Politique

Primaire de la gauche : Jean-Luc Bennahmias estime avoir "réussi à faire passer" ses idées

Par Charlotte Coutard, France Bleu Provence mardi 24 janvier 2017 à 10:28

Jean-Luc Bennahmias a réalisé 1% des suffrages au premier tour de la primaire de la gauche.
Jean-Luc Bennahmias a réalisé 1% des suffrages au premier tour de la primaire de la gauche. © Maxppp - Christophe Morin

Jean-Luc Bennahmias a réalisé le plus petit score du premier tour de la primaire de la gauche, avec 1% des voix. Mais le président du Front Démocrate, ancien député européen du Sud-Est, estime avoir réussi à faire passer ses idées. Il donnera ce mercredi après-midi ses consignes de vote.

Jean-Luc Bennahmias, président du Front Démocrate, ancien député européen du Sud-Est, était l'invité de France Bleu Provence ce mardi matin. Dimanche, lors du premier tour de la primaire de la gauche, il a obtenu 1% des suffrages.

Il dira ce mercredi après-midi pour qui il appelle à voter pour le second tour de la primaire : Benoît Hamon ou Manuel Valls.

Interview

France Bleu Provence : Vous avez obtenu 1% des suffrages. Vous êtes la lanterne rouge du premier tour de la primaire de gauche. Vous êtes déçu par votre score ?

Jean-Luc Bennahmias : On peut toujours faire mieux, mais je trouve que 1%, plusieurs milliers de voix, dans une primaire qui était difficile, qui n’était pas pour moi une chose aisée, c’est pas mal. Je suis un peu déçu peut-être, mais je n’étais pas dans une posture dans tout cela. J'ai réussi à faire passer mes idées, sur le revenu universel, la proportionnelle, l’anti-prohibition du cannabis.

FBP : Le président du Comité national d'organisation de la primaire a reconnu dans le journal Libération avoir "demandé à ce que les résultats soient actualisés au plus vite", entraînant des bugs notamment dans l'estimation de la participation. Faut-il avoir des doutes sur l’ensemble des résultats ?

JLB : Je ne crois pas, je comprends assez mal ce comptage extrêmement difficile. Il suffirait, me semble-t-il, que la haute autorité rende publique les PV des différents bureaux de vote, ça me paraîtrait répondre directement à cette question. Le président du comité national d’organisation a reconnu un bug. Moi je n’ai pas protesté, quand on fait 1% on ne proteste pas pour savoir si on a été grugé ou pas, mais Manuel Valls et Arnaud Montebourg ne protestent pas, donc cette polémique est assez mal venue, quand on est en train de finir une primaire, qui ne s’est pas trop mal passée. On se retrouve avec un sac de nœuds assez difficile à démêler.

FBP : Vous appelez à voter pour qui pour le second tour de la primaire de la gauche dimanche ?

JLB : Je le dirai mercredi après-midi, comme je l’ai déjà exprimé dimanche soir, avant le débat, et je préviendrai évidemment les deux candidats de ma position.

FBP : Vous soutenez l’idée d’un revenu universel, vous êtes plutôt pro-Hamon ?

JLB : À ce niveau-là je suis d’accord avec Benoît Hamon, je dis bien à ce niveau-là. Mais ça ne veut pas dire pour autant que je ne suis pas d’accord avec Manuel Valls sur d’autres sujets. Sur tout ce qui concerne la lutte contre le terrorisme, sur la laïcité par exemple. Heureusement d’ailleurs qu’à la fin d’une primaire, un certain nombre de consensus et d’idées communes se dégagent. Moi je pense qu’on n’a pas assez débattu, et que le format de ces primaires, le format télévisuel, pour la primaire de droite ou la primaire de gauche, ce format n'est pas très intéressant pour aller au fond des débats. Mais je peux me retrouver, sur un certain nombre de sujets, d’accord avec Manuel Valls ou Benoît Hamon, comme j’aurais pu être d’accord avec Arnaud Montebourg, ou Vincent Peillon.

FBP : Est-ce que les moqueries sur votre physique, sur votre style, vous ont blessé, ou vous avez apprécié participer à cette primaire ?

JLB : Je n’ai pas eu que des moqueries, loin de là. Quand c’est de l’humour tout va bien, quand c’est aigre et assassin, ça pose problème.

FBP : Vous avez le sentiment d’avoir pu transmettre malgré tout vos idées ?

JLB : C’est le moins qu’on puisse dire, j’ai reçu des mots amicaux de plusieurs dizaines de milliers de personnes, j’ai eu plusieurs milliers de voix. Un certain nombre de gens m’ont montré que ce que je proposais paraissait tout à fait intéressant. Que j’ai un caractère décalé, que je m’exprime de manière spéciale par rapport aux autres candidats qui sont totalement formatés, me parait être ma couleur naturelle.

FBP : Cette primaire vous a coûté cher ?

JLB : Non cette campagne m’a coûté l’argent que pouvaient mettre mes militants et sympathisants, et que je pouvais mettre, c’est-à-dire 20 000 euros. J’ai travaillé sur cette campagne sans aucun salarié permanent, les gens qui me soutenaient étaient des bénévoles. Ça fait peut-être la différence d’ailleurs au niveau du score au bout du compte bien évidemment.