Politique

Six nouvelles communautés de communes en Indre-et-Loire : aucune femme présidente

Par Xavier Louvel, France Bleu Touraine vendredi 27 janvier 2017 à 16:26

Illustration
Illustration © Maxppp - Christophe Morin / IP3

La parité politique pour les présidences de communautés de communes d'Indre-et-Loire nouvellement créées a fait long feu : six nouvelles ComCom, six présidents, tous des hommes. Des femmes étaient pourtant candidates. Les hommes politiques d'Indre-et-Loire, misogynes?

"Où sont les femmes" chantait en 1977 Patrick Juvet. On est en droit de se reposer la question en ce début d'année 2017 en Indre-et-Loire. Les six nouvelles communautés de communes nées officiellement au 1er janvier viennent d'élire leur Président. La dernière élection ce jeudi soir : le territoire Racan-Gâtines-Choisille a mis à sa tête le maire LR de Semblançay, Antoine Trystram. Il a battu d'une voix Brigitte Dupuis, conseillère départementale Les Républicains, adjointe à Rouziers-de-Touraine.

Ce jeudi soir, c'est peut-être l'occasion manquée de se rattraper. Ca aurait été un beau geste, mais ça n'a pas été ainsi. Pierre Louault, président de l'association des maires d'Indre-et-Loire

Les six élections pour prendre la tête des intercommunalités ont eu la même finalité. La parité hommes-femmes en a pris un coup. Ce sont à chaque fois des hommes qui ont pris la tête des nouvelles entités. Il y avait pourtant des femmes candidates, mais les élus des communes en ont décidé autrement.

Je suis écœurée par ce genre de résultat. Quand les places sont chères, le naturel revient au galop. Les hommes qui tiennent de belles paroles sur la parité ne l'appliquent absolument pas. Martine Chaigneau, conseillère départementale socialiste, maire de Souvigné

La loi sur la parité en politique ne s'applique pas pour ces élections intercommunales. "La parité, quand elle n'est pas imposée par la loi, les hommes ne souhaitent pas nous avoir à côté d'eux, et ils cherchent à se réserver les postes à responsabilité" explique Brigitte Dupuis, conseillère départementale Les Républicains, adjointe à Rouziers-de-Touraine.

Les politiques tourangeaux misogyne? Non mais on voit bien qu'il faut leur laisser la place pour les postes à responsabilité. Brigitte Dupuis

A l'arrivée, sur les onze communautés de communes d'Indre-et-Loire (quatre n'ont pas changé de frontière), il n'y a qu'une femme présidente, élue en 2008 à la tête de Bléré Val de Cher, Jocelyne Cochin, maire de La Croix-en-Touraine, vice-présidente du Conseil départemental.

Au-delà de la réaction choquante à l'absence de présidente femme dans au moins une nouvelle communauté de communes d'Indre-et-Loire, il y a une explication arithmétique. La Touraine compte 61 femmes maires pour 273 communes, soit 23%. A l'heure du vote, ce déséquilibre a aussi compté, mais "ça ne doit pas tout expliquer" dit le président de l'association des maires d'Indre-et-Loire Pierre Louault. "Les hommes devraient se poser la question : pourquoi ils ne font pas plus confiance aux femmes. Il va falloir que ça fasse partie de nos axes majeurs de réflexion". "Ce n'est pas une régression sur la place de la femme en politique. La loi a imposé la parité mais les mentalités n'ont pas évolué" résume la sénatrice-maire communiste de Saint-Pierre-des-Corps Marie-France Beaufils.