Politique

Municipales: les candidats d'Amiens s'affichent à coups de colle

Par Agathe Mahuet, France Bleu Picardie mardi 11 mars 2014 à 6:00

La campagne des municipales a été officiellement lancée lundi 10 mars, et avec elle, la mission de collage d'affiches.
La campagne des municipales a été officiellement lancée lundi 10 mars, et avec elle, la mission de collage d'affiches. © Radio France - Agathe Mahuet

Certains collent en solitaire leurs affiches de campagne. D'autres ont missionné de vraies équipes, seau de colle à la main, pour cette étape pré-électorale indispensable. A quelques jours du scrutin, reportage à Amiens.

Il l'a déjà fait des dizaines de fois. Enduire la surface de colle à papier peint, poser délicatement l'affiche sans faire pencher le sourire de sa candidate, et brosser de nouveau pour garantir une bonne adhésion. Paul-Eric Dècle, 21 ans, étudiant en droit, recule d'un pas pour admirer le travail. Grâce à lui, la tête de liste UMP-UDI à Amiens, Brigitte Fouré, vient d'investir l'un des panneaux officiels de la campagne électorale, près de l'hôtel de ville.

Tirage au sort

Fruit d'un tirage au sort effectué en amont, c'est sur le panneau n°1 que le jeune militant de droite et ses trois camarades ont collé l'affiche de celle qu'ils rêvent de voir bientôt à la mairie. "On se dit que le hasard a voulu nous envoyer un signe et nous dire que les choses se termineront bien pour nous à l'issue du scrutin ", veut croire Paul-Eric.

Le candidat communiste Cédric Maisse s'auto-affiche dans les rues d'Amiens. - Radio France
Le candidat communiste Cédric Maisse s'auto-affiche dans les rues d'Amiens. © Radio France - Agathe Mahuet
Cédric Maisse, lui, n'a pas vraiment lu de message dans l'attribution qu'on lui a faite du panneau n°3. Mais le candidat communiste est habitué à ne compter que sur lui-même. Budget serré, petite équipe de campagne... il a souvent porté seul le seau de colle et les affiches à placarder partout en ville. "Lundi matin, deux de mes militants étaient à Etouvie pour investir les panneaux du quartier. Mais la plupart du temps, je m'en charge. Sur la route entre le travail et la maison, je colle quelques affiches dès que j'aperçois une surface de libre. "

Pour le candidat Cédric Maisse, qui a presque fini de coller ses affiches, être le premier sur les panneaux, c'est être visible.

Car au-delà des panneaux officiels mis en place par la mairie, tout est bon, durant la campagne, pour faire étalage de ses promesses électorales. Dans le centre-ville, Cédric Maisse aperçoit un poster annonçant un spectacle de Muriel Robin. Le candidat saute de voiture, attrape sa colle et sa balayette. Voilà l'humoriste recouverte par un communiste.

Pour le FN, pas une priorité

"L'affichage libre, c'est un jeu sans fin, explique Paul-Eric Dècle. Il n'y a pas de règles. On peut coller autant d'affiches que l'on veut. Mais l'heure d'après, le concurrent peut arriver, nous décoller et coller à la place ses propres affiches. " C'est donc à celui qui sera le plus agile du pinceau.

Paul-Eric Dècle et ses camarades investissent les panneaux n°1, désignés pour la liste d'union de droite. - Radio France
Paul-Eric Dècle et ses camarades investissent les panneaux n°1, désignés pour la liste d'union de droite. © Radio France - Agathe Mahuet
Ce jeu de l'affichage, indispensable pour une bonne visibilité pré-électorale, certains le pratiquent moins bien que d'autres. Yves Dupille, candidat du Front National à Amiens, affirme qu'il ne s'agit vraiment pas de sa priorité. "Je ne sais même pas quel numéro de panneau on nous a accordé." Les socialistes sortants, au contraire, ont mis la main à la pâte dès que les panneaux officiels ont été posés. Toutes les affiches de Thierry Bonté sont déjà placardées.

A Amiens, depuis lundi, les candidats s'affichent près des 71 bureaux de vote de la ville.

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