Politique

Nathalie Arthaud, candidate Lutte Ouvrière à la présidentielle, en meeting à Reims

Par Aurélie Jacquand, France Bleu Champagne-Ardenne jeudi 16 mars 2017 à 11:57

Environ 150 personnes ont assisté au meeting de Nathalie Arthaud à Reims
Environ 150 personnes ont assisté au meeting de Nathalie Arthaud à Reims © Radio France - Aurélie Jacquand

La campagne présidentielle de Nathalie Arthaud passait par Reims mercredi soir. La candidate du parti Lutte Ouvrière a tenu un meeting au centre des congrès, devant environ 150 personnes, avec ce slogan: "Faire entendre le camp des travailleurs".

Les drapeaux rouges du parti Lutte Ouvrière flottent dans une des salles du centre des congrès de Reims. Environ 150 personnes sont installées pour écouter Nathalie Arthaud. "Le Conseil constitutionnel a enregistré 623 parrainages d'élus pour ma candidature. Je suis donc bel et bien candidate à la présidentielle", voilà comment elle commence son discours. S'en suit, quelques mots sur la presse : "Je serai toujours une "petite" candidate à leur yeux. Dans cette campagne c'est comme dans un festival, il y a le "in" et le "off". C'est comme ça, d'après le CSA c'est le principe de l'équité". Puis elle passe en revue chacun de ses adversaires dans la course à la présidentielle.

"Je ne suis pas candidate pour être présidente de la République"

Nathalie Arthaud n’a pas vraiment besoin de convaincre. La plupart de ceux qui viennent la voir, comme Chantal, savent pourquoi ils voteront pour elle : "Faut faire entendre le camp des travailleurs, dans une société où l'on oublie que ceux qui éduquent les enfants, soignent les malades, fabriquent ce qu'on consomme, nous transportent... ce sont les travailleurs!".

Nathalie Arthaud se présente comme la seule et unique candidate communiste à la Présidentielle : "Nous ne voulons pas participer à la gestion de ce système basé sur le Capitalisme, nous voulons le renverser et nous sommes convaincus que les travailleurs peuvent le faire, à condition qu'ils en soient conscients et qu'ils se battent pour leurs intérêts. J'appelle donc les chômeurs, les travailleurs, les employés, les ouvriers, à mettre en avant leurs intérêts contre les licenciements, contre l'augmentation du temps de travail, contre les bas salaires. Je les appelle à un vote de conscience et de combativité ouvrière".

Pas un salaire et une pension de retraite à moins de 1800 euros, interdiction des licenciements et des plans de suppressions d'emplois, répartition du travail entre tous sans diminution de salaire, contrôle des travailleurs sur les entreprises... voilà pour les mesures phares du programme de la candidate Lutte Ouvrière.

Nathalie Arthaud en meeting à Reims - Radio France
Nathalie Arthaud en meeting à Reims © Radio France - Aurélie Jacquand

Une campagne inédite, à rebondissements

Les affaires, les alliances, qui jalonnent la campagne présidentielle depuis plusieurs semaines, Nathalie Arthaud reconnaît que ça l'aide à mener campagne : "C'est plus simple de faire comprendre que tous les autres candidats ne représentent pas les intérêts des travailleurs. On le voit, ils ont les moeurs de la bourgeoisie", martèle-t-elle. Pour elle, la mise en examen de François Fillon reflète "la décrépitude d'un système à bout de souffle. La crise économique a discrédité ceux qui gouvernent depuis des décennies. Le grand capital imposera sa politique et trouvera le prochain Président à ses pieds".

Si Nathalie Arthaud a bien conscience que son électorat, celui des travailleurs, se tourne de plus en plus vers l'abstentionnisme ou le Front National, elle n'oublie pas d'égratigner chacun des candidats un à un. Voici ce qu'elle dit d'eux:

  • François Fillon, "C'est le porte-parole par excellence du grand patronat. Son arrogance, ses leçons de moral, c'est le mépris de la bourgeoisie pour le monde ouvrier. Son programme, c'est celui du Medef."
  • Emmanuel Macron, "Veut lui aussi servir la soupe au grand patronat. C'est le travail du dimanche, les bus sur les routes, le culte de l'individualisme et du chacun pour soi. Il ne jure que par les auto-entrepreneurs, qui sont surtout libres de s'auto exploiter au profit des patrons".
  • Marine Le Pen, "C'est notre Donald Trump. Elle se déguise en candidate anti-système pour en prendre la tête et faire fructifier la fortune des plus riches. Elle aussi prévoit des suppressions d'emplois dans la fonction publique".
  • Benoît Hamon, "Une nouvelle tête pour une vieille politique. Le "rêve de gauche" qu'il tente de vendre est un rêve à bas coût. Il avait promis un salaire universel qui a déjà été revu à la baisse".
  • Jean-Luc Mélenchon, "Un nouveau marchand d'illusions. Il se garde bien de prendre trop d'engagements concrets. Il promet l'abrogation de la loi El Khomri, le smic à 1326 euros net, les "vraies 35 heures", mais ce sont des promesses en l'air car il ne dit pas comment il les imposera au grand capital qui décide de tout".