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CARTE - Municipales en Isère : les enjeux du second tour dans la métropole de Grenoble

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Par , , France Bleu Isère

Le 28 juin, au second tour des élections municipales, on ne votera que dans 71 communes en Isère. Dans la métropole de Grenoble, dans les 12 communes qui doivent encore voter, il y a 67 sièges de conseillers métropolitains sur 119 à pourvoir dans un scrutin opaque pour les électeurs.

La métropole de Grenoble compte 49 communes
La métropole de Grenoble compte 49 communes © AFP - Sebastian Gollnow / DPA / dpa Picture-Alliance

Pas d'élection directe pour désigner les conseillers communautaires

Les électeurs de la métropole de Grenoble désignent de un à 36 conseillers selon la taille de leurs communes, sans forcément le savoir, car ils votent pour des listes menées par le candidat au fauteuil de maire. Sur ces listes, certains candidats sont "fléchés" pour siéger en plus au conseil métropolitain avec un mode de répartition des sièges très particulier. 

Les électeurs des oppositions municipales n'y seront pas ou très mal représentés. Le pouvoir parisien avait un temps envisagé une élection au suffrage direct avec avec une liste unique représentant les 49 communes pour chaque parti ou chaque rassemblement. Quoi qu'il en soit, c'est le mode de scrutin indirect issu de la loi Maptam de 2014 qui s'appliquera le 28 juin, comme c'était le cas le 15 mars. Un peu comme pour l'élection américaine de Donald Trump aux États-Unis, vous pouvez gagner la présidence de la Métropole alors que vous êtes minoritaire en voix dans les 49 communes. 

57 sièges déjà attribués au premier tour

Après le premier tour, le groupe ADIS (Agir pour un Développement Intercommunal et Solidaire) est le plus important, avec 25 sièges dans les petites communes. Des conseillers sans étiquette, parce qu'il y a de moins en moins d'électeurs qui se reconnaissent dans les partis traditionnels. Dans ces communes, les conseillers métropolitains sont la plupart du temps les maires, et ne veulent pas être sous la tutelle de la ville-centre. Dans leurs communes, ils peuvent aussi "faire le cantonnier" le dimanche, mais c'est le groupe ADIS qui leur donne un pouvoir pour se faire entendre au sein de la Métropole.

Depuis 2014, le groupe ADIS est une des composantes de la majorité de Christophe Ferrari avec les socialistes, les écologistes, les communistes et les insoumis. Mais résistera-t-il aux pressions du maire de Grenoble qui aimerait une majorité métropolitaine plus politique ? Dans ce cas, une demi-douzaine de membre de l'ADIS, pourraient rallier le candidat d'Eric Piolle. Mais ils seraient aussi une douzaine à rejoindre un pôle adversaire, soutenant autant l'économie que l'écologie. En tous cas, l'ADIS ne gagnera pas de siège au second tour

Les écologistes vont gagner le second tour

C'est au second tour que les écologistes et leurs alliés de la France Insoumise (LFI) vont gagner une trentaine de sièges :  à Grenoble, Meylan et Saint-Égrève où Éric Piolle (EELV), Philippe Cardin (PS) et Laurent Amadieu seront a priori élus maires sans aucun suspense. Ils peuvent encore remporter entre cinq et dix conseillers de plus, selon les résultats, dans les huit communes qui peuvent basculer : Échirolles, Fontaine, Sassenage, Vif, Vizille, Saint-Paul-de-Varces, Eybens et Bresson. Le groupe RCSE (Rassemblement citoyen solidaire et écologiste) pourrait sortir du second tour avec une quarantaine d'élus. La majorité métropolitaine est atteinte à partir de 60 sièges. Il faudrait aux écologistes trouver une vingtaine d'alliés. Arithmétiquement, avec une dizaine de communistes et autant de petites communes, Éric Piolle pourrait se passer des socialistes.

Entre communistes et écologistes : le grand écart

Les communistes sortent du premier tour avec six sièges à Saint-Martin-d'Hères, (où le maire David Queiros est en conflit ouvert avec Éric Piolle sur le projet Neyrpic.).  Le PCF va probablement gagner quatre sièges de plus à Échirolles (où Eric Piolle soutient ses adversaires). Au contraire, à Fontaine, le maire de Grenoble soutient le maire communiste sortant, Jean-Paul Trovero, condamné l'an dernier par la justice. En cas de victoire de ce dernier, il y aurait deux sièges au PCF, un à EELV, un à LFI.

Avec un siège à Grenoble, sur la liste Piolle, le PCF pourrait avoir entre neuf et treize conseillers métropolitains. On sent, pour le moment, le PCF plus proche d'un soutien à Christophe Ferrari, président sortant, qu'à celui dont le nom circule pour prendre la tête d'une majorité verte à la métro, Yann Mongaburu, troisième de la liste d'Éric Piolle à Grenoble. Mais si les communistes sont réputés fidèles dans leurs alliances, ils sont aussi de redoutables négociateurs.

Où sont les socialistes ?

Christophe Ferrari, le président sortant, a quitté le PS en cours de mandat. Et il n'est pas le seul. Le groupe PASC (nom des socialistes et ex-socialistes) a gagné huit sièges au premier tour. Il en remportera entre cinq et neuf de plus, selon les résultats à Grenoble, Meylan, Saint-Égrève et Seyssinet. Et encore trois ou quatre dans les  communes-suspense. Les socialistes seraient ainsi entre 15 et 20. Christophe Ferrari devra trouver une nouvelle alliance, car les écologistes veulent le remplacer à la tête de la Métropole par un des leurs. Or, Christophe Ferrari a un positionnement politique très à gauche du PS. Il aura du mal à être le héraut des anti-Piolle. 

Un camp "progressiste" ?

C'est ainsi que se qualifient ceux qui n'ont pas envie de voir Grenoble devenir la seule métropole d'extrême gauche en France., des élus LREM qui souhaitent développer conjointement, l'écologie et l'économie. Ils ont obtenu deux sièges au premier tour. Ils peuvent monter à huit ou dix au second tour. Mais ne recueillant que 13% des votes à Grenoble, ils se sont compliqués la tâche. Il n'y aura pas de groupe LREM à la Métropole. Ils préféreraient un groupe "progressiste", pour que "les citoyens de toutes les communes se sentent représentés",  dit un des candidats, alors que jusqu'à présent, estime-t-il , "les habitants des communes comme Meylan, Sassenage, Domène, Corenc n'avaient  pas droit au chapitre à la Métro".  Ils pourraient être rejoints par le centre-droit qui sort du premier tour avec neuf sièges et qui pourrait doubler la mise au second. A Grenoble, Alain Carignon aura quatre ou cinq sièges, selon son résultat.

Quel président(e) ?

Depuis Alain Carignon au siècle dernier, le maire de Grenoble n'a plus jamais été président de l'Intercommunalité. Didier Migaud, Marc Baïetto étaient maires de communes périphériques, tout comme Christophe Ferrari.  

En poussant la candidature du très jeune Yann Mongaburu, Eric Piolle défie ces règles. Ses partisans ont déjà les éléments de langage : Alban Rosa (EELV-LFI à Echirolles) déclare "peu importe que le président soit grenoblois, ce qui compte c'est le projet". Reste aussi que de nombreux maires verront d'un mauvais œil que le président ne soit pas l'un d'entre eux.  

Alors le duel annoncé Ferrari vs Mongaburu pourrait-il profiter à un troisième candidat ? En 2008, Michel Destot voulait la présidence et ce fut le troisième homme, Marc Baïetto qui fut élu. En 2014, le candidat des socialistes était Yannick Olivier et c'est  Christophe Ferrari qui fut désigné président. 

Et puis, parmi tous ces élus qui proclament la parité, pourquoi pas une femme présidente ? Elles seront sept ou huit à l'issue du second tour parmi les 49 maires de la Métropole. 

Municipales en Isère : les enjeux à la métropole de Grenoble avant le second tour
Municipales en Isère : les enjeux à la métropole de Grenoble avant le second tour © Radio France - Denis Souilla

Les communes où se déroulera un second tour et les éventuels enjeux locaux

  1. Bresson - La seule commune de moins de 1000 habitants au second tour. Un seul conseiller métropolitain. 
  2. Échirolles - Renzo Sulli ne semble pas menacé, sauf par lui-même et le syndrome de "la candidature de trop". Sa liste obtiendrait six sièges : quatre communistes, deux socialistes. Les deux autres sièges se répartissant entre  Alexis Jolly (ce serait le seul siège du RN dans toute la métropole), Fabienne Sarrat et Alban Rosa.  En cas de victoire de ce dernier, cela ferait trois sièges EELV, trois sièges LFI et un seul PC.
  3. Eybens - Deux conseillers pour la liste qui gagnera. Suspense.
  4. Fontaine - Le tandem Franck Longo (Modem) - Laurent Thoviste (LREM, PS dissident) aborde le second tour avec, théoriquement, dix points d'avance sur le maire PC sortant Jean-Paul Trovero auquel Sophie Romera (LFI-EELV) s'est ralliée dans les dernières minutes.
  5. Grenoble - Éric Piolle va gagner, le 28 juin et obtenir les trois-quarts des 36 conseillers métropolitains dans un mode de scrutin "exorbitant" qui donne la moitié des sièges (18) à la liste qui arrive en tête et qui répartit les 18  autres à la proportionnelle. Cela fera entre 25 et 29  sièges au RCES, les autres se partageant entre les listes d'Alain Carignon (LR), Emilie Chalas (LREM) et Olivier Noblecourt (ex-socialiste).
  6. Meylan - L'élection est jouée a priori pour Philippe Cardin qui aurait pu passer au premier tour. Il y aura deux sièges pour les socialistes et un pour LREM.
  7. Saint-Égrève - Laurent Amadieu sera difficilement battu. Un siège écologiste, un siège socialiste, un siège centre-droit.
  8. Saint-Paul-de-Varces - Un seul conseiller métropolitain. Suspense.
  9. Sassenage - Le maire sortant UDI, Christian Coigné est en ballotage délicat, avec, théoriquement, dix points de retard sur la liste de fusion des oppositions de Yannick Belle (ex-PS) et Farid Benzakour. Si ces derniers gagnent l'élection, les 2 conseillers métropolitains iront à Christophe Ferrrari et EELV-LFI. Si c'est le maire sortant, ils iront au centre-droit. 
  10. Seyssinet-Pariset - Guillaume Lissy va gagner le fauteuil de maire et deux conseillers métropolitains pour le groupe PASC (socialiste).
  11. Vif - Karine Mourinaux (divers) fait la course en tête. Où iront les deux sièges ?
  12. Vizille - Le maire sortant Jean-Claude Bizec a peu de chance de rempiler. Si Catherine Troton (42% au premier tour) gagne, cela fera deux sièges pour les écologistes. 

C'est la métropole de Grenoble qui désormais possède les vrais pouvoirs

Déplacements, environnement, économie, urbanisme, c'est au conseil métropolitain que sont prises les véritables décisions, elles ne sont plus prises dans les conseils municipaux.

Les 49 communes de la métropole de Grenoble
Les 49 communes de la métropole de Grenoble © Radio France - Denis Souilla

Les 49 communes de la métropole de Grenoble

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