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PORTRAIT : Georges Dehon, le maire de Marcq-en-Ostrevent, raccroche son écharpe

Par Eric Turpin et Antoine Sabbagh, France Bleu Nord mardi 4 mars 2014 à 9:00

La mairie de Marcq en Ostrevent
La mairie de Marcq en Ostrevent © Google Maps

Lassitude et découragement face à une tâche de plus en plus lourde et prenante ou encore volonté de privilégier sa vie familiale, les raisons sont nombreuses pour certains maires de ne pas briguer un nouveau mandat. C'est le cas de George Dehon, le maire de Marcq en Ostrevent, un village de 700 habitants entre Douai et Cambrai.

Quand on demande à Georges Dehon pourquoi il ne se représente pas, la réponse fuse comme un cri du coeur : « J'en ai marre ». A 78 ans et après deux mandats consécutifs, le maire de Marcq-en-Ostrevent aimerait enfin profiter de sa retraite et pouvoir partir en voyage. Maire d'un petit village, c'est un véritable sacerdoce, un job à plein temps.

Georges Dehon, le maire de Marcq en Ostrevent, raccroche son écharpe tricolore - Aucun(e)
Georges Dehon, le maire de Marcq en Ostrevent, raccroche son écharpe tricolore
« La nuit et le diimanche, on vous dérange sans arrêt », raconte Georges Dehon, désabusé. « Y'a quelque chose qui ne va pas ? On vient chez vous ! Dans la commune je connais tout le monde. Une voiture qui est mal stationnée ? Son voisin, il l’embête sur le trottoir. Alors c'est usant, c'est usant ».

Dans une petite commune comme Marcq en Ostrevent, le maire n'a pas de services techniques, pas de services juridique. C'est lui qui doit s'occuper des permis de construire, des dossiers de subvention ou encore du budget.

« On nous donne trop de responsabilités pour ce que c'est. Moi j 'ai une secrétaire de mairie qui fait 25 heures par semaine », estime Georges Dehon.« A Douai, le maire Jacques Vernier a moins de mal que moi. Il a tout ce qu'il faut sous la main. Le maire aujourd'hui, il faut qu'il connaisse tout ».

George Dehon consacre chaque jour trois à quatre heures à sa mairie. Et il touche pour cela une indemnité de 700 euros par mois.

Un coin loin d'être isolé dans le Nord-Pas-de-Calais

Habituellement, un maire sur cinq ne se représente pas aux élections municipales. Cette année, dans le Nord-Pas-de-Calais, un maire sur quatre raccroche son écharpe tricolore et passe la main.Ce sont surtout les petites communes qui sont touchées.

Et dans un cas sur trois, les maires ont le même profil que George Dehon : des retraités fatigués par un mandat qui ne laisse aucun répit. Des élus qui souvent croulent sous inflation de paperasse et les nouveaux textes : il y a 400 000 normes en France aujourd'hui.

Et puis, même si ce n'est pas la motivation première, ce n'est pas avec ce mandat qu'un élu fera fortune : un maire d'un village de moins de 500 habitants touche maximum 646 euros bruts par mois. L'indemnité atteint 1 634 pour une commune de moins de 3500 habitants. Un maire touche 5 512 euros au delà de 200 000 habitants.

La crise des vocations des maires nordistes a une conséquence : le rajeunissement de nos élus. Et ça c'est plutôt positif : l'âge moyen d'un maire en France est aujourd'hui de 57 ans.

Georges Dehon, le portrait d'un maire qui ne se représente pas

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