Politique

Présidentielle : les candidats qui ont participé au débat n'ont pas "répondu à la préoccupation numéro 1 des Français"

Par Fanette Hourt, France Bleu Provence mardi 21 mars 2017 à 10:21

Le premier débat avant l'élection présidentielle a eu lieu le 20 mars sur TF1.
Le premier débat avant l'élection présidentielle a eu lieu le 20 mars sur TF1. © Maxppp - Maxppp

Les cinq candidats qui ont participé au débat du lundi 20 mars sur TF1 ont-ils été convaincants ? Sur la question de l'économie et du chômage, non, pour Johan Bencivenga, le président de l'Union pour les entreprises des Bouches-du-Rhône, qui était l'invité de France Bleu Provence.

Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon, François Fillon, Emmanuel Macron et Marine Le Pen n'ont pas réussi à convaincre Johan Bencivenga, le président de l'Union pour les entreprises des Bouches-du-Rhône (UPE 13). Les cinq candidats, qui ont débattu lundi 20 mars sur TF1, n'ont pas abordé les questions économiques auxquelles il s'attendait. "J'aurais aimé que les candidats parlent de la préoccupation numéro 1 des Français, des citoyens, à savoir l'emploi, l'économie", explique Johan Bencivenga.

C'est en effet "un sujet qui a été abordé en toute fin de débat, vers 23h", alors que, selon le président de l'UPE 13, "l'avenir de la France passera forcément par la création d'emplois que nous, les entreprises du privé, nous allons créer dans les années à venir."

Les 35 heures ? "Un faux problème"

Les candidats ont notamment abordé la mesure très emblématique et symbolique des 35 heures. Mais il s'agit d'un "faux problème", pour Johan Bencivenga. "Plus que se battre [pour cela], ce que nous demandons nous, c'est un peu de stabilité. Quand on est un chef d'entreprise, qu'on soit petit ou grand (...), nous avons besoin de savoir quelles vont être les règles du jeu dans les mois, voire dans les années qui viennent. Aujourd'hui, on entend tout, mais finalement il ne se passe jamais rien de conforme aux promesses que nous ont fait les candidats", regrette le président de l'UPE 13.

C'est pour cela que selon lui, il n'y a que deux candidats "qui ont conscience de la problématique réelle de l'économie" : François Fillon et Emmanuel Macron. Le protectionnisme économique préconisé par la candidate Front national, Marine Le Pen, "est complètement antinomique avec l'avenir de notre pays", estime le chef d'entreprise. Mais il n'est pas plus convaincu par les candidats "qui ne souhaitent pas faire des économies concernant la dette publique", comme Benoît Hamon.

Aujourd'hui, on entend tout, mais finalement il ne se passe jamais rien de conforme aux promesses que nous ont fait les candidats

Par ailleurs, il émet des doutes concernant le revenu universel de Benoît Hamon. "Il peut être social ou libéral", affirme Johan Bencivenga. "Je n'y suis pas favorable, parce qu'il peut être considéré comme un remplacement à l'emploi."

Mais "je n'ai pas perdu espoir de faire de la pédagogie auprès des candidats pour leur expliquer que leur programme n'est pas adaptable à la France d'aujourd'hui." C'est pourquoi, 300 chefs d'entreprise du département ont travaillé autour de plusieurs thématiques. Le compte-rendu sera diffusé dans les médias le 7 avril, puis il sera transmis aux candidats à l'élection présidentielle et aux élections législatives.