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Politique

Présidentielle - Michel Boyon : "On assiste à un appauvrissement du débat électoral"

mardi 28 mars 2017 à 10:38 Par Yves Maugue, France Bleu Gironde

Ancien président de Radio France et du CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel), Michel Boyon est ce mardi à Bordeaux pour évoquer le contrôle de l'actuelle campagne présidentielle. Il était ce matin l'invité de France Bleu Gironde.

Michel Boyon dans les studios de France Bleu Gironde.
Michel Boyon dans les studios de France Bleu Gironde. © Radio France - Yves Maugue

France Bleu Gironde : Les onze candidats doivent-ils avoir le même accès aux antennes ?

Michel Boyon : C'est une question terrible car, avec onze candidats, les rédactions ne savent plus comment faire.Cela veut dire qu'il y a très peu de temps pour chacun alors que chaque candidat a très envie de présenter son programme. On doit trouver des conditions de diffusion à peu près équitables réclamées par le CSA. Mais, c'est ce qui m'agace dans le système auquel on est parvenu aujourd'hui, c'est qu'il est trop contraignant. Il n'est pas bon pour les candidats qui ne peuvent pas présenter leur programme de manière complète, on l'a vu avec le débat à cinq de TF1. C'est frustrant également pour les citoyens qui ne sont pas suffisamment informés. Et c'est compliqué à gérer donc on assiste à un appauvrissement du débat électoral contrairement aux apparences.

TF1 a eu raison de n'inviter que cinq candidats sur onze ?

C'est une question difficile. Mais il faut aller dans ce sens. On aura le contre-exemple le 20 avril avec le débat de France 2 avec les onze candidats. Quel est l'objectif ? Une égalité absolue au nom de la démocratie ou la meilleure information du public en fonction de la représentativité des candidats ?

Comment estime-t-on qu'un candidat est représentatif ?

Il y a plusieurs critères. D'abord les résultats électoraux obtenus précédemment par le candidat et sa famille politique, les indications fournies également par les sondages. Ensuite, il y a sa contribution au débat politique, s'il fait des réunions, s'il a beaucoup de soutiens autour de lui, etc... Il n'empêche que chaque candidat estime qu'il est moins bien traité que ce qu'il devrait.

Michel Boyon : "Il faudrait des débats à deux ou trois candidats"

Il faut faire évoluer les choses ?

Je n'aurais peut-être pas tenu ce discours il y a quelques années mais aujourd'hui je pense qu'il faudrait privilégier des débats à deux ou trois candidats. Des débats à onze n'apportent rien. Vous jugez le candidat sur une petite phrase, sur son look ou son sourire. Alors que des débats à deux ou trois permettent quand même d'appronfondir les choses et je pense que le citoyen en serait très satisfait.

Que se passe-t-il si les médias ne respectent pas les règles ?

Le CSA peut adresser aux chaînes des mises en garde, des mises en demeure. C'est un préalable à des sanctions. Mais il faut dire qu'heureusement il n'y a pas trop de dérapages. Sinon le mal est fait. Si le CSA se saisit de quelque chose quinze jours après, la compensation n'est plus possible.

La campagne se joue aujourd'hui à la télé ?

Elle se joue partout. Et ce qui change, c'est qu'elle se joue aussi maintenant sur internet, ce dont les radios et les télévisions doivent tenir compte.