Politique

Penelope Fillon a touché 45.000 euros d'indemnités de licenciement à l'Assemblée

Par Thibaut Lehut, France Bleu Maine et France Bleu mardi 7 février 2017 à 18:06 Mis à jour le mardi 7 février 2017 à 18:27

Penelope et François Fillon, le 29 janvier 2017.
Penelope et François Fillon, le 29 janvier 2017. © Maxppp -

Penelope Fillon, soupçonnée d'avoir occupé des emplois fictifs à l'Assemblée nationale, a touché au total 45.000 euros d'indemnités de licenciement. De nouvelles informations publiées par Le Canard Enchaîné ce mardi.

Le Canard Enchaîne publie de nouvelles informations sur les sommes d'argent perçues par Penelope Fillon en tant qu'assistante parlementaire. Selon le journal satirique, l'épouse de François Fillon a touché 45.000 euros d'indemnités de licenciement, en deux fois, payées par l'Assemblée nationale.

La une du Canard Enchaîne du 8 février 2017. - Aucun(e)
La une du Canard Enchaîne du 8 février 2017. - Le Canard Enchaîne

Penelope Fillon a perçu en août 2002 "16.000 euros d'indemnités, soit l'équivalent de cinq mois de salaire". Un versement légal. Mais le journal affirme qu'elle avait retrouvé un mois plus tôt un emploi auprès de Marc Joulaud, alors suppléant de François Fillon. Elle a donc "cumulé deux salaires durant un peu plus d'un mois", conclut donc Le Canard Enchaîné. Ces indemnités portent sur la période 1998-2002, pendant laquelle Penelope Fillon a été rémunérée comme assistante parlementaire de son époux (165.686 euros net de salaires sur cette période, selon le site internet du candidat Fillon). Elle a également perçu, en novembre 2013, "29.000 euros de primes", ajoute le journal.

L'avocat de François Fillon dément

Des affirmations que l'avocat de François Fillon réfute. Ces 45.000 euros d'indemnités avaient déjà été pris en compte dans la somme globale révélée par Le Canard enchaîné mercredi dernier (plus de 900 000 euros), a-t-il expliqué à franceinfo. Antonin Levy précise par ailleurs que les 29.000 euros ont bien été versés, mais en 2007 et non en 2013, au terme de 62 mois de travail aux cotés de Marc Joulaud. Le défenseur de François Fillon ajoute enfin qu'elle a touché une "troisième indemnité", en novembre 2013, à hauteur de 7.764 euros. Et il conclut en expliquant que Penelope Fillon était au "régime traditionnel des assistants parlementaires", pour qui Pôle Emploi n'existe pas.

Fillon tente de reprendre sa campagne

Ces nouvelles publications interviennent en pleine contre-offensive du candidat. Devant plus de 200 journalistes massés à son siège de campagne à Paris lundi, il avait défendu la "légalité" des pratiques qui lui sont reprochées, l'emploi passé de sa femme Penelope et de deux de ses enfants comme assistants parlementaires à l'Assemblée et au Sénat. Mercredi, c'est "une lettre aux Français" que François Fillon publiera dans la presse quotidienne régionale, comme il l'a annoncé aux élus LR mardi en fin de matinée à son QG.

Parallèlement, l'enquête de la justice se poursuit sur les soupçons d'emplois fictifs. Avec des questions qui restent en suspens. Parmi elles, l'entretien de 2007 de Penelope Fillon, diffusé jeudi dans un reportage d'Envoyé spécial, dans lequel elle dit n'avoir "jamais été réellement son assistante ni quoi que ce soit de ce genre". François Fillon n'a pas levé non plus tous les doutes sur l'emploi de sa femme par la Revue des deux mondes entre mai 2012 et décembre 2013, qui "n'a rien de fictif" selon Marc Ladreit de Lacharrière, patron de cette revue et ami proche du candidat.

Une période durant laquelle Le Parisien affirme que l'intéressée occupait deux emplois en même temps, à la Revue des deux mondes et comme collaboratrice de son mari à l’Assemblée. Dans les deux cas à temps plein, selon ses contrats de travail.