Politique

Olivier Ihl, politologue : "Repousser l'annonce du gouvernement, c'est à la fois tactique et sincère"

Par Nicolas Joly, France Bleu Isère mercredi 17 mai 2017 à 9:21

Olivier Ihl, politologue et directeur honoraire de l'Institut d'études politiques de Grenoble
Olivier Ihl, politologue et directeur honoraire de l'Institut d'études politiques de Grenoble © Radio France - Nicolas Joly

Le Premier ministre Édouard Philippe ayant été nommé après une longue matinée de suspens lundi, c'est l'annonce de son gouvernement qui se fait désormais attendre. Olivier Ihl, politologue à Sciences Po Grenoble, était l'invité de France Bleu Isère ce mercredi matin pour éclaircir la situation.

"À la fois tactique et sincère." C'est ainsi que le politologue Olivier Ihl perçoit la décision d'Emmanuel Macron de repousser d'une journée l'annonce du gouvernement. "Tactiquement, c'est un bon coup car le bureau national des Républicains se réunissait hier", affirme-t-il. "Mais l'enjeu est aussi de ne pas reproduire le désastre des révélations fiscales de Thomas Thévenoud et Jérôme Cahuzac", précise le directeur honoraire d'Institut d'études politiques de Grenoble.D'ou l'arguement de faire examnier les CV par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique.

Sortir des clivages droite/gauche

Quant à la composition de ce gouvernement, qui devrait finalement être annoncée ce mercredi à 15h, Olivier Ihl prévoit qu'elle devrait être "à la fois de droite et de gauche, à l'image de l'UNR formé par le Général de Gaulle en 1958." Un tel gouvernement correspondrait à la volonté d'Emmanuel Macron de sortir du clivage entre droite et gauche, les deux familles historiques de la Vème République. Quitte à le faire disparaître complètement ? Peu probable, selon le politologue : "Le faire tomber, non, mais lui donner un autre contenu, oui. Avec Emmanuel Macron ça sera pro ou anti-Europe."

La position incertaine des Républicains

Pour le nouveau président de la République, l'un des enjeux de la nomination des prochains ministres, c'est de préciser la position des Républicains par rapport au gouvernement. "Dans une France qui vote à droite à 65%, Emmanuel Macron veut une alternance. Il veut montrer que l'on peut voter à droite sans être chez les Républicains.", analyse Olivier Ihl. "Personnellement, je ne crois pas en la cohabitation voulue par François Baroin, entre une droite sécuritaire et le mouvement que souhaite former Emmanuel Macron.", renchérit-il. Pour le Premier ministre Édouard Philippe, qui doit mettre fin au suspens concernent les noms des ministres d'ici 15h, "le jeu va être paradoxal", prédit le politologue, "mais la politique, c'est aussi le jeu des possibles."

Olivier IHL politologue à Science-po Grenoble