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Primaire de la droite : ce qu'il faut retenir du débat d'hier soir

Par Ludovic Pauchant, France Bleu vendredi 14 octobre 2016 à 0:44

Les sept candidats ont promis tour à tour qu'ils soutiendraient le vainqueur de la primaire
Les sept candidats ont promis tour à tour qu'ils soutiendraient le vainqueur de la primaire © AFP - PHILIPPE WOJAZER

Le premier débat avec les candidats de la droite et du centre pour l’élection présidentielle de 2017 a eu lieu sur TF1 jeudi soir. Au terme de la séquence, peu d'annonces, un échange assez figé et de réelles oppositions concentrées sur les thèmes de l'identité et l'immigration.

L’un d’entre eux sera le candidat de la droite et du centre : Jean-François Copé, François Fillon, Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Bruno Le Maire, Jean-Frédéric Poisson et Nicolas Sarkozy étaient ce jeudi soir sur TF1 pour un premier grand débat. Avec pour objectif de tenter, pour les uns, de récupérer quelques points. Pour d'autres, d'exister comme candidats. Et pour les favoris, comme Alain Juppé ou Nicolas Sarkozy, de rester à niveau, coûte que coûte.

Rien de vraiment neuf n'a été annoncé

Au terme du débat, peu de nouveautés : l’essentiel avait déjà été dit au fur et à mesure que se dévoilaient les candidatures et le cadre n’aura, finalement, permis que peu d’échanges. On retrouvera ainsi, entre autres, parmi les propositions déjà annoncées et réaffirmées pendant l’émission, la suppression des emplois aidés pour Bruno Le Maire, celle de l'ISF pour Nicolas Sarkozy, la hausse de 3 points de la TVA couplées à une baisse de 35 milliards d'euros des charges sociales pour Jean-François Copé. Ou encore celle de Nathalie Kosciusko-Morizet d'instaurer un "revenu de base pour tout le monde".

Sur le fond, l’ensemble a pris, tôt, les atours d’une succession de spots de campagnes, si l’on excepte les rares piques dispensées à fleurets (très) mouchetés par les candidats. Les thèmes des 35h, du chômage, de la réforme des retraites ont fait l'objet d'échanges techniques, tous étant d'accord sur l'essentiel et chacun semblant s'attacher à démontrer la solidité de sa candidature par son niveau de préparation des dossiers.

Le thème des "affaires" crispe le débat

Le thème des "affaires" aura permis, de part et d’autre du plateau, de multiples assauts dirigés contre Nicolas Sarkozy. Notamment par François Fillon, qui a fait référence aux affaires judiciaires dans lesquelles apparaît le nom de l'ex-Président. Réaction acide de Nicolas Sarkozy : "Ce ne sont pas des déclarations qui honorent ceux qui les prononcent".

Condamné en 2004 pour prise illégale d'intérêt, Alain Juppé s’en tiendra à la position qu’il s’est depuis longtemps fixée : si les Français "estiment que (sa) faute (le) disqualifie, ils ne (l)'éliront pas". Bruno Le Maire, qui peut, à ce jour, leur opposer sa virginité judiciaire, a demandé un extrait de casier judiciaire pour les candidats à la présidentielle… Jean-François Copé a de son côté assuré avec vigueur qu'il n'aurait "pas été candidat" à la primaire s'il avait été mis en examen. Une manière de tacler Nicolas Sarkozy qui lui... l'est.

Parmi les thèmes clivants : identité et immigration

Finalement, sur le fond, les seuls thèmes réellement clivants auront été ceux de l’identité et de l’immigration. Ainsi, si Nathalie Kosciusko-Morizet estime que si le droit d'asile fait partie de l’identité des Français, elle a rappelé que les migrants doivent être réellement renvoyés chez eux si leurs démarches n’aboutissent pas. François Fillon, lui, souhaite qu'un quota maximal d'accueil soit voté : au-delà de ce seuil, il n’y aurait aucun accueil supplémentaire.

Plus radicaux, Nicolas Sarkozy et Jean-Frédéric Poisson souhaitent la suspension du regroupement familial. Ce dernier appelant à une politique soutenue de codéveloppement avec les pays africains. Sur l’identité, quand Alain Juppé penche pour une vision de la société française à l’image de sa diversité, le cœur de Bruno Le Maire balance pour évoquer la "culture", qui à ses yeux n’est pas négociable, plutôt que l'"identité".

Sur la forme, Sarkozy en chef d'équipe, Poisson en outsider

Les postures des uns et des autres des candidats auront, d'une certaine manière, pris le pas sur le fond des débats. Devant un Alain Juppé calme et modeste, Nicolas Sarkozy s'est affirmé comme ancien président de la République, rappelant à chacun des présents qu'il avait pu être son obligé (donc son ministre). Jean-Frédéric Poisson, quasi-inconnu du grand public, a fait figure d'outsider, de candidat iconoclaste, s'affirmant comme le plus original grâce à un discours plus relâché, d'apparence plus décontracté. Sans cravate ce soir là, Bruno Le Maire, que certains attendaient dans la posture prise par Jean-Frédéric Poisson, s'est essayé à incarner la figure de la révolte passionnée et de la droite rénovée de ses luttes intestines. Le candidat du renouveau, en somme.

Si vous voulez que tout continue comme avant, eh bien vous avez tout sur ce plateau - Bruno Le Maire

La seule femme du plateau, Nathalie Kosciusko-Morizet, a mis en avant sa "droite de progrès" face aux "conservateurs", en égratignant au passage "le recyclage", qui "marche pour les déchets, pas pour les idées". Surenchérissement en règle de Bruno Le Maire sur ce point-là qui, s’adressant à la caméra, s’est fendu d’un "Si vous voulez que tout continue comme avant, eh bien vous avez tout sur ce plateau".

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