Politique DOSSIER : Le projet de l'A45 entre Saint-Étienne et Lyon

Présidentielle : Marine Le Pen reprendrait le financement de l'A45 pour ne pas le laisser aux "petits barons locaux"

Par Émeline Rochedy, France Bleu Saint-Étienne Loire mardi 18 avril 2017 à 11:25

Le conseiller régional Front national Charles Perrot.
Le conseiller régional Front national Charles Perrot. © Radio France - ER

VIDÉO | France Bleu Saint-Étienne Loire donne la parole aux représentants de tous les candidats à l'élection présidentielle tout au long de cette semaine afin de vous permettre de comparer. Pour Marine Le Pen, Charles Perrot, conseiller régional Front national.

Après les représentants de François Asselineau et de Jean-Luc Mélenchon, lundi, même formule pour tous les représentants de Marine Le Pen et de Nicolas Dupont-Aignan ce mardi : une question liée à l'actualité, ensuite au moins un point du programme en résonance avec la Loire et la Haute-Loire, avant d'aborder l'A45 et de dresser un bilan de la campagne. Charles Perrot, conseiller régional Front national, était en direct dans France Bleu matin à 7h50.

L'actu, les hologrammes de Jean-Luc Mélenchon

France Bleu Saint-Étienne Loire : Ce mardi soir les "Auverhonalpins" qui seraient intéressés ont le choix entre aller du côté de Clermont ou à Grenoble pour voir Jean-Luc Mélenchon en meeting. Le candidat de la France insoumise fait à nouveau le coup des hologrammes, cette fois dans six villes en plus de Dijon où il sera ce soir. C'est du gadget ou pourquoi pas ?

Charles Perrot : Non c'est bien, c'est une technique qui, je pense, est appelée à se développer. Nous avons toujours été précurseurs dans la communication internet et les réseaux sociaux. C'est bien que d'autres candidats innovent en la matière.

Focus sur un point du programme

FBSEL : Il est question d'instaurer une prime de pouvoir d’achat pour les revenus jusqu’à 1 500 euros par mois. À combien s'élèverait-elle ? Et pourquoi ne pas augmenter le Smic, tout simplement ?

Charles Perrot : Le but, c'est de protéger les travailleurs français. C'est ça qui est intéressant dans la proposition de Marine le Pen. Le cœur nucléaire du programme de Marine Le Pen, c'est la priorité nationale pour les travailleurs français. Cette prime s'élève à 200 euros par mois en moyenne.

FBSEL : Ça a augmenté, parce qu'à un moment, il était question de 80 euros par mois.

Charles Perrot : Il y a plusieurs système de réduction de charges et de transfert sur pouvoir d'achat des salariés, d'une part de charges sociales qui sera diminuée et il y a aussi la défiscalisation des heures supplémentaires. nous voulons revenir sur cette disposition aberrante qui a été supprimée.

FBSEL : Et cette prime de pouvoir d'achat, elle sera financée comment ?

Charles Perrot : Elle sera financée par des taxes à l'importation des produits étrangers à hauteur de 3% environ pour redonner du pouvoir d'achat aux Français et surtout de protéger la production nationale.

FBSEL : Sauf que les produits importés sont souvent les plus bon marché... et qui vont du coup coûter plus cher... Donc peut-être que ce que les gens vont obtenir d'un côté avec la prime, ils vont le perdre de l'autre, sur des produits qu'ils ne pourront peut-être plus s'offrir ?

Charles Perrot : Ça fait 50 ans qu'on est dans ce système exactement inverse, nous sommes tous habillés avec des textiles dont aucun n'est fabriqué en France. Nous pensons qu'il faut essayer d'aider l'industrie française. Nous considérons que l'argent qui reste en France, c'est mieux qu'il soit investi en France, plutôt qu'il enrichisse des productions délocalisées dans le monde entier.

A45, oui ou non ?

FBSEL : Si Marine Le Pen est élue à la présidence de la République, laisse-t-elle cette autoroute se construire ou instaure-t-elle un moratoire sur les projets autoroutiers ?

Charles Perrot : Il est clair que les gros équipements de ce style participent à l'aménagement du territoire, et c'est une politique d'État, selon nous. Ce n'est pas aux collectivités locales de financer des infrastructures comme celles-ci, qu'elles font payer aux contribuables. L'État se décharge de ses responsabilités. Il doit avoir la main sur son financement total et non pas le confier aux collectivités, aux petits barons locaux qui vont dire "ah grâce à moi l'A45 va se faire ou ne va pas se faire ". Il est évident que ces grandes décisions appartiendront à l'État.

FBSEL : Donc on remettrait tout à plat, on prendrait le temps de revoir le financement ?

Charles Perrot : Absolument. Je rappelle qu'au conseil régional nous nous sommes opposés à ce projet absolument destructeur des coteaux du Jarez et qui pour nous est un non-sens économique, en plus !

FBSEL : Alors il faut revoir complètement le tracé ?

Charles Perrot : Il faut revoir une politique d'aménagement du territoire qui prenne en compte la totalité des besoins locaux.

Bilan de campagne

FBSEL : Comment est apparue Marine Le Pen ces dernières semaines ? Quel regard portez-vous sur la campagne écoulée ?

Charles Perrot : C'est la candidate qui a le plus de pugnacité et de persévérance dans son combat. Une des grandes qualités humaines, c'est d'avoir des convictions solides et quoi qu'il se passe, continuer à les affirmer, à les défendre et à les proposer aux Français. Et là, en la matière, on a un véritable choix de civilisation qui se pose entre Marine Le Pen et l'ensemble des autres candidats.

FBSEL : Sauf que d'autres font des propositions assez proches, notamment Nicolas Dupont-Aignan : plus de la moitié du programme !

Charles Perrot : Bien sûr, il y a toujours quelques personnes qui essaient de vous manger la laine sur le dos, c'est normal. Plus on sera nombreux à tenir le même discours...

FBSEL : Mais c'est peut-être ça qui participe au sentiment que ça patine un petit peu cette fin de campagne pour Marine Le Pen, non ?

Charles Perrot : Franchement je n'ai pas ce sentiment-là, non pas du tout.