Politique

Pour sa rentrée, Alain Juppé se voit comme l'homme de la situation et du rassemblement pour 2017

Par Stéphanie Brossard et Loick Guellec, France Bleu Gironde dimanche 28 août 2016 à 9:26 Mis à jour le lundi 29 août 2016 à 12:23

Alain Juppé à Chatou dans les Yvelines pour sa rentrée
Alain Juppé à Chatou dans les Yvelines pour sa rentrée © Maxppp - Maxppp

Rassembler plutôt que cliver, voilà ce qu'a martelé à Chatou dans les Yvelines, le maire de Bordeaux Alain Juppé, pour sa rentrée politique à trois mois de la primaire à droite. Il a fait allusion à Nicolas Sarkozy, pour mieux marquer sa différence.

Loin du "clivage" et de la "surenchère" incarnés par Nicolas Sarkozy, Alain Juppé a fait samedi sa rentrée politique à Chatou dans les Yvelines, sous le signe du "rassemblement", réservant également quelques piques à son principal rival à la primaire de la droite, alors qu'il avait déclaré à son arrivée: "Nicolas Sarkozy n'est pas mon problème, je ne suis pas en campagne contre Nicolas Sarkozy".

Sous la chaleur caniculaire, Alain Juppé, 2.000 personnes, a livré sa feuille de route. Et lancer: "on va gagner mais il va falloir se remuer.

Rassembler plutôt que stigmatiser

"Rassembler plutôt que chercher à cliver", "rassembler plutôt que vouloir exclure ou stigmatiser", "rassembler plutôt que d'exciter les surenchères" et "refuser toujours d'instrumentaliser les peurs, de flatter les bas instincts", a prévenu Alain Juppé. Un de ses plus fervents soutiens, Jean-Pierre Raffarin, y était allé encore plus fort: "on ne gouverne pas avec la haine, la haine c'est la colère des faibles", a-t-il dit sans toutefois ne citer aucun des adversaires à la primaire.

"A mesure que l'élan autour de moi continuera de grandir, les attaques pleuvront. Ils diront que je suis vieux - je viens de fêter mon 71e anniversaire, bel âge pour accéder au pouvoir comme l'ont fait avant moi d'illustres hommes d'Etat...", a-t-il glissé, provoquant un timide "joyeux anniversaire" dans les premiers rangs de l'assistance, chapeaux bleu, blanc, ou rouge, siglé "AJ". Alors, oui, pour "présider" la France, "tenir la barre" et "le cap", il est "l'homme de la situation", s'excusant au passage pour "ce petit moment d'immodestie" lors d'un discours de près de trois quart d'heure.

Serein dans son corps et son esprit

"Serein dans son corps" et "son esprit", "déterminé", ayant "appris des "autres" de ses "succès"et de ses "échecs", "orgueilleux et timide", "sportif modérément", "amoureux romantiquement" et ...."ambitieux méthodiquement", Alain Juppé s'est un dévoilé.

Il a également décliné ses propositions sur la sécurité et le terrorisme, avec notamment une augmentation des moyens policiers mais le refus d'un "Guantanamo à la française" pour les fichés "S". Sans évoquer la question du burkini, il a redit qu'il voulait "un accord solennel" entre la République et les représentants des Français musulmans avec "une Charte de la laïcité".

Alain Juppé veut un accord solennel entre la République et les Français musulmans

Entré en campagne lundi, l'ex-chef de l'Etat Nicolas Sarkozy ne cesse brocarder le maire de Bordeaux et son concept d'identité heureuse, estimant au contraire que l'identité française est "menacée". "L'identité heureuse" est un "objectif", pas un constat, a répondu à nouveau le maire de Bordeaux toujours en tête dans les sondages.

La réponse de Nicolas Sarkozy n'a pas tardé

Un peu plus tard en meeting au Touquet, l'ex-président Nicolas Sarkozy a raillé sans le nommer les "oreilles sensibles" sur ses propositions de son principal rival pour la primaire à droite, Alain Juppé, se présentant comme l'antithèse du "candidat des compromis bancals, des dénis de réalité et des demi-solutions sur l'immigration comme sur le reste".

La droite expérimente cette culture du débat public

Jean Petaux, politologue à Sciences-Po à Bordeaux, était l'invité lundi matin de France-Bleu Gironde. Il estime que cette  primaire de la droite et du centre, qui est nouvelle pour cette famille politique, s'annonce "brutale ". Quant aux sondages, ils sont parfois contradictoires; il faut donc être prudent. L'incertitude est complète; première réponse le 20 novembre au soir du premier tour.

Jean Petaux politologue à Sciences Po Bordeaux

Partager sur :