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Politique DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Pouvoir d'achat et désarroi du monde rural, en tête dans les cahiers de doléances de Haute-Vienne

lundi 14 janvier 2019 à 5:36 Par Nathalie Col, France Bleu Limousin

Sans grande surprise, les revendications sur le pouvoir d'achat sont majoritaires dans les cahiers de doléances mis en place par certains maires de Haute-Vienne, dans le cadre de la crise des gilets jaunes. Un sentiment d'abandon et de déconsidération émane aussi largement des villages ruraux.

Un cahier de doléances destiné à recueillir les revendications et propositions dans le cadre du mouvement des gilets jaunes
Un cahier de doléances destiné à recueillir les revendications et propositions dans le cadre du mouvement des gilets jaunes © AFP - Valéry Hache

Haute-Vienne, France

Alors que le grand débat national promis par Emmanuel Macron se profile, les cahiers de doléances mis en place par certaines mairies commencent aussi à livrer des pistes de réflexion suite à la crise des gilets jaunes. En milieu rural, l’initiative a été plutôt bien relayée par des maires soucieux de faire entendre et comprendre le désarroi d'une partie de la population. C'est le cas notamment à Saint-Sornin-Leulac, une des premières communes de Haute-Vienne à avoir ouvert ces cahiers de doléances. Les contributions ne sont pas forcément très nombreuses, mais sont très concrètes précise le maire Ludovic Dubois. Il liste ainsi "tout ce qui tourne autour du pouvoir d'achat : _l'augmentation du SMIC, des retraites, la baisse des taxes_. Plusieurs contributeurs ont aussi proposé la baisse de la TVA, mais pas de manière globale. Sur les produits alimentaires par exemple." 

Le souhait d'obtenir davantage de "justice sociale et justice fiscale" revient aussi régulièrement selon Daniel Boisserie, maire de Saint-Yrieix-la-Perche et président de l'association des maires ruraux de Haute-Vienne. "Les classes moyennes ont le sentiment qu'elles sont le plus pénalisées. Et ceux qui se lèvent tôt le matin pour un SMIC et un travail pénible ont le sentiment qu'ils gagneraient autant à ne rien faire" décrypte l'élu en parcourant les messages reçus ces dernières semaines.

En finir avec la technocratie et le "parisianisme"

Parmi les contributions très éclectiques, un autre thème revient régulièrement. Un sentiment lancinant relevé notamment par Delphine Perrier-Gay, la maire de Ladignac-le-Long : "les gens ne se sentent pas trop compris et ont l'impression que les politiques nationaux n'entendent pas les besoins de la ruralité." Et le problème de communication est à double-sens ajoute Daniel Boisserie en pointant du doigt "un langage très parisien, technocratique, en choisissant des mots que les autres ne connaissent pas. _Ça ne passe plus !_" Dans tout cela, il n'y a rien de bien nouveau pour les élus locaux. Ce n'est pas faute d'avoir déjà alerté souligne Delphine Perrier-Gay. La maire de Ladignac-le-Long espère donc que le message martelé désormais aussi par les citoyens sera davantage entendu. 

Les gilets jaunes ont au moins eu ce mérite là : dire regardez on existe, il n'y a pas que les grandes villes - Ludovic Dubois, maire de Saint-Sornin-Leulac

Et si finalement cette crise des gilets jaunes était une chance pour ces zones rurales qui se sentent abandonnées et déconsidérées ? C'est peut-être le cas pour le maire de Saint-Sornin-Leulac, qui est aussi suppléant de la députée LREM Marie Ange Magne sur la troisième circonscription de la Haute-Vienne. Selon lui, les gilets jaunes ont effectivement permis de ramener le monde rural au cœur du débat public et de montrer que ses habitants n'avaient pas l'intention de continuer comme ça. Ludovic Dubois salue ainsi "un premier pas de fait : cette écoute et cette volonté de mettre tout le monde autour de la table. _C'est une chance mais à une condition, qu'il en sorte réellement quelque chose_." Une mise en garde en vue du grand débat national qui commence le 15 janvier et doit durer trois mois.