Politique

Présidentielle : des lycéens nantais font leur JournAlternatif

Par Marion Fersing, France Bleu Loire Océan lundi 16 janvier 2017 à 5:00

Le JournAlternatif des élèves du lycée Mandela de Nantes
Le JournAlternatif des élèves du lycée Mandela de Nantes - Capture d'écran

Des élèves du lycée Nelson-Mandela, à Nantes, ont lancé leur site internet sur les primaires, la présidentielle et les élections législatives. Ils y expliquent, avec leurs mots, les enjeux, ils présentent aussi les candidats et leurs programmes.

Les 22 élèves de la classe de première bilingue français-allemand du lycée Nelson-Mandela de Nantes ont lancé leur site internet sur la présidentielle 2017 et ce qu'il y a autour, les primaires et les législatives. Avec leur prof d'histoire-géo, ils font un gros travail de recherches et d'analyse pour présenter, avec leurs mots, les candidats, leur programme et les enjeux des scrutins. C'est leur "JournAlternatif 2017".

Envie de comprendre l'actualité et d'en parler

"Il y a une grosse demande de la part des élèves pour essayer de comprendre l'actualité et d'avoir des espaces pour en parler, ce qu'on peut faire, cette année dans les cours d'enseignement moral et civique", explique leur enseignante d'histoire-géo, Anne Pedron. "Et pour ça, ils se mettent dans la peau de journalistes, ce qui permet, aussi, de travailler sur les médias et sur l'information. Donc en travaillant sur la fiabilité de l'information et en faisant quelque chose qui donne envie d'aller lire et de continuer à se renseigner sur le sujet".

Pour les jeunes, la politique, c'est vraiment vaste !

"Pour des jeunes, la politique, c'est vraiment vaste ! Et on ne sait pas trop par où commencer". Eva plante le décors. Mais après quelques semaines à travailler sur les élections, elle commence à y voir plus clair : "le projet nous a permis d'avoir des lignes d'entrée. De se dire, 'aujourd'hui, je travaille sur tel sujet, par exemple le populisme et demain, sur autre chose', comme ça, on n'est moins perdu". Pour ça, ils font des recherches sur internet, ils lisent les analyses des différents médias, pour essayer d'être le plus objectif possible. "Mais ce n'est pas facile de l'être !", reconnait Lucie. Parce que leur objectif, avec leur JournAlternatif, c'est de rendre la politique plus claire et plus abordable pour tous. "On espère pousser les gens à s'engager et à s'intéresser à ce qui gère notre vie de tous les jours", poursuit Enzo.

Eva, Lucie et Enzo que leur JournAlternatif

C'est plus du marketing, de la vente de produit pour essayer d'atteindre le pouvoir

Et pour pouvoir en parler, Enzo a donc regardé le premier débat de la primaire de la gauche. "C'était long ! Très long !", confie-t-il dans un sourire. Peut-être parce qu'il n'a quasiment rien entendu sur les jeunes. "J'ai clairement pas l'impression qu'on soit la cible de leur programme". Marc-Aurèle poursuit : "si je peux me permettre, Fillon tout ça, ces personnes d'un certain âge comme Juppé, sont un peu grillées, un peu vieux et un peu d'une autres planète". Il est tout aussi sévère avec leur façon de faire de la politique. "C'est plus du marketing, c'est de la vente de produit pour essayer d'atteindre le pouvoir. On vend plus une stratégie qu'une idéologie politique".

Un travail d'explications sur le vocabulaire

Cet avis là, c'est après avoir lu et analysé les programmes des différents candidats que les élèves se le sont forgé. "On a souvent tout un travail d'explicitation à faire sur le vocabulaire", raconte Anne Pedron. "Et très souvent, la première question qui se pose, c'est 'mais est-ce que ça, ça n'existe pas déjà ?'. J'ai d'ailleurs une anecdote qui m'a marquée avec une proposition de Nicolas Dupont-Aignan de Debout la France de restaurer la chaîne pénale. C'est-à-dire, par exemple, que quand on se fait voler un vélo, on va porter plainte. Et la réflexion de l'élève a été de me dire, 'mais ça, ça existe déjà'. On a convenu que oui et que donc c'était une proposition beaucoup plus idéologique ou d'affichage que quelque chose qui était réellement à mettre en oeuvre dans les cinq ans à venir".

Envie de voter pour exprimer son avis

Et après tout ce travail, les élèves n'ont qu'une seule envie : aller voter ! "On a envie d'exprimer notre avis et de dire que, les jeunes, on ne suit pas nos parents. On a aussi notre avis et envie de l''exprimer en allant voter", s'enthousiasme Eva. Le problème ? Ils vont devoir attendre encore un peu, ils sont tous encore mineurs.

Notre reportage au lycée Mandela