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Politique

Municipales : ces maires qui misent sur la vidéosurveillance

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Par , France Bleu Hérault

DOSSIER - En une dizaine d'années, la vidéosurveillance est devenue l'une des principales réponses des maires à l'insécurité. À l'approche des élections, la présence de caméras fait-elle encore débat ? C'est le quatrième dossier de France Bleu Hérault pour ces municipales

A Candillargues, 2.000 habitants, le maire a fait installer 18 caméras pour dissuader la petite délinquance
A Candillargues, 2.000 habitants, le maire a fait installer 18 caméras pour dissuader la petite délinquance © Radio France - Marie Ciavatti

En 2014, la sécurité n'était que la septième préoccupation des Français, selon TNS Sofrès. Six ans plus tard, elle est leur priorité numéro un, devant l'environnement (baromètre Odoxa-CGI ), et un enjeu important de la campagne des élections municipales. France Bleu Hérault s'est penchée sur la place prise en quelques années par la vidéosurveillance. On compte aujourd'hui plus de 3.000 caméras dans le département. 150 communes héraultaises, près d'une sur deux, sont équipées. 

Jean-Michel Weiss a vu le phénomène prendre de l'ampleur. Patron de la police municipale de la Grande Motte, et représentant syndical, il se rappelle d'une période pas si lointaine où les élus de gauche "considéraient que la vidéo était intrusive, irrespectueuse des libertés publiques. En 2020, dit-il, on a dépassé ce type de clivage. Les caméras font partie de notre quotidien. "

Des caméras dans les villages 

Même les villages se laissent convaincre. A Candillargues, 2.000 habitants, une délinquance quasi nulle, le maire Alain Monestier a fait installer 18 caméras il y a deux ans. Elles équipent tous les bâtiments communaux : mairie, école, agence postale, installations sportives. "Ce n'est pas la zone chez nous c'est vrai mais nous avions des dégradations sur nos équipements et quelques vols chez des particuliers l'été, explique l'élu. On a mis des caméras aux entrées pour montrer que le village est sous protection. Pour faire de la prévention". 

Résultat? Les dégradations ont cessé, soit 10.000 euros économisés par an. Les vols ne se comptent plus que sur les doigts d'une main et en cas de plainte, les gendarmes disposent des vidéos. Une tranquillité qui coûte cher : 100.000 euros d'investissement, dont 80.000 à la charge de la commune, soit 10% du budget annuel du village. Dépense que le maire assume. Il vient même de faire voter l'installation de cinq caméras supplémentaires pour 36.000 euros. 

Candillargues, 2.000 habitants et bientôt 23 caméras. Reportage

Les caméras ont été installées à Candillargues en priorité sur les bâtiments communaux, comme les écoles. - Radio France
Les caméras ont été installées à Candillargues en priorité sur les bâtiments communaux, comme les écoles. © Radio France - Marie Ciavatti

Béziers, la ville la plus équipée du département

En matière de vidéoprotection, une ville sort du lot : Béziers est passé de 40 caméras en 2015 à 200 aujourd'hui et se donne pour objectif de doubler ce chiffre rapidement. Son PC de surveillance, centre high-tech équipé d'écrans géants, est prévu pour s'agrandir. 

Poste devenu indispensable selon Fabrice Cantele, chef de la police municipale. "Une ville de 80.000 habitants, sans caméras, ce n'est pas envisageable en 2020. C'est un outil d'aide à l'intervention, d'aide à l'enquête et de prévention. Je n'ai jamais croisé personne qui nous ait reproché d'avoir installé la vidéo. On nous reproche plutôt de l'avoir installée devant chez le voisin, plutôt que devant chez soi." 

Un choix politique

Cette pression des habitants, la plupart des élus y sont confrontés. Mais tous n'apportent pas la même réponse. Christian Bilhac, président de l'association des maires de l'Hérault, redoute que "les maires ne soient pris dans une nasse sécuritaire". Dans son village de Péret, il n'y a pas de caméra. "J'ai préféré investir dans la culture. C'est un choix politique". 

Comment la vidéoprotection a convaincu les maires... Jean-Michel Weiss, patron de la police municipale à La Grande Motte

"Il ne faut pas oublier qu'avec la vidéoprotection, tout est à la charge des communes". Jean-Michel Weiss.  - Radio France
"Il ne faut pas oublier qu'avec la vidéoprotection, tout est à la charge des communes". Jean-Michel Weiss. © Radio France - Marie Ciavatti

"Surenchère néfaste"

A La Grande Motte où il dispose de 69 caméras, Jean-Michel Weiss s'est fixé un budget annuel maximal: pas plus de 40.000 euros d'investissement par an et 80.000 euros pour le fonctionnement. "La surenchère est néfaste, explique le policier. Trop de caméras et pas assez d'opérateurs, ou trop de caméras et pas d'intervenants... Il faut un juste milieu. J'en appelle à la responsabilité des maires, car derrière c'est de l'argent publique. Il ne faut pas répondre à toutes les sollicitations. Il faut un diagnostic de la police et de la gendarmerie pour estimer les attentes, les besoins, le coût et l'utilité."

"Ajouter des caméras ou rénover une école"

Peut-on imaginer un jour 100% des communes équipées en vidéosurveillance? "Les services de l'Etat en rêvent, parce que c'est utile aux enquêteurs, répond Weiss sans hésiter. Grâce aux caméras, on peut suivre un véhicule qui a commis des vols à Béziers et le retrouver à Avignon. Mais attention, tous les frais d'installation et de fonctionnement sont à la charge des communes. Alors il faut faire des choix. Ajouter des caméras ou rénover une école".

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