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Législatives : Olivier Ihl, politologue : "En Isère, le grand chelem est possible pour la République en Marche"

Par Paul Sertillanges, France Bleu Isère lundi 12 juin 2017 à 9:27

Olivier Ihl, politologue et professeur à Science po Grenoble était notre invité ce matin.
Olivier Ihl, politologue et professeur à Science po Grenoble était notre invité ce matin. © Radio France

La vague de La République en Marche a emporté la France dimanche, l'Isère y compris : dans les dix circonscriptions, neuf candidats REM et une candidate MoDem arrivent en tête au premier tour. Olivier Ihl, politologue et professeur à Science-Po Grenoble était notre invité pour analyser la situation.

Cependant, le premier enseignement des résultats d'hier soir, est la forte abstention (51,7%), notamment chez les jeunes. "On a jamais vu un chiffre important pour une législative, révèle Olivier Ihl, mais c'est bien le succès de Emmanuel Macron qui a poussé les uns et les autres à considérer que les jeux étaient faits et qu'il fallait laisser faire désormais le président."

Le déclin du PS

Les grands perdants de la soirée sont les socialistes, qui cumulent moins de 10% des votes sur l'ensemble de la France métropolitaine. "Il y a un déclin et maintenant une atomisation qui s'est produite dans le silence, l'absence complète de réflexion, affirme le politologue, les constats faits par Jean-Christophe Cambadélis arrivent tard et sans aucune analyse de fonds sur cette défaite".

"À droite, le processus de décomposition continue et va s'accélérer"

— Olivier Ihl, politologue

Dimanche soir, François Baroin a appelé à un "sursaut indispensable" au second tour pour éviter la débâcle. "La stratégie d'Emmanuel Macron va continuer à faire son effet et après ce scrutin une grande partie du parti les Républicains va se détacher de son socle conservateur, est convaincu Olivier Ihl, le processus de décomposition continue et va s'accélérer".

Olivier Ihl commente les résultats nationaux.

En Isère, carton plein pour la République en Marche

Dans les dix circonscriptions iséroises, la République en Marche arrive largement en tête partout. "C'est d'autant plus frappant que nous étions dans une législature où les socialistes avaient sept mandats, les Républicains deux et les écologistes un, note le politologue, c'est dire donc si le séisme a été puissant". Comme à l'échelle nationale, cela s'explique aussi par la forte abstention, inhabituellement haute en Isère.

→ À lire aussi : Comment a-t-on voté en Isère au premier tour des législatives ?

Le plus petit écart de score est dans la septième circonscription, entre Monique Limon (REM, 34,17%) et Yannick Neuder (LR, 22,61%). "C'est l'autre grande surprise, le recul très net des Républicains dans le département, affirme Olivier Ihl, on pensait qu'avec cette alternance qui s'annonçait il allait pouvoir conquérir trois, quatre, voire six mandats".

La division à gauche profite au FN

"Être présent dans quatre circonscriptions sur dix au second tour pour le Front national, c'était inespéré", continue le politologue. C'est la division à gauche qui permet au FN de se hisser au tour suivant; à l'image de la deuxième circonscription, où Alexis Joly est deuxième avec seulement 12,6% devant Taha Bouhafs (LFI, 11,12%) et le maire de Saint-Martin d'Hères, David Queiros (10,45%).

La seule socialiste au second tour est Marie-Noëlle Battistel (19,32%), députée sortante qui affronte son ancien suppléant Fabrice Hugelé (REM, 33,33%). "Elle est derrière partout, mais rien est joué, comme ailleurs, il peut y avoir des sursauts civiques, révèle Olivier Ihl, il y a des réserves de voix mais tout de même ça paraît compliqué pour elle, on voit mal comment elle pourrait l'emporter dimanche prochain."

Olivier Ihl commente les résultats en Isère

En définitive, un grand chelem des dix circonscriptions est tout à fait possible pour la République en Marche, au second tour.

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