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Pêche et Brexit : les autorités normandes et anglo-normandes pour un statu quo

Le sommet annuel entre les îles anglo-normandes, la Manche et la région Normandie s'est tenu ce vendredi. Des échanges qui ont eu lieu exceptionnellement en visioconférence, compte tenu de la crise sanitaire. Au menu des échanges : covid, Brexit et accords de pêche.

Le sommet annuel s'est tenu en visio-conférence
Le sommet annuel s'est tenu en visio-conférence - David Daguier/Conseil départemental de la Manche

Le sommet annuel des îles anglo-normandes / Manche / Normandie est l'occasion de dresser le bilan des actions menées en un an, et de parler des projets à venir. Le sommet 2020 a été marqué par trois gros dossiers : covid, Brexit et accords de pêche

Covid : arrêt des liaisons Manche Îles Express

Face à la crise du covid, les îles anglo-normandes ont du prendre des mesures strictes pour protéger leur population : confinement, fermeture d'entreprises, règles d'hygiène et de distanciation, etc. "Des mesures très contraignantes qui rendent les échanges quasi-impossibles", souligne Marc Lefèvre, le président du conseil départemental de la Manche. 

Une situation qui a entraîné l'arrêt des liaisons pour la compagnie Manche Îles Express pour 2020. La quatorzaine imposée aux passagers à destination de Guernesey et de ses îles, et les restrictions mises en place à Jersey (tests obligatoires à l'arrivée, avec quatorzaine jusqu'aux résultats) n'ont pas permis aux excursionnistes à la journée de venir dans les îles anglo-normandes. 

Conséquence : les rotations ont été suspendues, les liaisons n'étant pas viables. "Ce service nous coûte entre un million et 1,2 million tous les ans. Le fait qu'il n'y ait pas de recettes, mais quand même des frais, ça fait _200.000 euros en plus_. Finalement, quand ça ne circule pas, ça nous coûte encore plus cher", souligne Marc Lefèvre. Au vu de la conjoncture, la question d'un arrêt du service s'est posée pour 2021. Le président du conseil départemental ajoute : "Attendons de voir comment ça va se passer avec le Brexit. ça ne me semble pas le moment le plus opportun d'arrêter. Ce serait une cassure définitive, et il serait difficile d'y revenir. On va faire l'effort supplémentaire d'attendre un an de plus, quitte à ce que ce soit difficile l'an prochain, pour ne pas casser ce qui a bien marché précédemment."

Brexit : la question du passeport

Les négociations sont dans le dur entre le Royaume-Uni et l'Union européenne pour les conditions du Brexit. Chacun campe sur ses positions, et la situation est jugée "inquiétante" des deux côtés de la Manche. Parmi les questions toujours sans réponse : l'obligation d'un passeport pour se rendre à Jersey ou Guernesey. Le Royaume-Uni a annoncé que seul ce titre serait accepté pour les ressortissants européens dès 2021 (les Britanniques n'ont pas de carte d'identité). Or, les îles anglo-normandes font partie de la zone commune de voyage avec le Royaume-Uni, et devront, par conséquent, mettre en place les mesures adoptées par les Britanniques. 

"Le Royaume-Uni semble intangible sur la question. Notre carte d'identité ne pourra pas correspondre. Quand on sait qu'une grande majorité de nos concitoyens n'ont pas de passeport, ce serait aussi un frein considérable pour accéder aux îles anglo-normandes", commente Marc Lefèvre. Le risque : une chute des voyages (touristiques, éducatifs, commerciaux) du côté français : jumelages, échanges scolaires, rencontres de pêcheurs, etc. 

Par ailleurs, on compte environ 3.500 résidents britanniques dans la Manche, ce qui en fait le deuxième département de France derrière la Dordogne. Des résidents qui devront se munir d'un titre de séjour dans le cas d'un Brexit dur. 

Pêche : la volonté d'un statu quo

Le gros dossier qui cristallise les interrogations, c'est celui de la pêche. Le Brexit implique une modification des accords de pêche. Deux accord régissent l'accès aux zones de pêche :

  • Les accords de la baie de Granville de 2000 (entrés en vigueur en 2004, et en cours de révision), remis en cause par une partie des pêcheurs jersiais 
  • Pour les eaux du baillage de Guernesey (Guernesey, Sercq et Aurigny), la convention de Londres de 1964, qui s'est terminée le 31 janvier 2020. Les permis temporaires octroyés par le gouvernement guernesiais vont prendre fin le 31 décembre 2020

"Il y a une volonté de part et d'autre de maintenir un accord régional et un statu quo", souligne Marc Lefèvre. "Le message que nous faisons passer - eux auprès de Londres, et nous auprès du gouvernement français et de la Commission européenne - c'est le statu quo. La possibilité pour nos pêcheurs d'aller pêcher, et pour les anglo-normands d'avoir des points de débarque", ajoute le président de région Hervé Morin. 

80% de la pêche jersiaise est débarquée à Granville ou Carteret, et 70% de la pêche de Guernesey est débarquée à Diélette ou Cherbourg. Avec le Brexit, les professionnels craignent une augmentation des taxes et une interdiction de débarquer des produits de la pêche transformés. Le port de Cherbourg sera le seul à accueillir tout type de débarque de la pêche et des produits ostréicoles. Un service d'inspection vétérinaire et phytosanitaire permettrait de garantir une débarque jersiaise indirecte à Granville. 

Les autorités anglo-normandes et normandes ont prévu de se revoir dès que les conditions du Brexit seront connues. 

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