Politique DOSSIER : Poitou-Charentes : dette et impayés

Nouvelle-Aquitaine : la gestion de Ségolène Royal au coeur des débats au Conseil régional

Par Thomas Benech et Delphine Garnault, France Bleu Creuse, France Bleu Gascogne, France Bleu Gironde, France Bleu La Rochelle, France Bleu Limousin et France Bleu Poitou lundi 19 décembre 2016 à 11:34 Mis à jour le lundi 19 décembre 2016 à 18:35

La session du conseil régionale de Nouvelle Aquitaine s'est ouverte à Bordeaux.
La session du conseil régionale de Nouvelle Aquitaine s'est ouverte à Bordeaux. © Radio France - Thomas Benech

C'est dans un climat tendu que s'est ouverte ce lundi matin à Bordeaux une session du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine. Au programme notamment : le rapport de la Chambre Régionale des Comptes qui confirme l'endettement, les impayés et les emprunts dits toxiques de l'ex région Poitou-Charentes.

La session du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine s'est ouverte ce lundi matin avec un gros dossier à l'ordre du jour : le rapport de la Chambre Régionale des Comptes qui épingle la gestion de l'ex Poitou-Charentes sous l'ère Ségolène Royal puis Jean- François Macaire quand celle ci a été nommé ministre en 2014 dans le gouvernement Valls. Un conflit oppose la ministre de l'Environnement au président Rousset qui lui reproche d'avoir laissé une ardoise de 132 millions d'euros de factures impayées.

L'ex Poitou-Charentes vivement montrée du doigt par les élus

Peu après 10h, le président PS de Nouvelle-Aquitaine, qui avait révélé la dérive financière de l'ex-Région Poitou-Charentes en début d'année, a pris la parole notamment sur les emprunts structurés que certains qualifient de toxiques, estimant : "nous ne pouvons pas laisser autant de mines sous nos pieds".

Toute la journée, les Républicains, les centristes de l'UDI et le Front national ont multiplié les critiques contre ce qui devient "l'affaire Poitou-Charentes". "Il s'agit maintenant d'établir les responsabilités de ce désastre et de ce scandale", a réagi Jean Dionis du Séjour (UDI, opposition centriste). "En ce sens, l'affaire Poitou-Charentes ne fait que commencer. Au nom du groupe UDI, nous vous demandons de porter plainte contre Daniel Parizot" (directeur financier de l'ex-Poitou-Charentes), a-t-il demandé à Alain Rousset.

L'attaque la plus violente est venue du groupe Les Républicains - CPNT par la voix du conseiller régional de Gironde Pierre Durand qui a qualifié de "piteux bilan" l'action de Ségolène Royal à la tête de l'ex Poitou-Charentes, ciblant aussi Jean-François Macaire, qui a présidé la région de 2014 à 2015 : "à votre place, un chef d'entreprise aurait été sanctionné"'. Il s'est demandé si Jean-François Macaire peut rester "décemment" vice-président de la nouvelle région.

De son côté, Jacques Colombier pour le FN a lui évoqué une "scabreuse anomalie budgétaire".

"Nous étions davantage dans un tribunal", confiera Jean-François Macaire, prenant acte de l'ensemble des analyses et des conclusions de la Chambre régionale des comptes.

Un rapport très attendu qui confirme les impayés et les emprunts toxiques

Attendu depuis près d'un an, le rapport de la Chambre Régionale des Comptes sur les finances de l'ex Poitou-Charentes a été victime de fuites depuis plusieurs jours. Publié ce lundi, il confirme les impayés à hauteur de 111 millions d'euros, que la région Nouvelle-Aquitaine (Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes) a réglé, et la dette léguée par l'ex-région Poitou-Charentes, dont 46 millions d'emprunts dits toxiques que la nouvelle région doit aujourd'hui rembourser.

Il a donné lieu à de vifs échanges entre les socialistes Alain Rousset et Ségolène Royal, chacun délivrant sa propre interprétation de ce rapport. C'est Ségolène Royal qui a dégainé la première il y a 10 jours, s'estimant "très contente des résultats de ce rapport (…) qui clarifie les choses, démonte les accusations vraiment diffamatoires qui ont été faites pour détruire et pour abîmer".

"On est sur un champ de mines", a déclaré de son côté Alain Rousset lors d'une conférence de presse vendredi dernier à Bordeaux. "La chambre régionale confirme les impayés, confirme une dette". "On a 172 millions d'euros d'emprunts structurés de l'ancien conseil régional du Poitou-Charentes. Sur les 172, il y en a 46 qui sont très dangereux (...) Le coût peut être très important, des dizaines de milliers d'euros qu'il faudrait payer aux banques", estime-t-il.

La session du Conseil régional de Nouvelle Aquitaine se poursuit ce mardi.

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