Politique

Primaire de la gauche : ce que l'on sait... et surtout ce que l'on ne sait pas

Par Marina Cabiten, France Bleu jeudi 1 décembre 2016 à 3:30 Mis à jour le jeudi 1 décembre 2016 à 14:34

Benoît Hamon (PS) est déjà en campagne pour la primaire de la gauche
Benoît Hamon (PS) est déjà en campagne pour la primaire de la gauche © Maxppp - Thomas Padilla

C'est ce jeudi l'ouverture des candidatures officielles à la primaire de la gauche. Un scrutin dont les dates ont été annoncées, et pour lequel certains se sont déjà déclarés candidats dans les médias depuis un moment. Mais il reste une inconnue, déterminante. Elle s'appelle François Hollande.

Le Conseil national du Parti socialiste a décidé en juin dernier d'organiser, conformément à ses statuts, une primaire citoyenne pour désigner son candidat à la présidentielle. Alors que s'ouvre ce jeudi le dépôt des candidatures, le déroulement et les enjeux de ce scrutin sont pour l'heure beaucoup moins clairs que son équivalent à droite qui a conduit à la désignation de François Fillon, dimanche dernier. Et pour cause : la décision encore inconnue de François Hollande sur sa candidature sera déterminante.

Les modalités

Cette primaire est annoncée pour les dimanches 22 et 29 janvier. Les candidats ont jusqu'au 15 décembre pour déposer leur dossier, avec des règles de parrainage identiques à celles de la précédente primaire, en 2011 (5% des parlementaires PS, ou 5% des membres titulaires du conseil national du PS, ou 5% des maires des villes de plus de 10.000 habitants, répartis dans dix départements et quatre régions, ou 5% des conseillers régionaux et départementaux de dix départements et quatre régions).

La campagne officielle débutera le 17 décembre et ne durera donc qu'un mois. Pour la mener, un financement par le PS de 50.000 euros maximum par candidat est prévu. Voter coûtera un euro à chaque tour, contre deux euros à la primaire de droite. Pourront voter tous les Français inscrits sur les listes électorales, les mineurs en âge de voter pour l'élection présidentielle ainsi que les adhérents étrangers ou âgés d'au moins 16 ans des partis co-organisateurs de la primaire. En signant la feuille d'émargement dans chaque bureau, les votants affirmeront "se reconnaître dans les valeurs de la gauche".

Les candidats déjà déclarés

Si une douzaine de politiques de gauche se sont déjà déclarés en vue de la présidentielle, tous ne comptent pas participer à cette primaire, loin de là. Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon ou encore Yannick Jadot (élu à la primaire des écologistes en éliminant par surprise Cécile Duflot) s'en passeront. Idem pour le Parti radical de gauche. Finalement, le parti a désigné Sylvia Pinel de son côté.

Restent comme candidats déjà déclarés pour cette primaire : les socialistes Marie-Noëlle Lienemann, Gérard Filoche, Benoît Hamon et Arnaud Montebourg. François de Rugy pour le parti "Ecologistes !" (issu de la scission avec EELV), Jean-Luc Bennahmias pour le Front démocrate, et depuis ce jeudi matin Pierre Larrouturou fondateur du parti Nouvelle Donne.

François Hollande, l'Arlésienne

Les noms de Christiane Taubira (une pétition lancée pour demander sa candidature avait dépassé les 50.000 signatures mercredi) et Manuel Valls ont circulé ces derniers jours mais il ne s'agit que de spéculations. Oui mais François Hollande, alors ? Il ne s'est pas prononcé, et c'est tout le problème.

Plusieurs de ses proches craignent qu'une participation à la primaire s'apparente à un suicide politique, étant donnée la très faible côte de popularité du chef de l'État. Pour d'autres, au-delà du résultat se pose un problème d'image. L'avocat Jean-Pierre Mignard, familier de François Hollande, estime que "le président de la République sortant ne peut pas aller devant la primaire (...) Si la question de la primaire se pose pour un Président sortant, c'est qu'il y a une dissociation de ceux qui l'ont soutenu, un désaccord, il doit peut-être à son tour en tirer les conséquences". En d'autres termes, renoncer à se présenter à la présidentielle.

Peut-il à l'inverse se présenter sans passer par la primaire ? "Le refus d'un processus qu'il a accepté parce qu'il n'aurait pas la certitude d'être désigné serait, pour le Président, un coup de force dont il ne se relèverait jamais", tance Arnaud Montebourg dans Le Monde. Le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a "exclu" sur Europe 1 mardi que le chef de l'Etat soit candidat à la présidentielle sans passer par la primaire, précisant que François Hollande, s'il ne l'a pas dit "publiquement", lui a "dit oui" pour y participer. Dernière possibilité : annuler la primaire pour laisser la voie libre à une candidature Hollande. Mais Jean-Christophe Cambadélis s'y refuse. "Personne ne me fera reculer", jure le chef du PS.

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