Politique

Primaire de la gauche : entre Valls et Hamon, la campagne d'entre-deux-tours promet d'être rude

Par Tifany Antkowiak, France Bleu lundi 23 janvier 2017 à 15:30 Mis à jour le lundi 23 janvier 2017 à 15:36

Les tracts des deux candidats au second tour de la primaire de la gauche, prêts à être distribués, au siège du PS du Rhône.
Les tracts des deux candidats au second tour de la primaire de la gauche, prêts à être distribués, au siège du PS du Rhône. © Maxppp - Joël Philippon

La campagne d'entre-deux-tours de la primaire de la gauche a démarré à couteaux tirés lundi pour Manuel Valls et Benoît Hamon, qui se sont attaqués dès le matin sur des radios concurrentes, alors que les candidats battus dimanche soir annonçaient leurs consignes de vote pour le second tour.

Les deux candidats qualifiés dimanche soir pour le second tour de la primaire de la gauche, Benoît Hamon et Manuel Valls, représentent deux courants différents de la gauche, et ils comptent bien jouer chacun leur partition pendant la campagne d'entre-deux-tours. Les deux hommes en ont fait la démonstration dès lundi matin en s'attaquant par médias interposés. Invité de la matinale de RTL, Manuel Valls a tenu à bien démarquer sa vision de la gauche de celle de son adversaire : "Il ne faut pas être naïf, il faut être fort, mais il faut être fort en regardant la réalité dans les yeux. Pas en imaginant je ne sais quelle mesure qui ne sera pas opérationnelle, et qui par ailleurs ruinerait le pays", a déclaré l'ex-Premier ministre, en citant l'exemple du revenu universel, l'un des principales mesures du programme de Benoît Hamon.

Dès dimanche soir, Manuel Valls avait dénigré la victoire de Benoît Hamon, arrivé en tête du premier tour de la primaire de la gauche, avec 36,35% des voix (contre 31,11% pour Manuel Valls). Avec Benoît Hamon, c'est la "défaite assurée", avait commenté l'ex-Premier ministre, qualifiant les mesures proposées par son adversaire de "promesses irréalisables", tandis qu'il estimait que son projet était celui d'une "victoire possible", et de "la gauche crédible". À ce pronostic de défaite lancé par son adversaire, Benoît Hamon a répondu lundi matin, sur France Inter : "Je n'ai pas dénigré qui que ce soit pendant cette campagne". L'ancien ministre de l'Éducation a ajouté se sentir "plus fort" après sa victoire au premier tour de la primaire mais s'être "mis en situation de gagner comme de perdre, de confronter [ses] idées à la réalité".

Soutiens : Montebourg et Aubry pour Hamon, Pinel derrière Valls

Les deux hommes devaient chacun rencontrer lundi François de Rugy, qui a réuni 3,88% des suffrages dimanche lors du premier tour de la primaire de la gauche, dans le but de récupérer le soutien du candidat écologiste pour le second tour, dimanche 29 janvier. Dès dimanche soir, Arnaud Montebourg, arrivé troisième du premier tour avec 17,5% des voix, avait annoncé son ralliement à Benoît Hamon. D'autres voix au Parti socialiste ont clairement exprimé leur préférence pour le député des Yvelines, notamment Martine Aubry. La maire de Lille, ainsi que vingt autres personnalité du PS, expliquent dans un communiqué diffusé lundi qu'ils voteront Benoît Hamon dimanche prochain "pour conduire la France vers une société plus juste, plus forte et plus durable".

Manuel Valls a lui obtenu lundi le soutien officiel du Parti Radical de Gauche, qui était représenté au premier tour de la primaire par Sylvia Pinel. L'ancienne ministre du Logement n'a obtenu que 1,98% des voix dimanche. Les autres candidats battus au premier tour de la primaire, n'ont pas fait savoir dans quel camp ils se rangeaient. Vincent Peillon (6,8%) a appelé dimanche soir les électeurs à "amplifier encore leur vote", sans donner de consigne précise. Le candidat du Front démocrate Jean-Luc Bennahmias, arrivé en dernière position du premier tour avec 1% des suffrages, reste lui "partagé", comme il l'a expliqué lundi dans les colonnes de Libération.

Un second tour Hamon-Valls, dimanche 29 janvier, à la primaire de la gauche. - Visactu
Un second tour Hamon-Valls, dimanche 29 janvier, à la primaire de la gauche. © Visactu -

Débat télévisé mercredi soir, meetings parisiens jeudi

Pour cette semaine de campagne d'entre-deux-tours, les deux candidats devraient chacun tenir un grand meeting. Pour Manuel Valls, il devrait avoir lieu jeudi, en région parisienne. Ce sera jeudi soir aussi pour Benoît Hamon, à Paris, a indiqué dimanche soir un de ses porte-paroles. La veille, mercredi 25 janvier, les deux hommes seront opposés l'un à l'autre lors du débat télévisé d'entre-deux-tours, à partir de 21h. Il sera retransmis sur TF1, France 2 et France Inter.