Politique

Présidentielle : Benoît Hamon dénonce un "parti de l'argent" qui a "trop de candidats"

Par Germain Arrigoni, France Bleu dimanche 19 mars 2017 à 17:22 Mis à jour le dimanche 19 mars 2017 à 21:03

Benoît Hamon lors de son grand meeting à Bercy à Paris
Benoît Hamon lors de son grand meeting à Bercy à Paris © AFP - FRANCOIS GUILLOT

Le candidat socialiste Benoît Hamon a dénoncé dimanche le "parti de l'argent" qui a "trop de candidats" dans cette campagne présidentielle, en visant Emmanuel Macron, François Fillon et Marine Le Pen, lors de son grand meeting à Bercy à Paris.

Après avoir détaillé son programme jeudi, avant de débattre lundi soir sur TF1 face à ses principaux adversaires et au lendemain de la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon à Paris, Benoît Hamon abattait une carte majeure avec son meeting à Bercy. Le candidat socialiste a tenté de donner un nouveau départ à sa campagne présidentielle en affirmant que "tout commence aujourd'hui", à 35 jours du premier tour de scrutin, dans le "bruit immense de l'espérance qui vient".

Il dénonce les liens de Fillon et Macron avec l'argent

Dans une salle comble - l'organisation a revendiqué 20.000 participants à l'intérieur -, le candidat socialiste a dénoncé un "parti de l'argent" qui a "trop de candidats". Il a fustigé une "campagne polluée par l'argent", ciblant d'une même voix le candidat de la droite François Fillon et celui d'En Marche! Emmanuel Macron, obsédés par "leur destin". "Ils ont peut-être le sens des affaires, moi j'ai le sens de l'Etat (...) J'ai plus le goût de l'Histoire de France que de la grammaire des affaires", a dit celui qui dit briguer l'Elysée pour "préparer notre futur et celui de nos enfants."

"Ce parti de l'argent a plusieurs noms, plusieurs visages, il a même plusieurs partis", a lancé le vainqueur de la primaire de la gauche, en allusion à la célèbre tirade de François Hollande, lors de son discours du Bourget en 2012, contre la finance, un "ennemi" qui n'a ni "nom", ni "visage".

Une France "généreuse et solidaire"

Lâché par une partie de son camp, dont le finaliste malheureux de la primaire du PS Manuel Valls, loin des favoris par les sondages d'opinion, Benoît Hamon a reconnu affronter "des vents contraires" depuis le début de la campagne. Il a regretté le choix de l'ex-Premier ministre de ne pas le parrainer, dénonçant "ce manquement à la parole donnée, ce mépris de l'expression démocratique qui exaspère tant le peuple" et fait selon lui le lit du "Brexit" et du vote Front national.

Face à droite et l'extrême droite, Benoît Hamon a aussi défendu une France "ouverte, généreuse, solidaire, innovante" qui ne résume pas à celle "des Choristes et d'Amélie Poulain". Il a par exemple égratigné "la clause Molière" visant à imposer l'usage du français sur les chantiers publics, une "proposition de droite" qualifiée, comme l'avait fait le Premier ministre Bernard Cazeneuve, de "Tartuffe". "Tartuffe Wauquiez, Tartuffe Pécresse, Tartuffe François Fillon ! Et tout ça pour plaire à qui ? A Marine Le Pen", s'est-il exclamé.

Après avoir fait respecter une minute de silence à la mémoire des victimes des attentats des ces dernières années en France, le candidat socialiste a fait applaudir le président François Hollande, le Premier ministre, Bernard Cazeneuve, et le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian mais uniquement pour leur action contre le terrorisme.

Durant son heure et demie d'allocution, le candidat socialiste a repris les grandes lignes de son programme, dont son revenu universel qui "n'oppose plus le chômeur au travailleur mais les réconcilie", ou encore la légalisation du cannabis.

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