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Municipales à Strasbourg : le débat des candidats

Par Blandine Costentin, France Bleu Alsace lundi 3 mars 2014 à 11:58

Roland Ries et Fabienne Keller Strasbourg.
Roland Ries et Fabienne Keller Strasbourg. © Radio France - Alexandre Tandin

Investir pour relancer l'emploi, tout en maîtrisant la fiscalité. Privilégier la place des piétons en ville ou bien celle des voitures. Quatre candidats aux élections municipales à Strasbourg ont confronté leur diagnostic et leurs propositions au micro de France Bleu Alsace : Roland Ries (PS), Fabienne Keller (UMP), François Loos (UDI) et Jean-Luc Schaffhauser (RBM-FN).

François Loos (UDI) et Jean-Luc Schaffhauser (RBM-FN), puis Roland Ries (PS) et Fabienne Keller (UMP) ont débattu sur l'antenne de France Bleu Alsace, à trois semaines du premier tour des élections municipales. Retrouvez point par point leurs principales interventions:

L'investissement public pour relancer l'emploi?

 

Roland Ries revendique une "politique offensive" avec trois priorités: attirer des entreprises, investir de façon à créer de l'emploi et faciliter l’embauche des jeunes dans les quartiers. François Loos souhaite créer des zones d’activité, "la CUS n’en a pas créé pdt tout le mandat", lancer des grands travaux dans la rénovation thermique, "de façon systématique, quartier par quartier (…) et permettre aux entreprises concernées d’embaucher des jeunes". La vision de Fabienne Keller est proche, avec le projet d’aménager "des pépinières d’entreprises et des espaces coopératifs (…) notamment dans le numérique et les économies d’énergie". S'y ajoute son projet de "grand quartier d’affaires" à l’arrière de la gare de Strasbourg. Enfin, Jean-Luc Schaffhauser propose d'investir notamment dans l'habitat : "au lieu de donner à des promoteurs immobiliers, réaliser nous-même, en insérant les sans-emploi et en vendant (les logements) à prix coûtant". Il préconise aussi de "grands travaux dans les économies d’énergie, avec une société d’investissement municipale".

Comment contenir la fiscalité et la dette?

Pour Jean-Luc Schaffhauser , il faut "diminuer la fiscalité locale". "On peut faire plus de 20 millions d’économies", affirme-t-il. François Loos revendique une gestion de "bon père de famille" et rappelle que la ville et la CUS ont bénéficié du "pactole" de la vente de Gaz de Strasbourg. "Il n'y aura pas de deuxième GDS", prévient-il, "il faut être très raisonnable". Fabienne Keller reproche à Roland Ries d'avoir augmenté la dette de la ville de "60% sur les six dernières années" et affirme que "les dépenses de fonctionnement ont explosé". Elle s'engage à un "gel de la fiscalité pour les entreprises comme pour les particuliers". A Roland Ries qui l'accuse d'avoir promis de ne pas accroître les impôts et de les avoir augmentés quand même quand elle était maire, Fabienne Keller rétorque: "quand j’ai augmenté les impôts, c’était pour investir"! Roland Ries ne dit, d'ailleurs, pas autre chose quand il affirme avoir investi "plus de 100 millions par an". "Nous avons préparé l’avenir", explique-t-il, "en effet nous avons augmenté la dette, de façon raisonnable, nous restons parmi les collectivités les moins endettées en France". Quant aux impôts, "depuis 2008, les taux n’ont pas augmenté et il faut continuer à être dans la modération fiscale".

Quel logement pour les Strasbourgeois?

Jean-Luc Schaffhauser dénonce une "bétonisation de la ville et une volonté de donner toujours aux promoteurs privés". Fabienne Keller ajoute que Roland Ries a "construit du logement mais qu'il n’a pas construit de la vie. Les prix sont tellement élevés qu’ils sont inaccessibles aux jeunes ménages". "Nous ne bétonnons pas, nous avons construit des logements", se justifie Roland Ries , pour qui "il faut continuer dans le logement social et le logement privé".

Déplacements: qui, du piéton, du cycliste ou de l'automobiliste, aura le dernier mot?...

Pour Roland Ries , "le piéton doit être le roi de la ville et les autres modes, vélos, autos, transports en commun, doivent lui céder la priorité". Le maire sortant veut continuer à limiter la voiture au centre-ville, "protéger la ville de l’invasion automobile et en même temps faciliter le stationnement des résidents et le stationnement de courte durée pour les commerçants" et les artisans. Fabienne Keller fustige une "vision dogmatique, une chasse à la voiture, alors que les Strasbourgeois en ont juste besoin pour travailler ou transporter leurs enfants". Elle propose d'installer de "grands parkings à la périphérie de Strasbourg et à l’arrière-gare". Tous les deux se rejoignent pourtant sur la nécessité du grand contournement Ouest de Strasbourg. Pour Fabienne Keller, le GCO est une "nécessité pour fluidifier la ville, mais aussi pour traiter la question de la qualité de l’air". Roland Ries, qui préfère parler de "contournement Ouest" plutôt que de GCO, estime qu'il faudra, en parallèle, interdire le trafic de transit des poids-lourds sur l’A35 et les obliger à utiliser le contournement". Jean-Luc Schaffhauser propose pour les voitures "une place de parking par logement", voire plus. Il dénonce par ailleurs le projet de tramway vers Kehl, "l’absurdité même", selon lui, parce qu'il ne serait "pas rentable". Pour François Loos , "il faut mettre un peu d’ordre" dans les relations entre piétons et cyclistes. Quant à la place de la voiture, il estime qu'"il faut remettre des parkings" et se prononce "pour une carte silo : que les voitures qu’on n’utilise pas beaucoup soient dans des silos à l’extérieur, près des tramways".

Les autres candidats aux élections municipales à Strasbourg

Alain Jund pour EELV, Jean-Claude Val (Front de Gauche), Elisabeth Del Grande (POI), Pierrette Morinaud (LO), Marcel Wolff (NPA), Tuncer Saglamer (sans étiquette),Dominique Bézu (sans étiquette).

Réécoutez le débat entre les candidats UDI et RBM-FN 

DEBAT 1 STRASBOURG - MF5 STUDIO

Réécoutez le débat entre les candidats UMP et PS

DEBAT 2 STRASBOURG - MF5 STUDIO

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