Politique

Olivier Ihl : "La posture de François Fillon est de moins en moins tenable"

Par Octavie Couchard et Nicolas Crozel, France Bleu Isère jeudi 2 mars 2017 à 9:17

Olivier Ihl, politologue et enseignant à Science Po Grenoble.
Olivier Ihl, politologue et enseignant à Science Po Grenoble. © Radio France - Octavie Couchard

François Fillon a annoncé hier le maintien de sa candidature à l'élection présidentielle, malgré une convocatiion de la justice. Olivier Ihl, politologue et enseignant à Science-Po Grenoble décrypte l'attitude du candidat" Les Républicains" dans cette campagne "impossible".

Après avoir annulé sa visite au Salon de l'Agriculture, François Fillon a tenu, hier une conférence de presse pour clarifier sa situation après la convocation dont il fait l'objet par les juges chargés d’enquêter sur des soupçons d'emplois fictifs pour son épouse et ses deux enfants aux frais de l'assemblée nationale. Le candidat de droite à l'élection présidentielle est sous le coup de ces accusations depuis plusieurs semaines. Pour Olivier Ihl, politologue et enseignant à l'Institut D’Études politiques de Grenoble, "cette situation est de moins en moins tenable". Le candidat "Les Républicains" s'en remet au peuple face au "pouvoir des juges", ce qui est "une mise en doute et en danger de l'équilibre des institutions" estime le politologue. François Fillon a parlé, hier, d'un "assassinat politique", il mis en cause la justice et la presse.

Un changement dans la campagne

Selon le politologue grenoblois, "François Fillon revêt les habits d'une "trumpisation" de sa démarche électorale et cela ne lui correspond pas, notamment avec la remise en cause de la République". Le cœur du problème de l'affaire Fillon reste toujours de savoir si les emplois en question ont été fictifs ou réels. "Les juges n'ont pas eu la preuve d'un travail effectué, et François Fillon ne donne aucun gage qui prouve sa bonne foi" rajoute Olivier IHL.

La famille politique de François Fillon se dissout progressivement : hier, Bruno Le Maire (ancien candidat à la primaire) s'est retiré de l'équipe de soutien du candidat. Ce matin, George Fenech (député LR du Rhone) a appelé les élus locaux a envoyé des parrainages pour Alain Juppé au Conseil Constitutionnel, en estimant que la chute de François Fillon est imminente. "Il est clair que la droite se fissure", analyse Olivier Ihl, "beaucoup font des calculs et se demandent si ce n'est pas un suicide politique. Ce n'est pas uniquement le destin de Fillon est qui est en jeu, mais celui de tous les électeurs qu'il représente". Pour autant, le politologue précise : " Une partie de l'électorat de François Fillon lui reste fidèle, mais à l'heure actuelle, l'écart se creuse avec Emmanuel Macron pour est qualifié pour le second tour de l'élection".

Des affaires qui s'enchaînent

Dans cette campagne présidentielle 2017, François Fillon n'est pas le seul à être dans les scandales. Marine Le Pen est aussi touché par des affaires financières. Pour Olivier Ihl, ce ne sont pas les mêmes problèmes : l'affaire Fillon touche des intérêts personnels, tandis que du côté Le Pen, les problèmes se trouvent à l'échelle européenne. Le politique et enseignant de l'Institut d'Etudes Politiques de Grenoble reste sceptique sur la tournure que peut prendre la fin de la campagne : "Cette élection prend une allure inédite, les affaires se succèdent. Le premier effet va être l'abstention : les gens vont être dégoutés de ce qu'il se passe".

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