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Politique

Nucléaire, transports, ours : les dossiers qui attendent François de Rugy au ministère de la Transition écologique

mercredi 5 septembre 2018 à 11:00 Par Géraldine Houdayer, France Bleu

Le nouveau ministre de la Transition écologique, François de Rugy, va rapidement devoir s'atteler à des dossiers complexes et polémiques : réintroduction de l'ours, nucléaire, énergies renouvelables, transports... Voici les dossiers chauds qui l'attendent sur son nouveau bureau.

Le nouveau ministre de la Transition écologique lors de la passation de pouvoir avec Nicolas Hulot, mardi.
Le nouveau ministre de la Transition écologique lors de la passation de pouvoir avec Nicolas Hulot, mardi. © Maxppp - Vincent Isore

Le nouveau ministre de la Transition écologique, François de Rugy, a déjà une belle pile de dossiers qui l'attendent sur son bureau. Polémiques, dossiers urgents ou complexes à mettre en oeuvre, négociations ardues.... Voici les dossiers sur lesquels il va devoir se pencher au plus vite. 

Nucléaire : combien de fermetures de centrales ? 

Le nucléaire sera au cœur de la feuille de route énergétique 2019-2023 et 2024-2028, attendue après l'été.
Alors que Nicolas Hulot avait annoncé en novembre que la France ne pourrait pas tenir l'objectif de ramener la part de cette énergie de 75% à 50% de la production d'électricité à l'horizon 2025, nombre de questions restent en suspens, comme le nombre de réacteurs à fermer.

Le ministre démissionnaire avait promis un "échéancier" précis sur la fermeture de centrales. En jetant l'éponge, il a laissé entendre qu'il avait eu des difficultés à imposer ses vues. Un rapport commandé par son ministère et celui de l'Economie recommande la construction de six nouveaux EPR à compter de 2025. Bruno Le Maire a préconisé jeudi d'attendre que l'EPR de Flamanville (Manche) soit achevé avant de décider d'en bâtir d'autres.

Énergies renouvelables : y a-t-il une place pour l'éolien en mer ? 

L'objectif est de développer les énergies renouvelables, alors que les émissions de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse en France. Après le solaire et l'éolien terrestre, l'avenir des énergies marines notamment est sur la table. 

Le résultat de l'appel d'offres du parc éolien marin de Dunkerque doit être annoncé en 2018, tandis qu'un appel d'offres pour l'île d'Oléron annoncé lors du précédent quinquennat, est attendu. Tout cela alors qu'en juillet, un mois après son inauguration, l'usine qui devait fabriquer des hydroliennes à Cherbourg a brutalement fermé, faute de soutien du gouvernement selon l'industriel Naval Energies et les élus locaux.

Transports : vers une taxation des poids lourds et un plan vélo ? 

Alors que les transports sont la première source d'émissions de gaz à effet de serre en France, le projet de loi d'orientation sur les mobilités doit être présenté à l'automne. 

En cours de finalisation, le texte comprend des volets sur la programmation des infrastructures, l'évolution des compétences des autorités locales, ou les mobilités propres (qualité de l'air, circulation en ville...). L'État pourrait aussi choisir d'instaurer une vignette pour les poids lourds ou des péages sur des routes gratuites.

Le ministère des Transports, qui dépend de celui de la Transition écologique, doit présenter en septembre un "plan vélo" visant à multiplier par trois la part du vélo d'ici 2024, avec la construction de pistes cyclables et des incitations. Les associations demandent 200 millions d'euros par an, ce que Nicolas Hulot avait qualifié de "faisable".

La réintroduction de l'ours

Nicolas Hulot avait annoncé, au printemps, la réintroduction à l'automne de deux nouveaux ours dans les Pyrénées. Le plan ours publié en mai évoque des lâchers, sans autre précision. Les éleveurs de brebis espèrent que le futur ministre renoncera à cette opération. L'Union européenne avait mis en demeure fin 2012 la France pour avoir manqué à ses obligations de protection de cette espèce.

La loi Alimentation : glyphosate et bio dans les cantines au menu ?

L'examen au Parlement de la loi Alimentation doit se terminer en ce mois de septembre. Si elle est pilotée par le ministère de l'Agriculture, elle a été suivie de près par Nicolas Hulot. Certains députés voudront-ils à nouveau débattre de la part du bio dans les cantines ? Ou du glyphosate, alors que les députés avaient rejeté un amendement, soutenu par Hulot, inscrivant la fin du pesticide d'ici trois ans ? C'est d'ailleurs sur cette question du glyphosate que Nicolas Hulot et Stéphane Travert, le ministre de l'Agriculture, s'étaient vivement écharpés.

Valider l'inscription de l'environnement dans la Constitution 

Les députés ont donné en juillet leur feu vert à l'inscription de la "préservation de l'environnement" à l'article 1er de la Constitution. Mais en raison de l'affaire Benalla, qui paralysait les débats à l'Assemblé en juillet, l'examen de la révision constitutionnelle a été suspendue jusqu'à la rentrée.

La biodiversité condamnée à l'oubli ? 

Après la présentation en juillet d'un plan biodiversité sans grandes mesures contraignantes, certains défenseurs de l'environnement craignent que cette question retombe dans l'oubli. Se pose la question de définir l'échéance de l'objectif de zéro artificialisation nette des sols, ou la mise en oeuvre de la réforme de la chasse.
 

Eau : l'irrigation, nouveau sujet de tensions ? 

La deuxième phase des Assises de l'eau se penchera sur la préservation de la ressource en eau. Un nouveau risque de querelle entre défenseurs de l'environnement et agriculteurs, en particulier sur l'irrigation.

Le prix du gaz 

En juillet 2017, le Conseil d'Etat a jugé les tarifs réglementés contraires au droit européen, imposant à l'Etat de les supprimer. Le gouvernement envisage une fin à l'horizon 2023 pour tous les particuliers, mais doit préciser comment la mettre en oeuvre.

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