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Philippe De Villiers : "On n'en peut plus, le pays va crever, il faut le déconfiner rapidement"

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Par , France Bleu Loire Océan, France Bleu

Dans son dernier livre, "Les Gaulois réfractaires demandent des comptes au Nouveau Monde", le Vendéen Philippe De Villiers, invité de France Bleu Loire Océan ce jeudi, critique violemment la gestion de la crise sanitaire par Emmanuel Macron. Il revient également sur la réouverture du Puy du Fou.

Le fondateur du Puy du Fou, Philippe De Villiers, sort un livre cette semaine intitulé "Les Gaulois réfractaires demandent des comptes au Nouveau Monde".
Le fondateur du Puy du Fou, Philippe De Villiers, sort un livre cette semaine intitulé "Les Gaulois réfractaires demandent des comptes au Nouveau Monde". © AFP - Bertrand Guay

La langue de bois, très peu pour lui. Dans son dernier ouvrage, publié cette semaine, le Vendéen Philippe De Villiers critique avec virulence le "Nouveau Monde" incarné par Emmanuel Macron et dans lequel il dit ne plus se reconnaître. 150 pages truffées de références au religieux où il pointe les responsables de la crise du coronavirus. Invité de France Bleu Loire Océan, ce jeudi, l'ancien ministre est également revenu sur la réouverture du Puy du Fou, parc qu'il a fondé. Interview. 

Votre dernier essai, "Les Gaulois réfractaires demandent des comptes au Nouveau Monde", est un réquisitoire à l'égard de la politique d'Emmanuel Macron et de sa gestion de la crise sanitaire. Qu'aviez-vous en tête au moment d'écrire ces lignes ? 

Le titre de mon ouvrage répond à votre question. "Les Gaulois réfractaires", c'est une phrase prononcée par Emmanuel Macron devant la reine du Danemark où il a dit aux Danois "vous êtes des Luthériens, souples et qui acceptez les réformes alors que moi, j'ai des Gaulois réfractaires". Dans son esprit, "un Gaulois réfractaire", cela définit quelqu'un d'indocile et d'indiscipliné. Or, ces fameux Gaulois ont accepté pendant deux mois d'être assignés à résidence et à la manière de troglodytes, recroquevillés dans leur falaise de craie. Ils en sont sortis et aujourd'hui, ils se posent des questions. Une question en particulier qui est le filigrane de mon livre : pourquoi cette débâcle ? 

Vous faites le parallèle entre la débâcle de 1940 et la manière dont a été gérée cette crise. Qui est le responsable, selon vous, de cette situation ? 

Ce "Nouveau Monde", mis en place après la chute du mur de Berlin, est un village global unifié, sans souveraineté, sans frontière, sans autonomie stratégique. Je ne me reconnais pas dans un monde qui a cru qu'on pouvait abattre toutes les barrières, les frontières, toutes les protections des nations sans en recevoir le contre-coup. Ce contre-coup, c'est l'épidémie. On a cru qu'avec la post-modernité, il n'y aurait plus d'épidémie.

Au fond, la victoire intellectuelle, c'est quand le camp d'en face pille votre propre lexique. Et aujourd'hui, il y a le retour des idées souverainistes. Philippe De Villiers. 

Dans votre livre, vous écrivez : "Deux ans après Maastricht, Jimmy Goldsmith [homme d'affaires et politique franco-britannique] et moi avions une formule qui faisait rire les salles : quand toutes les barrières sanitaires seront tombées et qu'il y aura une grippe à New Delhi, elle arrivera dans le Berry". Sous-entendu, vous aviez tout anticipé.

Quand vous voyez aujourd'hui les uns et les autres dire qu'il faut rétablir le primat du politique sur l'économique, parce que l'économique c'est la simple logique des intérêts, l'inter-connexion, l'interdépendance où l'on cherche à exploiter des gens à l'autre bout du monde pour les payer moins cher... Moi, j'ai toujours dit : attention, il faut un monde de nations, de souveraineté et de frontières. Parce que si l'on veut lutter un jour contre un virus par exemple, il faut le retenir. La meilleure et la seule manière de le faire est de lui fermer la porte au nez. 

Vous ne vous reconnaissez plus dans ce "Nouveau Monde" et pourtant, vous continuez à échanger avec lui et avec Emmanuel Macron, notamment. N'est-ce pas paradoxal ? 

J'ai des relations personnelles avec Emmanuel Macron depuis qu'il est venu au Puy du Fou [le 19 août 2016, ndlr]. On parle, souvent pour se contredire, mais il a le mérite d'écouter ceux qui le critiquent. Que lui ai-je dit ? 'Écoutez, Emmanuel, il faut retrouver les principes de ce que vous appelez l'"Ancien Monde"'. C'est le carré magique de la survie. Il y a d'abord la frontière, qui est un filtre pacificateur, une porte et une fenêtre ouverte sur le monde, et non un repli nationaliste. La frontière est comme les caissons étanches qui protègent les bateaux du Vendée Globe et qui ont permis d'éviter le Titanic. Le deuxième point est la souveraineté. Le troisième est le local. Le circuit long systématique est quelque chose de complètement fou, il faut le circuit court et je partage ce point de vue avec beaucoup de gens, dont les écologistes. Le dernier coin du carré est la famille car, quand tout va mal et qu'il faut se confiner, on fait appel à la famille. 

Quand cela était nécessaire, nous avions interdiction de porter des masques et maintenant que ce n'est plus nécessaire, nous avons obligation d'en porter. C'est à ne plus rien y comprendre. 

Qui incarne le mieux les valeurs que vous défendez dans le paysage français actuel ? 

Je ne me pose plus cette question car je suis sorti du champ politique. Ce n'est pas parce que je viens me mêler à la conversation civique sur le forum que je repasse de l'autre côté, c'est à dire dans l'arène des fauves. J'écoutais Yannick Jadot et Bruno Le Maire et je me suis dit : c'est curieux, dans ce qu'ils disent, il y a plein de choses que je partage et qu'ils ne partageaient pas, eux-mêmes, il y a quelques années [...] Au fond, la victoire intellectuelle, c'est quand le camp d'en face pille votre propre lexique. Aujourd'hui, il y a le retour des idées souverainistes, autour de l'idée de la nation et qui estime que ce n'est pas parce qu'on est dans un monde de nations que l'on ne va pas coopérer, au contraire. Si la France relocalisait ses activités stratégiques, elle pourrait retrouver son rayonnement. Rendez-vous compte, lorsqu'un char Leclerc est en panne, il faut attendre une pièce qui vient de Chine. 

Ce jeudi, le Puy du Fou accueille enfin ses premiers clients, après des mois d'incertitude liés à la crise sanitaire. Cette réouverture va-t-elle aider l'économie vendéenne à se relancer ? 

Je pense à cet instant à tous les hôteliers, les petits propriétaires de gîtes ruraux, de chambres d'hôtes qui sont au tapis. L'économie réelle est blessée et quand je parlais de débâcle, un des aspects de celle-ci est la déchirure des tissus conjonctifs de la France industrieuse. A Paris, on entend parler de macroéconomie, des chiffres de la croissance et du chômage. Mais ceux qui sont importants, c'est ceux qui font la microéconomie, tous ces petits artisans, entrepreneurs que je vais voir quand je suis sur le terrain. 

Les règles sanitaires mises en place dans tous les parcs à thème, dont celui du Puy du Fou, auront-elles de grosses conséquences économiques sur l'année 2020 ?

Je ne sais pas encore, je ne m'en rends pas compte. Ce que je sais en revanche, c'est que ceux-là même qui interdisaient aux Français de porter des masques nous obligent maintenant à en porter. Quand cela était nécessaire, nous avions interdiction de porter des masques et maintenant que ce n'est plus nécessaire, nous avons obligation d'en porter. C'est à ne plus rien y comprendre. Il faut maintenant faire un déconfinement rapide, on n'en peut plus, le pays va crever, il faut le déconfiner rapidement maintenant que nous savons qu'il n'y aura pas de deuxième vague. 

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