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Politique

VIDÉOS - Pays Basque : ETA achève son processus de dissolution à Cambo-les-Bains

vendredi 4 mai 2018 à 12:29 - Mis à jour le vendredi 4 mai 2018 à 17:30 Par Olivier Uguen et Thibault Vincent, France Bleu Pays Basque et France Bleu

C'est à Cambo-les-Bains que s'est tenue ce vendredi une rencontre internationale pour entériner la fin de ETA. La communauté internationale a pris acte de la dissolution de l'organisation, et planché sur l'avenir du processus de paix, avant une déclaration officielle devant la villa Arnaga.

Pays Basque : ETA a achevé son processus de dissolution via une "rencontre internationale" à Cambo-les-Bains
Pays Basque : ETA a achevé son processus de dissolution via une "rencontre internationale" à Cambo-les-Bains © Radio France - Thibault Vincent, Oihana Larzabal, Bixente Vrignon

Après avoir annoncé la mort de "toutes ses structures" mercredi dans un communiqué publié par plusieurs médias espagnols, puis confirmé la fin de ses activités dans un message audio diffusé jeudi depuis Genève en Suisse, l'organisation indépendantiste basque ETA (Euskadi Ta Askatasuna, "Pays Basque et Liberté") a achevé ce vendredi son processus de dissolution au cours d'une "conférence" aux allures de cérémonie d'adieux organisée à Cambo-les-Bains (Pays Basque français), à la Villa Arnaga la demeure de l'écrivain français Edmond Rostand auteur de "Cyrano de Bergerac".

La rencontre, intitulée "Rencontre internationale pour avancer dans la résolution du conflit au Pays Basque", était parrainée par des personnalités internationales venues se porter garantes de la bonne foi de ETA, dans l'esprit de la Conférence internationale de paix de Aiete, en 2011. Elle clôt une série d'annonces faites depuis plus d'un mois pour mettre officiellement fin aux activités de l'organisation terroriste, créée en 1959.

La fin de 60 ans d'existence et de lutte armée pour l'indépendance du Pays Basque, avec son cortège de morts et de violence (829 morts selon le ministère de l'Intérieur espagnol).

Parmi les personnalités présentes à Cambo-les-Bains : le Nord-Irlandais Gerry Adams, ancien dirigeant du Sinn Fein pendant 34 ans, Cuauhtémoc Cárdenas Solórzano, ancien maire de Mexico, Jonathan Powell, diplomate britannique, Michel Camdessus, ancien directeur du Fonds monétaire international, ainsi que des élus, comme par exemple Jean-René Etchegaray, maire de Bayonne et président de la Communauté d'agglomération Pays Basque, Max Brisson, sénateur LR, Frédérique Espagnac, sénatrice PS, Florence Lasserre-David et Vincent Bru, députés Modem-LREM. Trois cent quarante journalistes de 120 médias du monde entier ont fait le déplacement.

VIDÉO - La déclaration d'Arnaga

Les personnalités se sont réunies à huit clos à la mi-journée. La séance a commencé par une minute de silence en hommage aux victimes d'ETA, avant une déclaration officielle, symboliquement lue en basque par une "jeune femme de Guernica" devant la villa Arnaga.

"Beaucoup d'émotion", et "en même temps ce n'est pas un point final"

Parmi les élus locaux présents, Frédérique Espagnac, sénatrice des Pyrénées-Atlantiques, pour qui "le gouvernement français a agi, pas le gouvernement espagnol". "Aujourd'hui c'est à la fois beaucoup d'émotion pour ceux d'entre nous qui avons été des acteurs d'Aiete, qui se sont engagés pendant ces sept ans (...) et en même temps ce n'est pas un point final parce qu'il reste encore beaucoup à faire au Pays Basque". "Monsieur Rajoy, le chef du gouvernement espagnol, sera obligé, à un moment donné de prendre en compte ce que lui dit la société civile de son pays".

Pour Kotte Ecenarro, maire d'Hendaye et premier vice-président de l'agglomération Pays Basque, ETA a fait tout ce qui lui avait été demandé. "Je crois que l'annonce d'ETA a été très claire et on ne pourra pas reprocher à l'organisation d'être allée au bout" de sa démarche.

Egalement présent : Alain Iriart, maire de Saint-Pierre d'Irube, vice-président de l'agglomération Pays Basque et membre du groupe de soutien. Pour lui, la dissolution d'ETA ne met pas fin au conflit basque.

La dissolution d'ETA laisse des questions en suspens, comme l'avenir des prisonniers basques, dont la libération est réclamée par certains, comme Jeanine Beyrie, mère d'une prisonnière basque. Elle demande la libération des Etarras. "En tant que mère de prisonnière et de prisonnier, ce que l'on espère c'est qu'il y ait des décisions très rapides pour ceux qui sont incarcérés. La paix sera impossible si on ne règle pas le problème des prisonniers".

Marianno Rajoy rend hommage aux victimes d'ETA

De son côté, le gouvernement espagnol a rendu hommage vendredi aux victimes d'ETA, refusant toute concession à l'organisation indépendantiste. "Les enquêtes sur les crimes de l'ETA continueront, leurs délits continueront à être jugés et les condamnations continueront à être exécutées", a prévenu le chef du gouvernement Mariano Rajoy alors que la conférence se tenait à Cambo-les-Bains. "Nous devons souvenir et rendre hommage. À elles, à leurs familles et aux centaines d'Espagnols qui ont survécu à la violence terroriste mais qui souffrent pour toujours des séquelles de la cruauté" de l'ETA, a-t-il déclaré.