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Politique

Plus de 500 personnes pour dire "trawalc'h" à la francisation des noms de lieux

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Par , France Bleu Breizh Izel, France Bleu Armorique

Plus de 500 personnes se sont rassemblées sur la plage de Traezh Beleg à Telgruc pour dénoncer la lente érosion de la toponymie en breton.

Des panneaux de rues symboliques sur la plage de Telgruc
Des panneaux de rues symboliques sur la plage de Telgruc © Radio France - Tudi Crequer

Telgruc-sur-Mer, France

Des drapeaux Gwenn-ha-du plantés dans le sable, des serviettes de pique-nique étendues, certains sont en maillot, d'autres des foulards sur la tête. L'ambiance était festive sur la plage de Traezh-Beleg malgré un message revendicatif. C'est le cas de Audran et Alexandre venus en soutien pour "montrer qu'on est contre l'action de la mairie qui est de franciser les noms de rues qui sont à la base des noms de lieux en breton".  

"Tout cela mène à un ethnocide" - Yann -Ber Kemener

"Avant les gens ne nommaient pas les rues mais les champs dans lesquels ils travaillaient" détaille Yann-Ber Kemener, le meneur de la fronde contre la francisation des noms de lieux. Avec son association Eost, ils mènent depuis plus de 20 ans un travail de collectage auprès des anciens sur la micro-toponymie. D'où leur colère de voir le conseil municipal nommer les rues de nouveaux quartiers par des noms en français sans lien avec l'histoire du lieu dont, la désormais célèbre, "rue des pélicans". Pour ces nouvelles rues, "la municipalité aurait pu s'inspirer du nom des champs" s'agace le président d'Eost. 

Une lutte bretonne mais pas seulement... 

Pour Yann-Ber Kemener, "petit à petit on va débaptiser tout le breton et on va mettre du français à la place, ça s'appelle de l'acculturation, c'est à dire qu'on change de culture. Tout cela mène à un ethnocide, c'est à dire, si vous regardez dans le dictionnaire, le remplacement d'une civilisation originelle par une autre civilisation, par un groupe qui a plus de pouvoir et c'est ce qui se passe ici."

Ici, à Telgruc mais aussi "partout en Basse-Bretagne et même en Haute-Bretagne" souligne le chanteur Armel an Hejer. "Dommage pour lui, ça tombe sur le maire de Telgruc, mais ce problème se pose aussi ailleurs qu'en Bretagne, en Alsace, au pays Basque." Ou encore au Pays de Galles également comme en témoigne cette vidéo : 

Une rue "Yann-Ber Kemener" ? 

Au micro, perché sur une remorque tirée sur la plage. Paolig Combod, le président Skol Vreizh interpelle ironiquement la mairie : "je propose, qu'au lieu d'affubler certaines rues de toutes sortes de noms d'oiseaux, d'attribuer à l'une d'entre elles le nom de Jean-Pierre Quemener, Yann-Ber Kemener, défenseur de la langue, de la littérature, de la toponymie et du patrimoine breton. Mon souhait serait que dans chaque commune de basse et haute Bretagne, il y ait des associations comme Eost qu'il y ait des gens comme Yann-Ber Kemener, et la Bretagne serait sauvée !" Et cette proposition elle pourra être faite ce mardi, les associations ont rendez-vous avec le maire de Telgruc.

*"trawalc'h" se traduit par "ça suffit". Il est équivalent au célèbre "Re zo re", "trop c'est trop"

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