Politique

Primaire de la droite et du centre : Sarkozy et Juppé entament les débats dans la peau des favoris

Par Thibaut Lehut, France Bleu Gironde et France Bleu jeudi 13 octobre 2016 à 3:30 Mis à jour le jeudi 13 octobre 2016 à 12:14

Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, donnés largement favoris dans les études portant sur les intentions de vote.
Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, donnés largement favoris dans les études portant sur les intentions de vote. © Maxppp -

Les sept candidats à la primaire de la droite ont rendez-vous, ce jeudi soir, pour le premier des trois débats qui préludent au vote des 20 et 27 novembre. Après trois semaines de campagne officielle, Alain Juppé est le favori des sondages, suivi de près par Nicolas Sarkozy.

Deux heures pour entamer la dernière ligne droite d'une primaire inédite. Les sept candidats à l'investiture Les Républicains se retrouveront ce jeudi pour le premier des trois débats télévisés qui mèneront au vote des 20 et 27 novembre. Si les courbes des sondages ont fluctué au cours des trois semaines de campagne officielle, le duel annoncé entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé aura manifestement bel et bien lieu. Et c'est le maire de Bordeaux qui semble garder l'avantage.

Des sondages défavorables à Nicolas Sarkozy

Distancé dans les études portant sur les intentions de vote au début de l'été, Nicolas Sarkozy avait comblé une partie de son retard à la rentrée. Mais l'ancien chef de l'Etat dévisse dans le dernier sondage publié dimanche dernier par Le Figaro, alors qu'Alain Juppé accroît son avance (voir ci-dessous).

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Les bonnes nouvelles s'accumulent d'ailleurs pour l'élu du sud-ouest, qui a engrangé mercredi le soutien des centristes du Parti radical et de l'UDI.

Une tension croissante

"Pas de panique", a tenu à faire savoir l'entourage de Nicolas Sarkozy. Pour tenter de remonter la pente, ce dernier a multiplié les sorties clivantes ces derniers jours. Et le ton est considérablement monté entre les deux prétendants.

L'ancien Président a réactivé dimanche au Zénith de Paris les thèmes de sa campagne de 2012 en se posant de nouveau comme le candidat du peuple, le porte-parole des "déclassés" et de la "majorité silencieuse" face aux "élites". Devant environ 6.000 militants, il a utilisé de nouveau le mot "racaille" et fait référence aux ancêtres gaulois des Français d'aujourd'hui. Il avait, quelques jours plus tôt, promis un double référendum sur le regroupement familial et les fichés S en cas d'élection.

Le lendemain, Alain Juppé répliquait sèchement via un billet publié sur son blog, accusant l'ancien chef de l'Etat d'aborder les sujets "par le petit bout de la lorgnette". "Veut-on faire la courte échelle au Front national en focalisant tout sur le regroupement familial, les fichés S... voire le rétablissement du cumul des mandats ?", écrivait notamment le maire de Bordeaux.

Et les autres ?

Dur dur de se faire une place au milieu de ce duel entre poids lourds, alors que les programmes sont assez similaires. Les cinq autres candidats abordent d'ailleurs ce premier débat télévisé avec des objectifs divers.

Bruno Le Maire, en troisième ou quatrième position en fonction des sondages, explique depuis des semaines que la campagne sera courte et commencera véritablement à compter de ce premier débat. "Peut-être que ce sera une révélation", expliquait son entourage à l'AFP mardi. Un souci de notoriété qui n'a aucune commune mesure avec celui de Jean-Frédéric Poisson, candidat du Parti démocrate chrétien, qui est sans doute le prétendant le moins connu des sept.

Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet. - AFP
Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet. © AFP - Lionel Bonaventure

Côté Fillon, l'équipe de campagne revendique une "cohérence politique et morale" et dénonce "le rapt" des sondages. L'ex-Premier ministre fait campagne sur une ligne plutôt dure, proche de celle de Nicolas Sarkozy lorsqu'il s'agit d'aborder les questions de société telles que la place de l'islam, les statistiques ethniques, ou encore le mariage pour tous. Un sujet sur lequel Nathalie Kosciusko-Morizet continue à marquer sa différence, en refusant une abrogation. Au contraire de la législation sur le cannabis, qu'elle veut dépénaliser.

Reste enfin une inconnue : l'attitude de Jean-François Copé, particulièrement remonté contre Nicolas Sarkozy suite à l'affaire Bygmalion. L'ancien patron de l'UMP lâche des coups sévères contre l'ex-chef de l'Etat depuis plusieurs semaines, en l'accusant d'être candidat pour échapper à la justice. Le face-à-face pourrait donc être électrique, d'autant que les deux débatteurs seront côte à côte.

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