Politique

Pas la fin du PS mais un virage en vue pour le responsable du PS de Vaucluse

Par Philippe Paupert et Daniel Morin, France Bleu Vaucluse mercredi 25 janvier 2017 à 19:47

Yannig Joubrel et Alexandrine Meynaud espèrent une gauche unie après la primaire
Yannig Joubrel et Alexandrine Meynaud espèrent une gauche unie après la primaire © Radio France - Philippe Paupert

Le responsable du Parti socialiste en Vaucluse a reconnu sa déception après le premier tour de la primaire. Yannig Joubrel espère une gauche unie mais confie qu'il ne parle pas avec ceux qui rejoignent En Marche d'Emmanuel Macron.

À quelques heures du débat du second tour de la primaire socialiste, le responsable de la fédération de Vaucluse du Parti socialiste a défendu le principe de cette primaire. Yannig Joubrel a reconnu des "cafouillages techniques dans les décomptes du premier tour, mais les résultats sont conformes globalement. Aucun candidat n'a contesté les résultats".

Au cours de l'émission Rue De La République, la représentante de la Haute Autorité de la primaire en Vaucluse a assuré qu'il s'est produit au premier tour un "problème de bug informatique au moment de la saisie". Alexandrine Meynaud explique que "quand on saisissait les résultats, le traitement informatique ne fonctionnait pas".

Rue de la République

Yannig Joubrel reconnait que le Parti socialiste n'avait "pas besoin de ce cafouillage : on recherchait de la crédibilité, c'est raté !" Alexandrine Meynaud assure que pour le second tour, "tout est mis en place pour éviter les problèmes. Les présidents de bureau de votre recevront les codes pour faire remonter les résultats avant le jour de l'élection et non plus le matin même comme au premier tour".

Déception d'une gauche dispersée

Le responsable de la fédération de Vaucluse du Parti socialiste est déçu par la participation en Vaucluse. Yannig Joubrel confiait dans le studio de France Bleu Vaucluse : "j'attendais plus. Je pensais à 15 000 électeurs". Finalement seulement 12 000 personnes ont voté contre 20 000 électeurs à la primaire de 2011.

Yannig Joubrel calcule que "la gauche ne pèse pas que ça. La gauche est dispersée. Il y avait une réticence des composantes de la gauche à participer. Les électeurs ont fait entendre leur mécontentement du quinquennat".

Yannig Joubrel justifie aussi la faible participation par une "campagne très courte, trois semaines car le calendrier était préparé pour un candidat qui ne s'est pas présenté". Yannig Joubrel reconnaît aussi que c'est un "désamour total de cette gauche de gouvernement".

"Le principe de la primaire est acquis" : Yannig Joubrel explique qu'on est dans "une séquence où on interroge le principe même de fonctionnement des partis. Je tiens à ces primaires" Le responsable du PS en Vaucluse défend son part i: "ce n'est pas le début de la fin. Le PS est un parti démocratique où les courants s'expriment très bien.

Il y a des moments où les débats dépassent le cadre du parti. Benoit Hamon est dans la ligne des frondeurs qui sortent du Congrès de Poitiers. Il y a une forme de logique respectée entre deux camps. C'est un virage en vue. Ce qui doit interroger, ce sont les scores de Benoit Hamon qui dépassent ce que représentaient les frondeurs"

Réconcilier les gauches du PS ?

Dans le studio de Rue De La République, Yannig Joubrel rappelle que "le principe de la primaire, c'est l'engagement de chacun des candidats à se ranger derrière le vainqueur. Ils font partie du même parti ! Que ce soit Hamon ou Valls, il aura de toute façon a porter le bilan du quinquennat, le bilan du PS et à porter le projet du Parti socialiste. On est à un moment de tension, mais il y aura ensuite un moment d'apaisement et de rassemblement."

En Vaucluse, la famille socialiste est restée unie pour Yannig Joubrel : "on s'est pas franchement désuni. On a des débats au PS, mais globalement on s'entend. Après on a aussi à gérer les législatives". Mais lorsque Daniel Morin (France Bleu Vaucluse) évoque la crainte de voire des élus ou militants socialistes rejoindre le candidat Emmanuel Macron, Yannig Joubrel ne cache pas que "répondre non serait mentir. C'est un risque que j'envisage".

Mais quand Daniel Morin insiste pour savoir s'il y a discussion avec les référents en Vaucluse du candidat Macron, la réponse est claire : "non, je ne discute absolument pas. Pour l'instant, on ne se parle pas avec Macron".

Se parler pour les législatives

Pour les législatives en Vaucluse, Yannig Joubrel a l'impression que "tout le monde veut exister. On doit se parler quelles que soient les tendances. Diviser la gauche en Vaucluse, c'est rendre service au FN et à la droite. On est quand même très fort pour ça." Le responsable du PS vauclusien espère que l'élection de Benoit Hamon ou Manuel Valls ne changera pas la donne des investitures.

L'ombre du mouvement En Marche plane encore dans le studio lorsque Yannig Joubrel rappelle que les législatives sont aussi "une affaire de choix de candidats : l'implantation, le travail et la notoriété peuvent être reconnus et retenus par rapport à l'image brillante d'un nouveau mouvement. J'ose l'espérer."

Yannig Joubrel espère dans quelques jours - ou quelques mois - une "gauche unie. Il faut sortir des jeux des appareils politiques. Le PS a été certes au gouvernement, mais il n'est pas le parti dominant. Il y a une main tendue vers ses partenaires."

Le second tour de la Primaire a lieu dimanche 29 janvier 2017. Un euro pour voter de 9 heures à 19 heures après avoir signé une charte des valeurs de la gauche. 58 bureaux de vote en Vaucluse.

Pour connaitre votre bureau de vote : le site des primaires citoyennes.

"Il faudra se parler au PS avant les législatives" Yannig Joubrel pendant l'émission Rue De la République - Radio France
"Il faudra se parler au PS avant les législatives" Yannig Joubrel pendant l'émission Rue De la République © Radio France - Philippe Paupert