Politique

Olivier Ihl, politologue : "L'inexpérience est le prix à payer du renouvellement"

Par Paul Sertillanges, France Bleu Isère vendredi 9 juin 2017 à 8:36

Le politologue Olivier Ihl était notre invité ce matin.
Le politologue Olivier Ihl était notre invité ce matin. © Radio France

Dimanche, les français iront aux urnes pour les législatives. Un grand chamboulement de l'assemblée se profile, alors que LREM atteint les 30% dans les sondages. Olivier Ihl, politologue et enseignant à l'IEP de Grenoble, nous livre son analyse du premier tour.

Un raz-de-marée en faveur des candidats de la République en Marche se profile

"On voit bien, autant dans les sondages que sur le terrain, que nous sommes dans un mouvement de bascule très important, note Olivier Ihl, et on devrait avoir un raz-de-marée en faveur des candidats de la République en Marche". Un tel scénario serait inédit dans la Vème République, pour un mouvement né il y a à peine un an.

Mais une majorité large peu s'avérer être un handicap. "Cela peut faire apparaître des tentations de faire des petits groupes à part, de fronder, révèle le politologue, à défaut de pluralisme partisan, on peut avoir des indisciplines individuelles".

Une assemblée nationale renouvelée

Une grande partie des potentiels élus LREM est composée de novices de la politique et des affaires publiques. "C'est le prix à payer du renouvellement, mais je pense qu'on met trop de choses fantasmées derrière la compétence politique", assure Olivier Ihl. Mais par dessous, l'envie de donner une majorité au chef de l'État semble prédominer dans cette élection.

Le Front national et la France insoumise et mauvaise posture

La faible participation ne profite pas au Front national car il y a moins de probabilité que le deuxième tour se joue en triangulaire. Pour la France insoumise, qui a réalisé un score élevé à la présidentielle (20%), la partie n'est pas jouée d'avance non plus. "La division à gauche, qui est l'une des caractéristiques essentielles de ce scrutin, annonce des résultats bien en deçà de ce qui était attendu", conclu le politologue.