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Politique

Penelope Fillon convoquée chez les juges

mardi 28 mars 2017 à 7:37 - Mis à jour le mardi 28 mars 2017 à 13:38 Par Géraldine Houdayer, France Bleu Maine et France Bleu

Dans l'enquête sur les emplois soupçonnés fictifs de Penelope Fillon, l'épouse du candidat de la droite à la Présidentielle est convoquée ce mardi dans le bureau des juges d'instruction, où elle risque à son tour une mise en examen. Les juges cherchent à savoir si ses deux emplois étaient réels.

Les juges cherchent à savoir si les emplois occupés par Penelope Fillon étaient effectifs.
Les juges cherchent à savoir si les emplois occupés par Penelope Fillon étaient effectifs. © AFP - Lionel Bonaventure

Dans l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs de Penelope Fillon, l'épouse du candidat de la droite à la Présidentielle est convoquée ce mardi matin dans le bureau des juges d'instruction, où elle risque à son tour une mise en examen.

Après François Fillon et son ex-suppléant à l'Assemblée nationale, Marc Joulaud, Penelope Fillon est attendue ce mardi chez les magistrats financiers, à moins que le rendez-vous ne soit décalé par souci de discrétion. A l'issue de son audition, son épouse peut aussi être placée sous le statut de témoin assisté. Les révélations du Canard enchaîné sur les possibles emplois fictifs de Penelope Fillon, pourtant sans profession connue, à la Revue des deux mondes et à l'Assemblée comme assistante parlementaire de son mari, ont bouleversé la campagne de l'ex-Premier ministre. Désormais, il dénonce une "machination" et accuse le président François Hollande d'animer un "cabinet noir" contre lui.

Employée à l'Assemblée et à la Revue des deux mondes

Entre 1986 à 2013 - avec des coupures - l'épouse discrète a perçu 680.380 euros net, soit environ 3.600 euros mensuels en moyenne, comme assistante à l'Assemblée de son mari ou de Marc Joulaud, l'actuel maire de Sablé-sur-Sarthe. Les enquêteurs ont mené mercredi une perquisition dans sa mairie, où ils ont "consulté des documents et l'ordinateur" de Marc Joulaud, a précisé à l'AFP le porte-parole de la municipalité. Penelope Fillon a aussi été employée à La Revue des deux mondes entre mai 2012 et décembre 2013, sans s'être rendue sur place, pour un salaire de 5.000 euros bruts, qu'elle a cumulé avec son emploi à l'Assemblée à partir de juillet 2012, lorsque son mari est redevenu député. Les enquêteurs cherchent à savoir si ces emplois étaient effectifs.

"Des tâches simples mais essentielles", dit François Fillon

Le clan Fillon a vigoureusement défendu le contenu du travail d'assistante accompli par l'épouse, dans l'ombre de l'ex-député, dont la permanence était à leur domicile sarthois. François Fillon a mis en avant des "tâches simples mais essentielles" comme la gestion du courrier et de l'agenda et la préparation des discours. Mme Fillon a affirmé avoir remis aux enquêteurs des preuves de son travail, "des courriers avec des notations", "des échanges de mails", pour les périodes les plus récentes.

Deux fiches de lecture publiées par la Revue des deux mondes

L'autre enjeu de la convocation de Penelope Fillon porte sur des soupçons d'abus de biens sociaux derrière son emploi à la Revue des deux mondes, propriété de l'homme d'affaires Marc Ladreit de Lacharrière, dont les liens avec son ami François Fillon interrogent les enquêteurs. Penelope Fillon a évoqué plusieurs "notes et des fiches de lecture" mais seules deux recensions ont été publiées. Elle aurait aussi eu un rôle de conseil auprès de M. de Lacharrière, des entretiens oraux. Son contrat de 281 jours par an "lui laissait une totale liberté" pour organiser son travail, a expliqué à l'AFP l'avocat de François Fillon, Antonin Levy. Selon plusieurs médias, les enquêteurs se demanderaient si le nombre d'heures effectuées à la Revue des deux mondes aurait été minimisé pour respecter la règlementation sur le cumul d'emplois, alors que Penelope Fillon était salariée à la même époque à l'Assemblée. "Tous les documents" sur son activité sont "strictement authentiques", a déclaré auprès de l'AFP son avocat Pierre Cornut-Gentille.