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Olivier Ihl, politologue grenoblois : "Un débat au format peu adapté"

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Par , France Bleu Isère
Grenoble, France

Olivier Ihl, politologue et enseignant à Science Po Grenoble, était l'invité de France Bleu Isère ce mercredi 5 avril. Il est revenu sur le fond, mais surtout sur la forme du débat de la veille, qui a vu s'opposer les onze candidats à la présidentielle. Une forme qui laissait peu de place aux idées.

Olivier Ihl, politologue et enseignant à Science Po Grenoble, a livré son analyse sur le débat d'hier soir.
Olivier Ihl, politologue et enseignant à Science Po Grenoble, a livré son analyse sur le débat d'hier soir. © Radio France

Olivier Ihl n'est pas seulement politologue et enseignant. Il est aussi spécialiste de la mise en scène du politique. Et le débat du 4 avril entre les onze candidats à l'élection présidentielle était pour le moins une source assez riche de réflexions et d'analyses en la matière.

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Format en question

En cause selon le politologue, le format de l'émission et le nombre d'intervenants. "Avoir une ou deux minutes pour répondre à des questions aussi profondes que la lutte contre le terrorisme ou la résolution de la crise relève quasiment de l'impossible", note-t-il. "À l'évidence, le format n'était pas adapté."

"Il y a eu quelques moments passionnants. (...) Mais ils étaient une goutte dans l'océan." Olivier Ihl

La division parfaitement équitable du temps de parole a cependant profité aux candidats moins en avance dans les sondages : "Pour les moins médiatisés, c'était le grand moment de la campagne", juge Olivier Ihl. Un moyen de "bousculer les plus suivis, mais aussi de faire connaître une partie de leur programme et de leur personnalité."

Difficile, cependant, de tirer des enseignements d'une telle masse de discussions. "On a vu des piques, des apostrophes, des commencements de raisonnement mais pas un vrai débat", regrette l'enseignant. Quelques instants, comme la passe d'armes entre Fillon et Hamon sur les fonctionnaires ou la tirade de Philippe Poutou sur les affaires, sont cependant sortis du lot. "Il y a eu quelques moments passionnants, qui ont d'ailleurs suscité des réactions sur les réseaux sociaux", concède Olivier Ihl. "Mais ils étaient une goutte dans l'océan."

Débat historique ?

Pas étonnant, pour le politologue, qu'il n'y ait jamais eu de débat de cette stature depuis 1965, date de la première campagne présidentielle. L'hypothèse d'un second débat de ce type trois jours avant le premier tour, envisagée par France2, le laisse d'ailleurs circonspect.

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Les candidats qui se refusent déjà à y participer, comme Macron ou Mélenchon, évitent un "grand risque" selon Olivier Ihl : "S'exposer à des attaques auxquelles ils n'auraient pas le temps de répondre." Et puis, ce serait "donner une prime à (...) une dimension de politique spectacle plutôt qu'à une vraie confrontation", expose-t-il.

En définitive, ce débat a fait du bruit mais ne devrait pas causer de renversement, pour le politologue.

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Olivier IHL de moins en moins convaincu par les débats d'avant premier tour

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