Politique

Nicolas Sarkozy est-il le seul à pouvoir sauver l'UMP ?

Par Marina Cabiten, France Bleu mercredi 4 juin 2014 à 18:00

La guerre des chefs à l'UMP revient, après la démission de Jean-François Copé
La guerre des chefs à l'UMP revient, après la démission de Jean-François Copé © MaxPPP

Après la démission de Jean-François Copé, l'UMP a rendez-vous en octobre pour se choisir un nouveau dirigeant. Mais la course à la présidence du parti a déjà commencé. Fillon, Juppé, ou encore... Sarkozy ?

Si l'UMP survit à la crise qu'elle traverse avec l'affaire Bygmalion, elle devra en octobre prochain élire un nouveau président pour succéder à Jean-François Copé. Ce dernier, démissionnaire, quittera officiellement ses fonctions le 15 juin pour être selon les dernières annonces remplacé par un triumvirat composé d'Alain Juppé, François Fillon et Jean-Pierre Raffarin.

Rivalités aiguisées

Au moins deux d'entre eux sont des candidats potentiels à la direction du parti : Alain Juppé et François Fillon. 

La preuve avec les déclarations très offensives de François Fillon qui réunissait son micro-parti mardi, et en a profité pour de nouveau charger Jean-François Copé : "Les soupçons et les affaires nous ont blessés" , c'est le "chaos" a lancé l'ancien Premier ministre. Selon lui, "sauver l'UMP d'une disparition" est l'"enjeu des prochaines semaines" .

Un retour "qui devient une nécessité"

Au-delà de ces candidats, un nom revient avec de plus en plus d'insistance, celui de Nicolas Sarkozy. Et c'est le fidèle d'entre les fidèles qui a allumé la mèche. Dans une interview au Monde mardi, Brice Hortefeux semble considérer cette crise comme l'occasion idéale pour enfin acter le retour de son mentor. "Le retour de Nicolas Sarkozy, qui était une possibilité, devient une nécessité. Je souhaite donc qu'il soit candidat à la présidence de l'UMP à l'automne" , a-t-il expliqué.

Beaucoup plus surprenant, le soutien de Dominique de Villepin . Grand ennemi politique de Nicolas Sarkozy, notamment avec l'affaire Clearstream, il estime mercredi que l'ancien président de la République "fait partie des très rares" qui ont "la capacité de rassembler" la droite, avec Alain Juppé.

Triumvirat enterré ?

Pour les partisans de ce retour, seul Nicolas Sarkozy pourrait endiguer la dégradation du climat à l'UMP. Nouvel épisode ce mercredi avec les déclarations de l'ancien directeur de cabinet de Jean-François Copé (dans Le Point daté de jeudi 5 juin). Jérôme Lavrilleux, impliqué dans l'affaire Bygmalion, n'épargne personne ou presque : "Le problème dans ce milieu, c'est qu'il y a des gens morts de l'intérieur : Baroin, Juppé. Copé ne l'est pas. Fillon non plus, lui, il est complexé de l'intérieur, il est dans l'auto­-émasculation tout en ayant besoin de prouver sa virilité. Wauquiez, c'est une raclure. NKM, ce n'est pas une belle personne. Le Maire est très sympa et vivant, alors qu'il a l'air d'un poisson froid. Sarkozy, c'est le plus vivant de tous, mais à quoi ça sert ? "

Les personnes visées devraient faire grise mine la semaine prochaine, lors d'un bureau politique censé valider le triumvirat Juppé-Raffarin-Fillon. Cette direction intérimaire à trois têtes ne semble plus faire consensus. Une élue locale UMP a même déposé un référé car, selon elle, cette solution ne respecte pas les statuts du parti.

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