Politique

Orléans : Serge et la méthode Coué, Olivier et la méthode Carré

Par Stéphane Barbereau, France Bleu Orléans mardi 19 janvier 2016 à 22:54

L'ancien et le nouveau maire d'Orléans, S. Grouard et O. Carré
L'ancien et le nouveau maire d'Orléans, S. Grouard et O. Carré © Maxppp

Un peu moins de 7 mois après son élection comme maire d'Orléans, Olivier Carré imprime sa marque sur la ville : celle d'un maire démineur. Il est parvenu à relancer deux dossiers que l'on pensait enterré à jamais : la grande salle de sport et la rue des Carmes.

Cela fait bientôt sept mois qu'Olivier Carré est devenu maire d'Orléans et déjà la méthode du nouvel édile fait ses preuves. Au coeur de cette méthode : la concertation. Résultat, deux dossiers importants pour la ville viennent d'être relancés : la grande salle de sport de 8 000 places qui devrait voir le jour à côté du Parc Expo, lui-même rénové, et la transformation du quartier Carmes.

Deux dossiers lancés par Serge Grouard, l'ancien maire (Les Républicains) de 2001 à 2015. Mais à l'époque, l'élu a rapidement fait face à de vives oppositions. Dans le quartier Carmes, des riverains, une association d'habitants ont déposé plusieurs recours, saisi le Ministère de la Culture pour faire classer des bâtiments pour leur singularité patrimoniale ou leur passé historique. Un climat tendu entre l'ancien maire et ces habitants qui avaient totalement stoppé ce dossier de rénovation pourtant si urgent. Pour la conseillère municipale Corinne Leveleux-Teixeira (PS), Serge Grouard a une lourde responsabilité dans cet arrêt du projet :

Il y a vraiment eu une crispation de la part de l'ancien maire. On aurait pu parvenir à ce résultat bien avant avec juste un peu plus d'ouverture d'esprit et de bienveillance 

C. Leveleux fait l'éloge d'O. Carré, attaque S. Grouard

Lors du conseil municipal lundi, l'élue PS ira même jusqu'à saluer la méthode du nouveau maire :

 Un maire démineur

Olivier Carré est donc devenu un maire démineur de dossiers sensibles, ce que ce dernier ne dément pas :

Je démine, je démine, je démine. Mais c'est aussi sur des dossiers qui étaient prêts.

Et quand on lui demande si ce déblocage du dossier Carmes, c'est le résultat de la politique de Serge Grouard, sa réponse est pour le moins étonnante :

Tout ça c'est grâce à la politique qu'on mène tous ensemble depuis maintenant une quinzaine d'années et qui va continuer

Ecoutez Olivier Carré parler des dossiers orléanais qu'il démine

C'est étonnant mais, au micro, le nouveau maire d'Orléans ne cite pas son prédécesseur. En conférence de presse, il avait quand même reconnu : _"serge aurait été là, le dossier aurait probablement été débloqué", avant de conclure rapidement : "ce qui est important c'est que ça démarre"_. Il est vrai qu'Olivier Carré a finalement toujours piloté ce dossier puisqu'il était le 1er adjoint à l'urbanisme en 2007 lorsque le projet était présenté par Serge Grouard. Il a donc aussi sa part de responsabilité dans le fait que le projet ait autant trainé en longueur. Mais il n'est pas sûr qu'il ait eu toute latitude ensuite pour amender le projet et ne pas s'obstiner à détruire 17 immeubles, ce qui était un point de crispation avec les opposants.

Au Conseil Municipal, Serge Grouard avait pris brièvement la parole :

L'ancien maire avait salué "l'implication d'Olivier Carré", tout en faisant comprendre que si l'on en arrivait là aujourd'hui, c'était aussi en partie grâce à lui : "les choses ont mûri pour qu'on puisse en sortir", avait-il précisé.

Le président de l'Agglomération d'Orléans, Charles-Eric Lemaignen, aux relations très fraîches avec l'ancien maire s'était, de son côté, contenté d'une déclaration extrêmement courte, l'une de ses plus brèves en conseil municipal :

Globalement, peu de voix au sein de la majorité municipale pour louer le travail de Serge Grouard sur ce dossier Carmes, à l'exception de Florent Montillot. 7 mois après le départ de Serge Grouard du fauteuil de maire, Olivier Carré a sans doute déjà assis son autorité et récolté ses premiers résultats. Pas sûr que cela annonce des mois calmes et paisibles au sein de la droite orléanaise qui prépare les prochaines échéances : élections législatives en 2017 et changement (probable) de président à la tête de l'Agglomération en 2017 ou 2018.