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Politique

Pour le sénateur UDI Jean-Marc Gabouty, "François Fillon devrait avoir une attitude responsable"

mercredi 1 mars 2017 à 20:45 Par Jérôme Ostermann, France Bleu Limousin

Les centristes de l'UDI lâchent François Fillon ! Après l'annonce mercredi de la possible mise en examen du candidat Les Républicains, ses alliés commencent à prendre leur distance. C'est le cas de l'UDI du sénateur de la Haute-Vienne Jean Marc Gabouty. Une décision qu'il approuve totalement.

Le sénateur UDI de la Haute-Vienne Jean-Marc Gabouty trouve normal que son parti ne soutienne plus François Fillon
Le sénateur UDI de la Haute-Vienne Jean-Marc Gabouty trouve normal que son parti ne soutienne plus François Fillon © Maxppp - Stéphane Lefèvre

Limoges, France

Le parti centriste UDI a annoncé mercredi soir, qu'il suspendait son soutien à François Fillon. Le candidat Les Républicains à l’élection présidentielle a assuré à la mi-journée, ne pas se retirer de la course à l'Elysée malgré sa convocation par des juges à la mi-mars, en vue d'une possible mise en examen. Pour le sénateur UDI de la Haute-Vienne, Jean-Marc Gabouty, son parti a fait le bon choix. Entretien.

France Bleu Limousin : Votre parti a décidé de ne plus soutenir François Fillon. Était-ce selon vous la bonne décision ?

Oui, étant moi même dans cette position depuis plusieurs semaines. Tout en restant attaché à un accord de législature entre l'UDI et Les Républicains, en ce qui concerne l'élection présidentielle, j'avais déclaré que je n’apporterais pas mon soutien et que je ne participerais pas à la campagne de François Fillon, faisant valoir une clause de conscience. A l'époque, je pensais déjà que ce qui était reproché à François Fillon, qui avait fait campagne sur le thème de l'homme de la transparence, de la probité et de la rigueur, ne permettait pas de lui maintenir notre confiance. Aujourd'hui, après avoir dit qu'il se retirerait si il était mis en examen, il balaye ça du revers de la main. Ce qui prouve bien que de sa part, il y avait une forme d’entêtement, avec l'envie d'aller jusqu'au bout, avec la volonté d'éviter toute possibilité de solution alternative.

Sa position semble maintenant intenable...

C'est à lui de voir ! Il a été investi à l'issue d'une primaire sur un profil qui s'est avéré ne pas être son profil exact. Aujourd'hui, c'est à lui d'en tirer les conséquences, ou éventuellement aux Républicains. Nous, à l'UDI, nous étions associés à cette démarche mais ce n'est pas un candidat d'origine UDI. Donc nous n'avions pas le "pouvoir de le débrancher", de le convaincre de renoncer. C'est le problème des Républicains et c'est le problème personnel de François Fillon. Si il a un sens de l’intérêt général, l’intérêt d'une alternance de la droite et du centre, il devrait avoir une attitude responsable ce qu'il n'a pas eu ces dernières semaines.

Un candidat UDI me parait difficile

Que va faire l'UDI désormais ?

L'UDI va consulter ses parlementaires, ses élus, et va probablement, c'est envisagé par le bureau du parti, consulter l'ensemble de ses adhérents pour prendre une position qui ne soit pas uniquement d’intérêts d'élus ou d'apparatchiks.

Et à titre personnel, l'option d'un candidat UDI vous semble t-elle pertinente ? Ou penchez-vous plutôt pour l'option de soutenir un autre parti ou une autre personnalité politique ?

Aujourd'hui, un candidat UDI, c'est quelque chose qui me parait difficile. Une campagne électorale, ça ne s’improvise pas en quelques jours. Et au départ, on ne s'était pas placé, volontairement, dans cette hypothèse. On a d'ailleurs peut être fait une erreur, à laquelle j'ai sans doute contribué parmi beaucoup d'autres. Il faut voir comment peut-on sortir de cette impasse. Mais encore une fois, c'est l'affaire de François Fillon. C'est l'affaire des Républicains qui enfin, commencent à réagir. Ceux qui ont voulu le faire avant ont été marginalisés, alors qu'on sentait bien que parmi leurs parlementaires, il y avait un malaise évident.

On doit aller vers un gouvernement d'unité nationale !

Est-ce que l'option Emmanuel Macron est compatible et possible selon vous ?

Je crois aujourd'hui que l'option Macron n'est pas compatible avec les Républicains ni même avec l'UDI, sur le plan d'un accord électoral immédiat. Il faut bien se mettre en tête qu'aujourd'hui, si vous additionnez, d'après les sondages, les scores de François Fillon et d'Emmanuel Macron, ça ne fait même pas 45%. Ou tout juste. Donc quelque soit l'issue du scrutin, comment un président de la République, avec un score entre 21 et 24%, peut gouverner la France sans élargir la base, au moins au niveau de l’électorat et forcément au niveau d'un certain nombre de responsables ? Ce qui m'amène à penser que demain, quelque soit l'issue de cette élection, on doit aller vers un gouvernement d'unité nationale, avec des sociaux-démocrates ayant des origines à gauche, au Parti Socialiste, avec des Républicains et avec des centristes. Je ne vois pas comment on peut demain, gouverner la France, avec des réformes importantes à faire, sans avoir une base relativement large. Une base qui ne peut pas être de seulement 20% comme en 2002. A l'époque, Chirac avait fait 80% au second tour contre le Front National. Ce ne sera pas le cas cette fois.

Vous parlez d'une gouvernance à plusieurs partis, évoquée justement mercredi par le candidat Macron. Si il n'est pas une option pour vous, cela veut-il dire que vous comptez sur l'émergence d'un nouveau candidat Les républicains ?

Désabusé et écœuré

Oui, si c'est encore possible. Je n'en sais rien. C'est l'affaire des Républicains. Mais même si il y a un nouveau candidat les Républicains, et qu'il l'emporte, il devra nécessairement élargir en direction d’Emmanuel Macron et ceux qui le soutiennent. Et inversement ! Si Emmanuel Macron devenait président de la République, il devrait, non pas faire du débauchage individuel mais élargir en direction des centristes, cela me parait évident et cela ne posera pas de difficulté. Mais également en direction des Républicains qui doivent participer à une alternance qui aura une forme différente de ce qui avait été imaginé au départ.

Peut-on se dire que finalement, tout cela peut-être un mal pour un bien pour la politique française ?

Je l'espère. Je réagis comme beaucoup de citoyens ordinaires, qui sont moins impliqués dans la vie publique ou la vie politique. Je suis un peu désabusé et un peu écœuré par ce qui se passe. Sachant que d'autres sont parfois sanctionnés, y compris des parlementaires, pour des histoires de quelques milliers d'euros qui n'ont pas été dépensés selon les règles dans différentes élections. Pour quelques broutilles sans enrichissement personnel, des gens sont rendus inéligibles. Et sur des faits beaucoup plus graves, "on" essaye quand même de se maintenir, ce qui ne me parait pas très moral. Donc on pourra peut-être en tirer les conséquences, j'espère de manière salutaire, de manière à redonner un peu confiance à nos concitoyens dans les gens qui les représentent.