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Près de 100 parlementaires PS en fronde contre le gouvernement

France Bleu lundi 7 avril 2014 à 9:09 Mis à jour le lundi 7 avril 2014 à 14:30

Manuel Valls défendra mardi la politique de son gouvernement devant les Parlementaires
Manuel Valls défendra mardi la politique de son gouvernement devant les Parlementaires © MaxPPP

Mardi, Manuel Valls doit prononcer son discours de politique générale devant l'Assemblée nationale, et obtenir la confiance des parlementaires. Pourtant, près d'une centaine de députés menacent de ne pas voter la confiance. Dans un texte, intitulé "contrat de majorité", les signataires demandent que "plusieurs orientations" soient privilégiées.

"Les conditions de la confiance pour un pacte de majorité" : c'est le titre d'un texte, d'un peu moins de deux pages, qui risque de faire beaucoup de bruit d'ici à mardi après-midi dans les rangs de l'Assemblée nationale. Signé par 86 parlementaires , il a été intitié par l'aile gauche du PS, mais cette fronde semble encore s'étendre. "Encore quelques dizaines de signatures sont attendues en début de semaine ", a expliqué Christian Paul, un proche de Martine Aubry. De nombreux députés présidents de commission sont présents parmi les signataires, et même le rapporteur général du Budget, Christian Eckert, et la vice-présidente de l'Assemblée , Laurence Dumont. 

"Le temps du Parlement est venu"

Ce texte appelle à "recréer la confiance avec les Français " en "privilégiant plusieurs orientations ", notamment la création d'emplois pour faire progresser le "redressement productif". Dans la ligne de mire : le "pacte de responsabilité" , ligne directrice du gouvernement depuis le début de l'année. Les parlementaires signataires appellent à y mettre fin – au moins partiellement : " susbtituer un pacte national d'investissements , négocié jusqu'au niveau des entreprises, aux mesures les plus coûteuses actuellement envisagées dans le pacte de responsabilité ".

Il s'agit aussi d'appeler le gouvernement à mettre en place une autre politique européenne, "mettant fin aux politiques d'austérité ", ainsi que "des mesures en faveur des bas salaires, la réforme fiscale et la CSG progressive, l'effort en faveur des retraites les plus modestes ". Dans une interview publiée ce lundi dans Le Monde , le président de l'Assemblée Claude Bartolone, bien que non signataire du texte, appelle lui aussi Manuel Valls à "sanctuariser un bloc de solidarité ". Le texte appelle enfin à donner plus de place au Parlement , en consultant davantage la majorité socialiste : "un dialogue avec le nouveau gouvernement s'engage dès maintenant ", affirme ce "pacte de majorité". 

Un vote de confiance tendu pour Manuel Valls

"Le désaccord est plus profond qu'un simple désaccord entre la gauche et la droite du PS ", selon l'un des initiateurs du texte, Pouria Amirshahi. Conséquence : le vote de confiance au nouveau Premier ministre Manuel Valls, après son discours de politique générale mardi, s'annonce tendu. " Valls ne représente pas un point d'équilibre mais un point de bascule de la famille socialiste . Nous n'avons pas voulu lui faire de procès d'intention a priori, mais il n'y aura pas de chèque en blanc ", explique Pouria Amirshahi. 

Manuel Valls pourrait-il donc ne pas empocher la confiance du Parlement ? C'est peu probable, en réalité. "L'argument d'autorité " devrait pousser de nombreux signataires à voter la confiance, selon le député Amirshahi : "Je ne vois pas de vote contre, ça ne serait pas respobsable . Ce serait provoquer avec la droite la chute du gouvernement ou une dissoulution ". En revanche, l'abstention est un choix , semble-t-il, envisagé par beaucoup. 

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