Politique

Présidentielle : ce qu'il faut retenir du débat télévisé entre les cinq principaux candidats

Par Marina Cabiten et Géraldine Houdayer, France Bleu lundi 20 mars 2017 à 14:16 Mis à jour le mardi 21 mars 2017 à 0:49

Les cinq candidats ont débattu pendant plus de trois heures sur le plateau de TF1 ce lundi soir.
Les cinq candidats ont débattu pendant plus de trois heures sur le plateau de TF1 ce lundi soir. © AFP - Patrick Kovarik

Le premier débat avant le premier tour de la Présidentielle s'est déroulé ce lundi soir sur TF1 et LCI. Les cinq candidats en tête dans les sondages se sont affrontés pendant plus de trois heures lors d'une discussion animée, parfois tendue, comme lors des échanges sur la laïcité ou la sécurité.

Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon, Emmanuel Macron, François Fillon et Marine Le Pen : ils étaient cinq candidats, sur les onze qui ont décroché les parrainages nécessaires pour se présenter au premier tour de la Présidentielle, à débattre ce lundi soir, en direct sur TF1. Les cinq candidats ont été interrogés sur des thèmes de société, comme l'éducation, la laïcité ou la santé, mais aussi sur des questions économiques, comme les prélèvements fiscaux, ou internationales, comme le rôle de la France en Europe et dans le monde. Revivez les moments forts du débat :

0h20 : Pour conclure le débat, chaque candidat dispose d'une minute trente pour s'adresser aux téléspectateurs. Dans ce débat, Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont souvent été pris pour cible par leurs adversaires. François Fillon, plus en retrait, a été brièvement attaqué sur l'affaire qui le concerne par Benoît Hamon et par Jean-Luc Mélenchon, qui s'en est aussi pris à Marine Le Pen sur les affaires.

0H00 : les candidats sont interrogés sur les moyens d'éviter de nouveaux attentats en France. Pour Jean-Luc Mélenchon, le premier moyen, c'est "d'arrêter les guerres." Deuxièmement, "apprendre à se passer de gaz et de pétrole." Troisièmement, "combattre l’ennemi là-bas." Pour Benoît Hamon, il faut "arrêter les partenariats avec des pays comme le Qatar ou les Emirats arabes unis". Il propose aussi de renforcer le renseignement territorial. Marine Le Pen réitère sa volonté de fermer les frontières. Elle veut aussi fermer les mosquées salafistes, interdire les organisations islamistes, et expulser les étrangers islamistes fichés S. Elle souhaite aussi la déchéance de nationalité "pour ceux convaincus de fondamentalisme." François Fillon veut, lui aussi, appliquer la déchéance de nationalité à ceux qui "agissent contre nous". PourEmmanuel Macron, il faut "beaucoup d’autorité et de responsabilité" pour lutter "contre le terrorisme islamiste en Syrie, en Irak, en continuant le travail avec la coalition".

23h44 : les candidats sont interrogés sur la place de la France dans le monde. Pour Benoît Hamon, la France connaît une "période d'instabilité" en raison de l'élection de Donald Trump. Pour lui, La France doit prendre l’initiative de la Défense européenne. Marine Le Pen veut, dès 2018, consacrer 2% du PIB à l'armée, "qui est actuellement à l'os". Jean-Luc Mélenchon, interrogé sur sa proposition de sortir de l'OTAN, affirme qu'il veut être "le Président de la paix" et veut "une conférence de sécurité de l'Atlantique à l'Oural pour négocier les frontières." "Que cela veut-il dire?" lui demande Benoît Hamon. Jean-Luc Mélenchon affirme qu'il faut redéfinir les frontières entre la Russie et l'Ukraine". François Fillon approuve, et précise que sur ce point, il "se rapproche de Jean-Luc Mélenchon". Benoît Hamon lui demande s'il vous conduira la lutte aux cotés du régime de Bachar Al-Assad. François Fillon rétorque "le gouvernement auquel vous avez appartenu a conduit à livrer des armes aux terroristes". Il ajoute qu'il ne "propose pas une défense européenne, mais rien n’empêche d’avoir une complémentarité européenne, de se répartir les tâches." Emmanuel Macron indique qu'il refuse de "pactiser avec Poutine".

23h30 : les candidats sont interrogés sur la santé. Benoît Hamon veut interdire les perturbateurs endocriniens. Beanoît Hamon veut améliorer l’accès aux soins. "Dans un certain nombre de déserts médicaux il faut attendre 10 jours ou 15 jours pour aller voir un médecin généraliste." Il pointe aussi le "dysfonctionnement de l'hôpital public, qui met trop de pression sur ses salariés. Jean-Luc Mélenchon veut "une sécurité sociale intégrale qui rembourse 100 % de toutes les dépenses de santé". Il souhaite aussi supprimer le RSI. François Fillon veut mieux payer les médecins libéraux et créer des maisons médicales pour un meilleur accès aux soins. Emmanuel Macron est d'accord pour créer davantage de maisons de santé et mieux payer les professionnels du secteur. Marine Le Pen veut "préserver la sécurité sociale", et insiste sur le droit à l'oubli nécessaire pour les anciens malades, qu'elle veut raccourcir à cinq ans. Elle veut également une meilleure prise en charge des troubles autistiques. Benoît Hamon veut inscrire dans la loi le droit à l'euthanasie.

23h20 : les candidats sont interrogés sur la retraite. Benoît Hamon propose que "ceux qui ont eu un métier pénible, qui auront une espérance de vie plus courte", partent plus tôt à la retraite. Il propose également que dans un couple, "il y ait la possibilité de faire don d’un trimestre à son conjoint ". Jean-Luc Mélenchon veut revenir à la retraite à 60 ans, et aux 40 annuités. A l'inverse, François Fillon propose le passage progressif à la retraite à 65 ans. Pour Marine Le Pen, "Si les retraites vont mal, c’est parce qu’il n’y a pas de création d’emplois dans notre pays." Pour la candidate FN, il suffit donc de recréer des emplois pour garantir les retraites des Français. Emmanuel Macron veut garder un système par répartition, mais aussi "prendre en compte la pénibilité par secteur."

23h06 : les candidats sont interrogés sur les prélèvements fiscaux et le pouvoir d'achat. Pour Benoît Hamon, le revenu universel permettra d'augmenter les recettes de l'Etat et le pouvoir d'achat. François Fillon veut baisser les charges sur les salaires et relancer l'investissement. Emmanuel Macron, lui, dit qu'il n'est "pas favorable au revenu universel qui créerait plus d'impôts." Il préfère améliorer les salaires nets. Le candidat d'En Marche! rappelle sa proposition de supprimer la taxe d'habitation pour 80% des contribuables. "Personne n'y croit", rétorque François Fillon. Jean-Luc Mélenchon rappelle qu'il est contre le revenu universel. En revanche, il propose la cantine gratuite à l'école. "Cela augmentera le pouvoir d’achat, que du bonheur pour tout le monde !" Marine Le Penassure qu'elle veut "protéger les agriculteurs, les indépendants dont on ne parle jamais et les chefs d’entreprise." Elle accuse le RSI, le système de protection sociale des indépendants, d'être un "serial killer". Elle souhaite aussi augmenter le minimum vieillesse et l'allocation adulte handicapé de 20%. Elle veut aussi mettre en place "une prime de pouvoir d’achat". François Fillon accuse Marine Le Pen de "vouloir entraîner le pays vers le chaos économique et social" en voulant sortir de la monnaie européenne.

22h46 : les candidats sont interrogés sur le chômage. François Fillon réitère sa volonté de supprimer les 35 heures. Il veut "donner la liberté dans les entreprises, dans les branches pour les petites entreprises, de donner la possibilité de la négociation du temps de travail par des accords majoritaires." Emmanuel Macron répète qu'il ne propose pas de supprimer les 35 heures dans la loi. "Les situations sont différentes selon les secteurs entre les entreprises", précise-t-il. Benoît Hamon assure que "le revenu universel permettra d’augmenter de 200 euros le Smic net sans toucher au Smic brut." Le candidat du PS réaffirme qu'il veut faire reconnaître les maladies psychiques liées au stress au travail, comme le burn out, comme maladies professionnelles. Jean-Luc Mélenchon rappelle qu'il veut abroger la loi El Khomri : "Je ne suis pas d’accord pour un code de travail par entreprise, comme je ne suis pas pour un code de la route par rue !" Marine Le Pen explique à nouveau son idée de "patriotisme économique" : "que l'Etat avantage les entreprises Françaises dans la commande publique." Elle fustige les délocalisations, comme celle de Whirlpool.

22h32 : les candidats sont interrogés sur l'environnement. François Fillon veut "réconcilier la croissance et l'environnement" et continuer à s'appuyer sur la filière nucléaire.Benoît Hamon veut "fermer les centrales nucléaires en fin de vie" et développer l'énergie renouvelable". Pour Emmanuel Macron, "le nucléaire est là, il faut produire de l'énergie décarbonée, réduire notre dépendance au nucléaire de manière raisonnable, et développer les investissements dans le renouvelable et encourager cette nouvelle économie" .Pour Jean-Luc Mélenchon, "clairement il faut tourner la page de l’agriculture chimique et passer à agriculture paysanne".

22h23 : les candidats sont interrogés sur la moralisation de la vie publique. François Fillon est laconique et répond d'une phrase : "Je mettrai en place cette commission qui sera chargée de faire des propositions sur la prévention des conflits d’intérêts et la transparence." Jean-Luc Mélenchon demande aux présentateurs du débat de ne pas le "mettre dans le même sac" que François Fillon et Marine Le Pen, "les deux seuls concernés par les affaires présents ce soir". Marine Le Pen rétorque en attaquant Emmanuel Macron : "Cette campagne présidentielle a un avantage, elle fait découvrir aux Français qu’il y a un certain nombre de candidats qui défendent des intérêts privés, de grands groupes et non pas les intérêts des Français". Emmanuel Macron fustige des accusations graves. "Si vos accusation ont un fondement, la justice fera son office", assure-t-il.

22h10 : les candidats sont interrogés sur les institutions. Benoît Hamon interpelle Emmanuel Macron sur le financement de sa campagne, et lui demande de garantir qu'aucun lobby ne finance sa campagne. "Je prends l'engagement de n'être soumis à personne", rétorque l'ex-ministre de l'Economie."Il faut bien qu'il y ait un débat au PS", ironise Jean-Luc Mélenchon.

22h00 : les candidats sont interrogés sur la laïcité. Pour Emmanuel Macron la laïcité est ce qui protège, qui permet de croire et de ne pas croire. Jean-Luc Mélenchon trouve qu'on, parle trop de religion en France, et voudrait qu'on écoute davantage tous ceux qui sont athées. Benoît Hamon veut s'en tenir la loi de 1905, toute la loi de 1905, rien que la loi de 1905". Marine Le Pen veut surtout lutter contre le communautarisme. Elle veut inscrire dans la constitution que la loi ne reconnaît aucune communauté. "Donc on supprime le concordat en Alsace-Moselle ?" lui demande Jean-Luc Mélenchon. Benoît Hamon lui pose la même question. "C'est la laïcité comme ça vous arrange en fait," lance le candidat socialiste. Marine Le Pen indique qu'elle ne souhaite pas supprimer le concordat. "Je sais que vous êtes pour le burkini", lance-t-elle à Emmanuel Macron. "Je suis pour éviter le piège qui est tendu de faire du burkini un grand débat sur la laïcité", répond le candidat. "Votre piège, c'est de diviser les Français." Pour Emmanuel Macron, le burkini est un problème d'ordre public, et certains maires ont eu raison de prendre des arrêtés anti-burkini."

21h48 : les candidats sont interrogés sur l'immigration. Emmanuel Macron propose de raccourcir les délais de demande d'asile à six mois, pour une politique de reconduites à la frontière "plus efficace". Benoît Hamon veut un _"visa humanitaire" pour éviter les drames en Méditerranée, et permettre aux demandeurs d’asile de travailler."Les gens ne partent pas en immigration par plaisir, tonne Jean-Luc Mélenchon. L'immigration est un exil forcé". Pour lui, il faut traiter les candidats comme "nous serions traités chez eux." Marine Le Pen réitère sa proposition d'arrêter toute immigration, légale et illégale. "Dans les flux de migrants qui continuent à arriver, des terroristes se sont glissés", insiste Marine Le Pen. "Nous devons fermer nos frontières"._

21h40 : les candidats sont interrogés sur la possibilité d'abaisser la majorité pénale à 16 ans, proposée par François Fillon. Pour Emmanuel Macron, c'est une mauvaise idée. "Il ne faut pas agiter des symboles qui ne règlent pas situation." Pour Jean-Luc Mélenchon, c’est aussi "une idée qui est très mauvaise.", car un juge peut déjà passer outre l’excuse de minorité.

21h30 : les candidats sont interrogés sur la sécurité. Pour Marine Le Pen, il faut réarmer la police en effectifs et en matériel. Pour Benoît Hamon, il faut d'abord rétablir la police de proximité en créant 5.000 postes de gendarmes et de policiers. Le candidat de la gauche promet également de mettre en place des récépissés lors des contrôles d'identité, pour lutter contre le contrôle au faciès. Pour Jean-Luc Mélenchon, il faut d'abord renforcer la police financière. Pour lui, il faut aussi "en finir avec la clochardisation de la justice, car la situation est honteuse." Benoît Hamon accuse Marine Le Pen d'être "droguée aux pages faits divers".

21h20 : les candidats sont interrogés sur le thème de l'école. François Fillon veut mettre l'accent sur les fondamentaux, avec une école qui commence plus tôt, à 5 ans. Il met l'accent sur le respect et la discipline, mais aussi sur l'uniforme. Il veut aussi revaloriser l'apprentissage. Emmanuel Macron propose lui aussi de se concentrer les savoirs fondamentaux, avec plus d’heures de cours, en priorité dans les ZEP, où il veut baisser le nombre d’élèves par classe à douze. Marine Le Pen veut supprimer l’apprentissage des langues d’origine et revenir sur les rythmes scolaires qui ont, selon elle, "désorganisé l’école." Elle souhaite également revaloriser l'enseignement professionnel.

21h10 : c'est François Fillon qui prend la parole le premier pour ce débat. Il commence en déplorant le fait que seulement cinq candidats soient présents ce soir. "Je voudrais dire un mot sur l’organisation du débat. On est onze candidats, il y en a cinq ici, ça pose une question démocratique, je sais que les sondages ont grande vertu mais avec cette règle je n’aurais pu participer à la primaire de la droite et du centre", tacle le candidat de la droite. Emmanuel Macron "partage les remarques sur le nombre de candidats". Marine Le Pen critique également le format de ce débat.

La révolte des "petits candidats"

Ce format à cinq est contesté car il exclut les six autres candidatures validées par le Conseil constitutionnel vendredi : Philippe Poutou (NPA) et Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière), Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) et François Asselineau (UPR), le centriste Jean Lassalle et le vétéran inclassable Jacques Cheminade. Deux autres débats sont prévus d'ici au 23 avril, l'un sur BFMTV et CNews le 4 avril, l'autre sur France 2 le 20 avril.

"Ce n'est pas une chaîne de télévision" qui "doit sélectionner en avance les candidats" Nicolas Dupont-Aignan

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