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DOSSIER : Municipales 2020 : portraits de maires

MUNICIPALES - Portrait de maire : à Breil-sur-Roya, commune enclavée et frontalière

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Par , France Bleu, France Bleu Azur

André Ipert achève son premier mandat à la mairie de Breil-sur-Roya (Alpes-Maritimes), commune rurale enclavée située à quelques kilomètres de la frontière italienne, sous les feux des projecteurs pendant la crise migratoire et qui fait face à des problématiques de transports, notamment ferroviaire.

À 71 ans, André Ipert, retraité de l'enseignement, l'assure : s'il est réélu cette année, ce sera son dernier mandat à la mairie de Breil-sur-Roya. "Je serai trop vieux dans six ans" assure-t-il. Élu en 2014 au premier tour avec 54% des voix, l'ancien militant syndical et associatif divers-gauche a envie de poursuivre en 2020 ce qu'il a entamé avec son équipe. 

Située à 35 kilomètres à peine de la Côte d'Azur et de la ville de Menton, à laquelle elle est rattachée au sein de la communauté d'agglomération de la Riviera française, Breil-sur-Roya et ses 2.350 habitants sont davantage tournés vers la montagne et vers l'Italie toute proche : l'ancienne frontière est à une poignée de kilomètres de la sortie du village. Cette proximité permet à la commune de jouir d'un certain dynamisme économique, sans souffrir de l'exode rural. Ici, pas de désert médical : Breil compte un EHPAD, un hôpital et une maison de santé qui emploient 350 personnes. Les établissements scolaires ont réussi à maintenir leurs effectifs avec une crèche, trois classes de maternelles, quatre classes élémentaires et un collège. Située dans la "vallée des Merveilles", très touristique, la commune et ses voisines attirent également des visiteurs de chaque côté de la frontière.

Le village de Breil, dans la vallée de la Roya
Le village de Breil, dans la vallée de la Roya © Maxppp - Eric Duliere

Combat pour les lignes ferroviaires et contre les poids lourds

Breil est desservie par deux routes départementales et deux lignes ferroviaires (vers Nice et vers l'Italie) dont l'existence est menacée. "Jusqu'en 2012, il y avait 12 aller-retours par jour sur la ligne italienne, rappelle André Ipert. Puis quatre, puis deux, à des horaires décalés qui ne profitent pas à la population".  Le maire s'inquiète de la suppression des lignes, qui empêcherait la mobilité des actifs entre la vallée de la Roya, la Côte d'Azur, la Ligurie et le Piémont. Il souhaiterait d'ailleurs que la gestion de la ligne soit confiée en totalité aux Italiens, qui l'exploitent déjà. Dans un rapport de juin 2019, la Chambre régionale de la Cour des comptes préconisait la suppression de l'autre ligne, celle entre Nice et Tende, pour une question de rentabilité. Les habitants de la vallée de la Roya ont organisé plusieurs manifestations contre la mort programmée du "Train des Merveilles".

La proximité avec la frontière italienne entraîne aussi des désagréments, notamment concernant la circulation des poids lourds, polluants et dangereux sur ces routes sinueuses de moyenne montagne. L'une des deux départementales desservant la commune est empruntée chaque jour par une centaine de camions de lourd tonnage, le plus souvent italiens. Avec les maires de quatre autres communes voisines, côté français, André Ipert mène depuis trois ans une fronde contre la circulation de ces véhicules. 

Une démarche appuyée par l'ensemble de la population et par le Conseil départemental des Alpes-Maritimes, qui vient d'être validée par le tribunal administratif : les poids lourds de plus de 19 tonnes sont désormais interdits de circulation dans la vallée de la Roya.

André Ipert devant la mairie de Breil-sur-Roya
André Ipert devant la mairie de Breil-sur-Roya © Radio France - Anne Jocteur Monrozier

Une vallée au cœur de la crise migratoire

La situation frontalière de Breil-sur-Roya a également été l'une des raisons de sa "notoriété" lors de la crise migratoire, entre 2015 et 2018. "Les migrants sont arrivés dans notre vallée, qui a fonctionné comme un cul de sac", se souvient André Ipert. Il a fallu improviser, se débrouiller, trouver des solutions d'hébergement, de transport pour les dépôts de demandes d'asile à Nice... 

"Ça aurait dû être à l'État de gérer cette problématique, l'État a été déficient." 

"Ça a été un moment très difficile, parce que la commune n'avait pas les moyens de gérer, pas plus que Cédric Herrou", l'agriculteur militant hyper-médiatisé poursuivi pour "délit de solidarité", dont le maire de Breil dit partager le combat humanitaire. Depuis, "la crise est derrière nous", assure André Ipert. Et Cédric Herrou a créé dans la vallée la première communauté Emmaüs 100% agricole et paysanne, composée de réfugiés, demandeurs d'asile, personnes en difficultés ou SDF.

L'arrivée des migrants à Breil "a généré un certains nombre de problèmes, mais il était légitime qu'on les accueille", confie l'édile. "Je suis fils de migrant : mes grand-parents venaient d'Italie, ils ont fui Mussolini. Je sais que lorsque les Italiens se sont installés à Breil, ça n'a pas été facile. Mais maintenant, ils font partie de la population... Il y a même un maire d'origine italienne, c'est vous dire !" 

Groupe de migrants à la gare de Breil-sur-Roya en juin 2017
Groupe de migrants à la gare de Breil-sur-Roya en juin 2017 © Maxppp - Cyril Dodergny
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