Politique

Poutine signe le traité rattachant la Crimée à la Russie

Par Marina Cabiten, France Bleu mardi 18 mars 2014 à 15:46

En Crimée, 96,6% des votants au référendum ont choisi le rattachement à la Russie
En Crimée, 96,6% des votants au référendum ont choisi le rattachement à la Russie © MaxPPP

Le président russe Vladimir Poutine a signé mardi un traité rattachant la Crimée à son pays, suivant ainsi le résultat du référendum organisé dans la péninsule ukrainienne. Kiev a déclaré qu'elle ne reconnaîtrait jamais cette "soi-disant indépendance", et les pays occidentaux dénoncent également ce rattachement.

Comme d'autres chefs d'État occidentaux, François Hollande a condamné mardi la signature par son homologue russe d'un traité intégrant la Crimée à la Russie. Par ce texte à effet immédiat, Vladimir Poutine fait suite au référendum en Crimée, au cours duquel 96,6% des votants se sont prononcés en faveur d'un rattachement à Moscou.

Condamnations et sanctions de tout l'Occident

La France ne reconnaît "ni le référendum illégal" qui s'est tenu "dans cette région d'Ukraine" , ni son rattachement à la Russie précise l'Élysée. Même son de cloche de la part de l'Allemagne, de la Grande-Bretagne, des États-Unis, entre autres.

Lundi déjà, l'Occident avait déclenché des sanctions contre certains responsables russes et ukrainiens, notamment le gel de visas ou d'avoirs. Une première dans l'histoire des relations UE-Russie depuis l'effondrement de l'Union soviétique en 1991.

Laurent Fabius a annulé une visite prévue mardi à Moscou et déclaré que Paris pourrait suspendre la vente de deux Mistral à la Russie. Mais le ministre des Affaires étrangères a ajouté que Vladimir Poutine était toujours invité en France en juin pour les cérémonies du 70e anniversaire du Débarquement.

Le président russe n'a pas été effrayé par ces menaces, il a au contraire mardi accusé les Occidentaux de s'être comportés de "manière irresponsable" dans la crise ukrainienne.

Liesse en Crimée

La signature du traité a été très applaudie par le Parlement russe, mais aussi par les milliers de personnes réunies mardi dans les rues de Sébastopol, en Crimée.

Cette région, qui appartenait à la Russie au sein de l'URSS, avait été offerte en 1954 à l'Ukraine par le numéro un soviétique Nikita Khrouchtchev. Mais aujourd'hui encore, une grande majorité d'habitants y parle russe et a ses racines en Russie.

Le référendum de dimanche a été organisé par des pro-russes ayant pris le contrôle de cette péninsule suite à la chute du président ukrainien Ianoukovitch.

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La Crimée : les chiffres