Politique

Olivier Carré sur Nicolas Sarkozy : "quand il y a des doutes, on s'abstient" d'être candidat

Par Stéphane Barbereau, Eric Normand et François Guéroult, France Bleu Orléans lundi 5 septembre 2016 à 23:46

Olivier Carré (LR) dans les studios de France Bleu Orléans
Olivier Carré (LR) dans les studios de France Bleu Orléans © Radio France - Stéphane Barbereau

Controverse, l'émission politique de France Bleu Orléans, en partenariat avec Apostrophe 45, recevait Olivier Carré ce lundi soir. Le député-maire (LR) d'Orléans est revenu sur la rentrée scolaire, ses projets pour la ville et les échéances électorales à venir.

Olivier Carré est un soutien de longue date de l'ancien ministre de l'Agriculture, Bruno Lemaire, candidat à la primaire de la droite et du centre pour la Présidentielle 2017. Mais on le découvre désormais comme un critique très sévère de Nicolas Sarkozy, mis en examen dans l'affaire Bygmalion pour financement illégal de sa campagne présidentielle en 2012 :

Certes, on est tous présumé innocent mais quand il y a des doutes, on s'abstient. C'est une des raisons pour lesquelles, après avoir été l'un de ses grands supporters, je ne le suis plus. J'ai quand même été assez surpris par toutes ces affaires.

O Carré dans le studio de France Bleu Orléans - Radio France
O Carré dans le studio de France Bleu Orléans © Radio France - Stéphane Barbereau

Olivier Carré n'ets pas tendre avec Nicolas Sarkozy

Après la rentrée politique, la rentrée scolaire

Après la rentrée scolaire, la rentrée politique sur France Bleu Orléans. Le député-maire (Républicains) d'Orléans était l'invité de Controverse. Quatre jours après la rentrée scolaire marquée notamment par la visite de François Hollande dans une école et un collège de l'Argonne :

J'ai dit au Président :Bonjour et bienvenue à Orléans. J'attends toujours sa réponse.

Visiblement l'absence de réponse du Président de la République a agacé l'élu orléanais.

Davantage d'élèves à Orléans et bientôt davantage d'écoles ?

La ville d'Orléans compte aujourd'hui 67 établissements scolaires et pourrait bien en compter deux de plus dans les années à venir, c'est le souhait du maire pour répondre à la hausse de population (200 élèves de plus dans les classes orléanaises en cette rentrée soit 3 élèves de plus par école) :

Il y a 10 ans, on fermait des écoles parce qu'il y avait un problème démographique inverse. Aujourd'hui, on gagne en population, ce qui est une énorme chance pour Orléans

Les journalistes de France Bleu et Apostrophe 45 face à Olivier Carré - Radio France
Les journalistes de France Bleu et Apostrophe 45 face à Olivier Carré © Radio France - Stéphane Barbereau

La construction d'un à deux groupes scolaires est donc envisagée d'ici 10 ans, dans le quartier de l'Argonne et dans le centre-ville où il faut restructurer des groupes scolaires. Autre conséquence du gain de population : ça bouchonne pour inscrire les enfants au Conservatoire ou à l'Emis (Ecole municipale d'initiation au sport). Pour répondre à ces difficultés d'inscription, Olivier Carré promet des inscriptions via internet dans un an mais il demande aussi aux parents d'être parfois raisonnable :

Vous avez une course à l'inscription où tout le monde veut caser des activités pour ses enfants. On connaît l'appétence des parents pour avoir deux, trois, quatre activités pour son enfant. Moi, quand j'étais petit, on avait une ou deux activités. Aujourd'hui, il n'y a pas un gamin qui est bien si jamais ses parents ne l'ont pas inscrit à plein d'activités !

Et le maire pointe du doigt les désinscriptions le mois suivant l'arrivée de l'enfant parce qu'il est impossible de trop charger son emploi du temps et celui de ses parents. Mais Olivier Carré promet de "ne pas rationner l'entrée dans les services de la ville" pour les habitants.

On manque de piscine à Orléans

Le mois d'août a été extrêmement chaud et c'était compliqué pour trouver une piscine extérieure. Aucune dans l'Agglomération (avec la fermeture cet été pour travaux de celle d'Olivet). Il fallait faire 18 kms et se rendre à Meung sur Loire pour trouver une piscine découverte. Le maire répond par deux projets : l'agrandissement de la piscine de la Source d'ici 2 ans (rénovation et création d'un bassin nordique de 50m pour un coût de 10 millions d'euros) et le projet de centre aqualudique (pour environ 20 millions d'euros) sur le site de l'ancienne maison d'arrêt d'Orléans (près de la Gare) pour 2019 :

On boucle les financements. On négocie avec l'Etat le rachat du terrain de la prison. La première estimation des Domaines (environ 4 millions d'euros) était trop élevé.

Le maire assure que de nouvelles négociations sont lancées pour alléger l'ardoise, d'autant plus qu'il faudra ajouter le même montant pour détruite le bâtiment dont une toute petite partie pourrait être conservée, pour mémoire.

Le projet de Grande Salle / Parc Expo

Olivier Carré est revenu sur le projet de grande salle de sport de 8 000 places à construire sur l'actuel Parc des Expositions (avec le club de basket de l'OLB comme résident permanent), près du Zénith, au sud de la Loire. Il souhaite y construire juste à côté un nouveau parc des expositions :

Si jamais on veut atteindre le niveau de manifestations qui ont lieu une fois par an ou tous les 2, 3 ans à taille européenne, on aura en tout 23 000m2 en ajoutant le Zénith juste à côté

Le député-maire d'Orléans, Olivier Carré (LR) - Radio France
Le député-maire d'Orléans, Olivier Carré (LR) © Radio France - Stéphane Barbereau

Toutes ces salles communiqueront entre elles. Le maire promet de créer de nouvelles voiries pour désengorger le quartier et ne pas recréer les bouchons comme au Carrefour de Verdun, au niveau d'Auchan. La construction de ces deux grands bâtiments coûtera 100 millions d'euros (dont 10 millions d'euros pour la voirie), exactement le prix de feu l'Arena (ce projet de grande salle de 10 000 places abandonné en 2013 et qui devait voir le jour en bords de Loire) :

L'Arena avait une vocation fortement sportive et la rentabilité du site n'était pas assuré complètement. Aujourd'hui, on a retrouvé des marges de manoeuvre financières

La mairie compte donc financer ce projet à hauteur de 80% ce projet, le reste pouvant venir de l'Etat ou d'autres collectivités locales.

Culture, Education et Sécurité seront sanctuarisés en 2017

Orléans est une capitale régionale qui souffre sur le plan culturel ces derniers mois : fermeture de la galerie du Lion, du cinéma Pathé Place d'Arc et de la Librairie Passion Culture. Le maire assure que la ville fait beaucoup dans ce domaine :

Le mécénat d'entreprise et les particuliers considèrent que ces dépenses ne sont plus prioritaires. La situation économique est malsaine donc toutes ces entreprises ne tiennent plus. Si on menait une politique de rabougrissement, ce serait l'ensemble des domaines culturels qui seraient attaqués

L'enregistrement de Controverse, ce lundi après-midi - Radio France
L'enregistrement de Controverse, ce lundi après-midi © Radio France - Stéphane Barbereau

Olivier Carré rappelle que ce budget de la Culture a été sanctuarisé en 2016, tout comme ceux de la Sécurité et de l'Education, voire nettement augmenté en 2017.

La réponse de la ville c'est donc d'essayer de contredire ce que le marché nous impose

La Métropole comme horizon politique

Dans 9 mois, les électeurs voteront pour désigner leurs députés. Elu depuis 2007 dans la 1ère circonscription du Loiret, Olivier Carré laissera sa place à Charles-Eric Lemaignen, le président de l'Agglo d'Orléans qui est candidat aux Législatives. Le maire d'Orléans brigue clairement le fauteuil de premier président de la Métropole d'Orléans qui doit voir prochainement le jour. Un jeu de chaise musicale que certains qualifient de petit arrangement entre amis, ce que nie Olivier Carré :

Je me consacrerai à la ville et à la Métropole. Charles-Eric Lemaignen avait clairement dit qu'il quitterait la présidence au 1er juillet 2017. Thierry Cousin est un garçon très raisonnable

Olivier Carré défend par ailleurs la loi sur le non cumul des mandats :

Une partie de mes collègues ont déposé en catimini, le 18 août, un projet de loi revenant sur cette disposition. C'est nul. Les Français en ont ras le bol d'avoir un monde que les élus s'organisent entre eux et un monde dans lequel eux-mêmes font face à toutes les échéances

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