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Politique

Philippe Richert et le Grand Est : six dates clés

samedi 30 septembre 2017 à 18:40 Par Blandine Costentin, France Bleu Alsace, France Bleu Champagne-Ardenne, France Bleu Elsass, France Bleu Lorraine Nord et France Bleu Sud Lorraine

Philippe Richert a annoncé sa démission de la présidence de la région Grand Est. Adversaire de cette très grande région lors des débats sur la réforme territoriale en 2014, il avait pourtant décidé d'en prendre les rênes à l'occasion des élections régionales, avant de jeter l'éponge ce samedi.

Philippe Richert avait pris la présidence de la région Grand Est en janvier 2016.
Philippe Richert avait pris la présidence de la région Grand Est en janvier 2016. © AFP - Frederick Florin

Strasbourg, France

En annonçant sa démission de la présidence de la région Grand Est ce samedi, Philippe Richert met un terme à une carrière politique de 35 ans. La région Grand Est, qu'il présidait depuis sa victoire aux régionales de 2015, il l'avait d'abord combattue, la jugeant démesurée. Son acceptation de la réforme territoriale votée par les parlementaires en décembre 2014 et sa décision d'être tête de liste pour la droite et le centre l'ont exposé à l'hostilité des partisans d'une région Alsace détachée de la Lorraine et de la Champagne-Ardenne. Retour en six dates sur ce parcours mouvementé.

6 juin 2014 : une région Alsace-Lorraine, pourquoi pas ?

Dans le cadre de la réforme territoriale annoncée par le gouvernement, il est d’abord question d’une nouvelle région Alsace - Lorraine. C’est pourquoi les présidents de ces deux régions, Philippe Richert (UMP) pour l’Alsace et Jean-Pierre Masseret (PS) pour la Lorraine, donnent une conférence de presse commune à Wingen-sur-Moder. Les deux élus se disent alors prêts à "dépasser les postures politiciennes" pour travailler au rapprochement de leurs collectivités, projet qu'ils estiment "cohérent".

Je suis républicain ! Le jour où le texte sera voté, j'aurai à l'appliquer"

A propos de la réforme territoriale, Philippe Richert affirme qu’il n’est “pas un enthousiaste”, mais qu’il veut "dialoguer, pour l'intérêt général". L’ancien ministre qu’il est estime prioritaire de "réorganiser nos collectivités pour que notamment les régions soient plus fortes”. "Le gouvernement prépare un texte, et quoi qu'on pense du gouvernement, je suis républicain! Le jour où le texte sera voté, j'aurai à l'appliquer". Sa position d’ouverture est déjà mal acceptée par une partie des élus alsaciens.

Juillet 2014 : contre le projet Acal, "une collectivité ingérable"

Avant que débute le débat parlementaire sur la réforme territoriale, les députés socialistes remodèlent la carte et produisent, avec l’accord du gouvernement, une France en 13 régions. L’Alsace fusionnerait avec la Lorraine, mais aussi la Champagne-Ardenne. Colère de Philippe Richert qui dénonce "un coup de force". Quelques semaines plus tard, dans la presse régionale, il déclare : “La fusion Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne est tout simplement inacceptable" car ce territoire, "plus grand que la Belgique ou la Suisse" serait celui d'"une collectivité ingérable".

En réponse, Philippe Richert relance l'idée d'une fusion du conseil régional et des deux conseils généraux. Le Conseil unique d’Alsace, dont il avait porté le projet, avait rejeté lors du référendum régional d’avril 2013. Les conseils généraux du Haut et du Bas-Rhin s’y associent.

11 octobre 2014 : "l'Alsace ne veut pas se voir imposer son avenir par Paris"

A l’appel d’un collectif L’Alsace ma région, qui réunit notamment le conseil régional présidé par Philippe Richert et les conseils généraux, une manifestation contre le projet de grande région Alsace Champagne-Ardenne Lorraine réunit plusieurs milliers de personnes. Plus de 10.000 même, selon Philippe Richert, qui prend la parole à la tribune. Il fustige l’Alca, “plus personne ne saura ce que c’est”, alors que “l’Alsace est connue dans le monde entier”. Il martelle que l’Alsace ne peut pas se voir imposer son avenir par Paris. “Je suis fier d’être alsacien (...). ça ne va pas dire recroquevillé sur soi.”

Décembre 2014 : la réforme territoriale est adoptée

Jusqu'au bout, les parlementaires alsaciens de droite ont tenté de faire barrage à la grande région Acal. Leur projet : un conseil unique d'Alsace. Les socialistes alsaciens, eux, poussent un plan B qui reviendrait au projet initial d'Alsace - Lorraine. Mais c'est la carte à 13 régions, dont l'Alsace Champagne-Ardenne Lorraine, qui est adoptée. sans succès.

Février 2015 : Philippe Richert investi tête de liste UMP aux élections régionales

En février 2015, Philippe Richert est investi par l’UMP tête de liste pour les élections régionales de décembre. Il ambitionne donc de prendre la tête d’une région “que nous (les élus alsaciens) n’avons pas voulue” . Dans un entretien à Rue89, il précise qu'il “faudra s’attacher à conserver les identités. Les Alsaciens ont une identité forte, les Lorrains aussi”. Une de ses objectifs sera de “faire de cette grande région (...) la région experte sur la coopération transfrontalière”.

Si nous ne prenons pas notre Région en main, d’autres s’en chargeront"

En mars, dans une lettre ouverte adressée à ceux qui réclament un référendum contre la fusion, Philippe Richert estime qu'il faut "regarder comment, dans ce qui nous est imposé, nous pouvons désormais agir pour Strasbourg et pour l’Alsace (...) Si nous ne prenons pas notre Région en main, d’autres s’en chargeront". Dans son viseur, le FN et son chef de file dans l'Est, Florian Philippot.

Décembre 2015 : victoire de la liste Richert aux régionales

Victoire de la liste LR-UDI-Modem menée par Philippe Richert qui devient quelques semaines plus tard le premier président de la région Acal . En avril, après une consultation publique, Acal devient Grand Est. A noter, c'est un signe, qu'au premier tour des élections, les régionalistes d’Unser Land avaient recueilli plus de 10% des suffrages dans le Haut et le Bas-Rhin.

Parmi les politiques alsaciens, la fronde contre la région Grand Est ne s’apaise pas. En décembre 2016, à l’inauguration de la Maison de l’Alsace à Paris, les présidents des départements du Haut et du Bas-Rhin taclent le Grand Est et rappellent qu’ils oeuvrent en faveur du conseil d’Alsace. Le 3 octobre 2017, les parlementaires alsaciens se retrouvent à Paris pour discuter de l'avenir institutionnel de l'Alsace.