Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Politique

Orléans : 15 élus de la majorité municipale fondent leur propre groupe

-
Par , , France Bleu Orléans

Une étape de plus dans la crise municipale à Orléans : une partie des élus de la majorité municipale ont décidé ce lundi de créer leur propre groupe. A 6 mois des élections municipales, la situation est plus qu’inconfortable pour le maire, Olivier Carré.

Ambiance un peu particulière ce lundi au Conseil Municipal d'Orléans
Ambiance un peu particulière ce lundi au Conseil Municipal d'Orléans © Radio France - François Guéroult

Orléans, France

La scission est donc confirmée au sein de la majorité municipale orléanaise. A l'occasion d'un conseil municipal, ce lundi après-midi, le groupe « les Orléanais » a été officiellement créé avec 15 membres. C'est Béatrice Barruel, chargée de l'enseignement supérieur, qui l’a annoncé lors d’une prise de parole : « C’est un groupe de la majorité municipale qui s’inscrit dans la majorité municipale » a-t-elle précisé. Et d'ajouter :  « On s’inscrit dans le projet de 2014 et dans ses valeurs : esprit d'ouverture, volonté de rassemblement, collégialité de la gouvernance, saine gestion de l'argent public" et "refus de se laisser dicter des consignes par tel état-major parisien." Une critique à peine voilée adressée à Olivier Carré, à qui ces élus reprochent de gouverner tout seul et d'avoir "dérapé" sur ses frais de représentation, et qui vient d'obtenir le soutien de LREM accordé à Paris..

15 dissidents dont 6 adjoints 

La liste du groupe a ensuite été lue par Philippe Barbier, élu en charge de la musique et du patrimoine historique : Michel Martin, Thomas Renault, Laurent Blanluet, Nadia Labadie, Charles Eric  Lemaignen, Martine Hosri, Nathalie Kerrien, Jean Pierre Gabelle, Béatrice Barruel, François Lagarde, François Foussier, Florent Montillot, Serge Grouard, Sébastien Hoël et Philippe Barbier. Soit parmi ces 15 élus : 5 adjoints, 2 vice-présidents de métropole, et un ancien maire...

La ligne de fracture n’est clairement pas politique : toutes les étiquettes politiques de droite et du centre se retrouvent aussi bien dans la majorité classique que dans ce nouveau groupe. En revanche, on retrouve dans le groupe "Les Orléanais" plusieurs proches de Serge Grouard ; Florent Montillot, Michel Martin, Jean-Pierre Gabelle, Nadia Labadie, Charles-Eric Lemaignen qui ont en commun d’avoir été élus dès 2001... Mais certains pro-Grouard historiques restent avec Olivier Carré : la première adjointe Muriel Sauvegrain mais aussi Muriel Cheradame et Philippe Leloup, chevilles ouvrières des différentes campagnes électorales de Serge Grouard....

Le maire, Olivier Carré, garde malgré tout la majorité absolue puisqu’il reste 28 élus à lui rester fidèles et que le conseil municipal compte 55 membres.

No comment au conseil...

Cette annonce n'a suscité aucun débat dans l'hémicycle. Seul le communiste, Michel Ricoud, s'est ému de cette situation, déplorant un " spectacle pitoyable".  "En tant qu'élu de gauche, je pourrais me réjouir de la division de droite, explique-t-il, mais il faut aller au-delà : on est dans un contexte de défiance et de méfiance vis-à-vis des élus, ce genre de guerre des égos et de règlements de compte ne va pas aider les gens à renouer avec la politique. Et puis, envoyer au front deux seconds couteaux, bonjour le courage politique !

Mais guerres des conférences de presse à l'issue !

La suite du conseil municipal a été calme. Mais ensuite, la majorité s'est totalement fissurée à coups de conférence de presse et de contre-conférence de presse !

Conférence de presse du groupe "les Orléanais" (on reconnaît Nathalie Kerrien, Serge Grouard et Florent Montillot) - Radio France
Conférence de presse du groupe "les Orléanais" (on reconnaît Nathalie Kerrien, Serge Grouard et Florent Montillot) © Radio France - François Guéroult

A 18h, dans une salle de l'hôtel de ville, les élus du nouveau groupe les Orléanais tentent de se justifier auprès des journalistes : "oui, nous sommes toujours dans la majorité, non nous ne préparons pas une liste" disent-ils en chœur - "ce n'est pas le sujet" jure Charles-Eric Lemaignen, "je ne suis pas devin" lance plus prudemment Serge Grouard... Alors le sujet c'est quoi ? Eh bien simplement mettre en garde Olivier Carré contre certaines dérives : un mode de gouvernance solitaire et le soutien d'un parti - en l'occurence LREM - négocié à Paris, contre toute tradition orléanaise. Mais promis, "notre obsession, c'est le rassemblement", clame Florent Montillot, "ce groupe a pour but d'apaiser les choses, et non pas de les envenimer" ose même Michel Martin... 

La contre-conférence de presse organisée par les élus du groupe majoritaire classique (sur la photo de gauche à droite : Olivier Carré, Valmy Noumy, Muriel Sauvegrain, Mathieu Langlois et Olivier Geffroy) - Radio France
La contre-conférence de presse organisée par les élus du groupe majoritaire classique (sur la photo de gauche à droite : Olivier Carré, Valmy Noumy, Muriel Sauvegrain, Mathieu Langlois et Olivier Geffroy) © Radio France - François Guéroult

Sur ce plan, c'est raté, une demi-heure plus tard, dans un autre coin de la mairie, 10 élus de la majorité (Muriel Sauvegrain, Philippe Pezet, Olivier Geffroy, Marie Cugny-Seguin, Alexandrine Leclerc, Valmy Noumy, Philippe Leloup, Mathieu Langlois, Jean-Michel Vinçot, Brigitte Ricard) finalement rejoints par Olivier Carré dénoncent devant la presse "une tentative de détabilisation", affirment que les reproches qui sont faits n'ont aucun fondement, et que ce nouveau groupe a forcément des arrière-pensées électorales : "On ne fonde pas un groupe dissident pour dire : on va rassembler !" insiste Alexandrine Leclerc. Olivier Geffroy, lui, ironise sur le paradoxe de la situation : "On a tous absolument tout voter ensemble depuis 2014 - je ne vois pas en quoi ils auraient aujourd'hui quelque chose de différent à dire..." Le temps risque de sembler long à certains jusqu'aux élections municipales.

Choix de la station

France Bleu