est dans la peau d’un gardé à vue, bombardé de questions par Michèle Pierrard. Le candidat va avouer une interpellation pour avoir montré ses fesses à un feu rouge…

7h25 - L'interrogatoire

7h36 - Réaction d'Axel Bélliard à l'actualité nationale et les affaires

Axel Belliard : Ca me choque ces affaires qui touchent aujourd'hui Nicolas Sarkozy ou Jean-François Copé. L'an dernier, c'était la même chose avec Cahuzac et puis on peut remonter comme ça jusqu'à la fin des années 80. Forcément, les gens se méfient des politiques. Ils ont raison. France Bleu Roussillon : Il faut les sortir les sortants comme dit Mélenchon ?AB : Oui, les gens qui trichent, qui mentent, qui spéculent avec l'argent public, avec notre argent, ceux qui ne tiennent pas leurs promesses, oui il faudrait les sortir. Il y a les élections pour ça. Il faudrait aussi que la justice soit moins gentille. Quand on voit que des élus peuvent être condamnés et qu'ils se représentent ensuite... Je pense à Balkany en région parisienne, mais je pense aussi à Christian Bourquin ici (NDLR : président de la Région) qui a été condamné à deux reprises dont une pour délit de favoritisme, c'est à dire que ce monsieur qui a été élu s'amuse avec notre argent . Quand il fait ça, c'est à notre détriment, c'est de l'argent qui pourrait être utilisé pour améliorer des infrastructures, l'université, nos hôpitaux, les rues...

Axel Bélliard et les affaires politico-judiciaires

7h45 - l’interview politique

Axel Belliard et Jacqueline Amiel Donat - Aucun(e)
Axel Belliard et Jacqueline Amiel Donat

FBR : Axel Belliard, à gauche il y a cinq listes en course pour la mairie de Perpignan. Pourquoi il n'y a pas d'union ?

AB : Il faudrait poser la question un peu à tout le monde. Le plus surprenant c’est pourquoi Cresta et Codognès ne sont pas partis ensemble car ils défendent la même politique, et pourquoi deux listes Lutte Ouvrière et NPA puisqu'ils défendent les mêmes idées. Nous, nous ne sommes pas d’extrême gauche, nous partageons avec l'extrême gauche un certain nombre  de constats sur le système, au niveau mondial, nous condamnons les dérives du libéralisme et du capitalisme. Notre vocation c'est de changer les choses au niveau local, régional et national.FBR : Le PS et les Verts ne veulent pas changer les choses ?

"Nous sommes à gauche tout simplement"

AB : Est ce que vous avez l'impression qu'ils changent les choses alors qu'ils sont au gouvernement depuis 2012 ? François Hollande fait la même politique que Sarkozy. Jacques Cresta, qui est candidat ici et qui est député, vote toutes les lois de Hollande et il reconnait lui même qu'il fait une politique libérale. Le clivage n’est plus gauche-droite, il est libéral-antilibéral. Est ce  qu'on s'occupe de l'intérêt général ou des intérêts particuliers ? Le PS aujourd'hui a choisi son camp, il fait une politique de droite. Donc nous on n'est ni à l'extrême gauche, ni à la gauche de la gauche, mais à gauche tout simplement.FBR : Est ce qu’il n’aurait pas fallu faire preuve d'un peu de pragmatisme à Perpignan pour ravir la mairie à la droite et s'allier avec le PS ou avec les Verts ?AB : A partir du moment où on n’a pas envie de faire la même politique on ne peut pas s'allier. Je serai étonné que Cresta ou Codognès fassent différemment de ce qu'ils cautionnent à Paris. Nous, on a des propositions concrètes qui fonctionnent ailleurs. On se rejoint avec LO et le NPA, mais ce qui leur manque, c'est ce pragmatisme, c'est cette envie de changer les choses au niveau local. Il ne faut pas confondre pragmatisme et fatalisme. Quand j'entends les autres candidats, j'entends "ça va mal" , alors oui ça va mal, nous sommes encore plus conscients que les autres que ça va mal, mais il faut sortir la tête de l'eau et il faut donner des perspectives. FBR : Est ce que la division à gauche ce n'est pas un boulevard pour le Front national ?AB : Dès qu'une ville est mal gérée, c'est vrai ça profite à l'abstention et au Front national. Dans la rue les gens me disent tous "Y en a marre, faut que ça change, faut que Pujol s'en aille" , mais lorsqu'on leur demande "Vous allez voter ?" ils disent "Ah non parce j'en ai marre" . Mais si on ne va pas voter, ça ne peut pas changer ! Voter Front national ce n'est pas une solution : lorsqu'on voit les villes qui ont été gérées par le FN -Orange, Vitrolles, Marignane-, on voit que ça n'a pas fonctionné, la ville s’est endettée, des aides sociales ont été coupées et l'insécurité a augmenté. Lorsque vous vous occupez mal de la population, parce que faut pas se leurrer, lorsque vous faites du communautarisme, vous vous occupez mal des gens, forcément l'insécurité augmente. Ce qui crée de l'insécurité, c'est l'insécurité sociale .

Axel Bélliard et la division de la gauche

FBR : On a beaucoup parlé des commerces ces derniers temps, alors comment  relancer les commerces du centre ville ?AB : Certains voudraient rajouter des parkings, d'autres des bacs à fleurs, on peut imaginer ça mais ça suffit pas. On a parlé de la pauvreté de la ville. Si vous ne donnez pas du pouvoir d'achat aux gens, ils ne consommeront pas . FBR : Pourtant ils vont consommer ailleurs dans les centres commerciaux !AB : Oui parce que c'est moins cher. La première chose à faire c'est de recréer les conditions de l’emploi. Il y a une chose qui frappe ici, c'est qu'on ne se promène pas, on vient pour acheter et on s'en va parce que les parkings sont trop chers, parce que c'est difficile de se garer, parce que les transports en commun ne sont pas adaptés.FBR : Il faut davantage de parkings ?AB : Non, je n'aime pas les villes avec trop de voitures. L'évolution c'est au contraire de faire davantage de secteurs piétons où il fait bon se promener. Ce qui fait que le commerce de centre-ville peut fonctionner, c'est le temps que les gens y passent. Si vous êtes stressés parce que vous avez un parc-mètre à payer... L'autre jour on s'est garé au parking Saint-Martin, 6 heures, 12 euros... Ce n'est pas possible. Qui peut payer 12 euros ? Ce n'est pas possible non plus d'attendre le bus pendant une demi-heure !

Axel Bélliard et le centre ville

FBR : Comment crée-t-on des emplois à Perpignan ?

"Créer une antenne de la fac de médecine à Perpignan"

AB : Il y a deux solutions : il faut créer une antenne de la faculté de médecine de Montpellier à Perpignan . On a un hôpital moderne, flambant neuf qui ne demande qu'à se développer, on a une faculté qui est dynamique mais qui a perdu 2.000 étudiants sur les dernières années. FBR : Mais une faculté ce sont des étudiants pas des emplois ?AB : Oui mais vous formez des gens.FBR : Mais est ce qu'ils vont rester ici ?AB : Il y a des besoins ici. Si on fait un pôle d'excellence autour de l'hôpital avec la fac de médecine, l'école d'infirmières, l'IRTS qui forme des travailleurs sociaux et qui a besoin de s'étendre, des centres de formations en matière de secourisme international... Vous savez qu'il y a des gens ici qui viennent se former pour le sauvetage en mer et en haute montagne, mais il n'y a pas de vraies structures pour ça. Si vous faites tout ça autour de la fac de médecine, vous formez des gens à des métiers pour lesquels il y a des besoins. L'autre projet, c'est un pôle d'excellence en matière de transition énergétique. Les énergies renouvelables : l'éolien, le solaire, l'hydrolien, la géothermie, la méthanisation... L'université travaille sur le solaire, on a des entreprises ici qui travaillent sur le solaire, sur le reste beaucoup moins. Y a le pilier formation via l'université, y a la recherche qu'on peut  aider, on peut inciter des entreprises innovantes à s'installer et puis il y a l'application pratique sur le terrain sur des choses toute bêtes : quand on construit des logements sociaux, on peut y mettre de la géothermie, du solaire pour faire baisser les factures, faut pas être écolo pour être écolo, l'idée c'est que ce soit moins cher. L'éclairage public devrait être 100% photovoltaïque. On a du soleil ici profitons-en !

Axel Bélliard et ses propositions pour l'emploi

8h 05 - Réactions à l'actualité politique dans les Pyrénées-Orientales

Dans le journal de 8h, reportage sur les municipales au Barcarès, quatre listes pour tenter de déboulonner Alain Ferrand, réélu malgré les casseroles.

Réaction d'Axel Bélliard : Je trouve ça navrant. Il y a deux solutions : soit les gens n'ont pas de mémoire et ne s'intéresse pas à la politique, soit il y a des systèmes clientélistes et on se sent obligé de voter pour garder son emploi.FBR : Un candidat de gauche se dit prêt à faire alliance avec le FN pour une sorte d'union de salut public, ça vous choque ?AB : Oui ça me choque. Je ne comprends pas qu'on puisse se dire de gauche et s'allier avec le FN. C candidat que je ne connais pas, ce candidat qui se dit de gauche, mais ne doit pas l'être vraiment.

Axel Bélliard et la campagne au Barcarès

8h10 – Quelles alliances pour le second tour ?

Quelles seront les consignes de vote au second tour ? La liste menée par Axiel Belliard peut-être soutenir celle du socialiste Jacques Cresta ? A priori, la réponse est non. "Nous sommes de gauche , dit Axel Belliard. Ce n’est pas sur que ce soit le cas de Jacques Cresta" .

8h10 - Quelles alliences ?

8h35 - Le choix musical d’Axel Belliard

France Bleu Roussillon propose à chaque candidat de choisir un titre musical. Axel Belliard choisit une chanson très à la mode dans les manifestations : "On Lâche Rien" du groupe HK et les Saltimbanks : "L’hymne de Jean-Luc Mélenchon pendant la campagne présidentielle."