Politique

Primaire de la gauche : "Rien n'est joué" pour Karine Berger, députée PS des Hautes-Alpes

Par Charlotte Coutard, France Bleu Provence vendredi 20 janvier 2017 à 10:51

Karine Berger, députée socialiste des Hautes-Alpes.
Karine Berger, députée socialiste des Hautes-Alpes. © Maxppp - MaxPPP

Le premier tour de la primaire de la gauche a lieu ce dimanche. Selon un sondage OpinionWay, Manuel Valls est donné largement en tête des intentions de vote pour le premier tour, devant Benoît Hamon. Mais selon la députée socialiste des Hautes-Alpes Karine Berger, rien n'est joué.

Le premier tour de la primaire de la gauche, c'est dimanche soir. Ils sont sept candidats en lice et dimanche soir,ils ne seront plus que deux : Jean-Luc Bennhamias, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Sylvia Pinel, François de Rugy, et Manuel Valls, par ordre alphabétique.

Le dernier débat entre les candidats avant le premier tour a eu lieu jeudi soir. Selon un sondage OpinionWay, Manuel Valls est largement en tête des intentions de vote pour le premier tour (37%), devant Benoît Hamon (28%) et Arnaud Montebourg (24%).

Pour en parler, Karine Berger, députée socialiste des Hautes-Alpes, était ce vendredi matin l'invitée de France Bleu Provence.

Interview

France Bleu Provence : Vous soutenez Vincent Peillon pour cette primaire de la gauche. Il est crédité de 7% selon les sondages. Vous pensez vraiment qu'il peut créer la surprise ?

"On est vraiment dans une situation d’incertitude assez élevée"

Karine Berger : Je pense que rien n’est joué, et que la surprise, elle peut venir de toute forme. Les sondages, malheureusement dans le cas de Donald Trump et du Brexit, se sont systématiquement trompés. Moi je connais bien le terrain, chez moi, et je vois vraiment beaucoup d’hésitations. Samedi matin, sur le marché de Gap, beaucoup de gens de gauche ne savaient toujours pas pour qui ils allaient voter. On est vraiment dans une situation d’incertitude assez élevée. Je pense que les derniers débats, le débat de ce jeudi soir et de dimanche dernier, ont amené une décision de la part du peuple de gauche.

FBP : Ce jeudi soir, Benoît Hamon a concentré toutes les attentions, toutes les attaques. C'est l'homme à abattre ?

KB : Non pas du tout, je pense que les débats se sont passés de manière très calme, peut-être de manière moins agressive que ce qui s’est passé pendant la primaire de la droite. On voit qu’on a des désaccords au sein de la gauche sur plusieurs sujets, mais on l’a fait avec beaucoup de respect, avec en tête que le 29 janvier au soir, tout le monde sera derrière celui ou celle qui aura gagné.

FBP : Jean-Luc Bennhamias a déclaré sur France Bleu Provence qu'il n'y avait "aucune tension" et il s'est dit '"assez content de la façon dont ça se passe". La gauche a réussi sa primaire ?

"La gauche a vraiment réussi son débat d’idées au cours de cette primaire."

KB : Oui, même si évidemment il y a eu des désaccords exprimés, et c’est l’objectif des primaires, c’est un débat d’idées avant tout et pas un débat de personnes. Je pense qu’on peut dire que la gauche a vraiment réussi son débat d’idées au cours de cette primaire. Maintenant, ce sont les électeurs qui vont choisir, et l’important c’est que tout le monde viennent voter. Dimanche, c’est ouvert à tout le monde, on n’a pas besoin d’avoir une carte au parti politique, et on peut trouver son bureau de vote très facilement sur internet.

FBP : Vous espérez combien de votants ? La primaire de la droite a réuni quatre millions de votants au premier comme au second tour. Benoît Hamon espère qu'il y aura deux millions de votants pour celle de la gauche. Il ne faut pas viser trop haut ?

KB : Il y a cinq ans la gauche avait rassemblé deux millions et demi de votants, alors que la dynamique était clairement de notre côté, et que celui qui a été désigné est devenu président de la République. Donc effectivement, deux millions de votants, dans un contexte où on sait très bien qu’une partie de l’électorat de gauche, notamment qui vote pour Mélenchon, n’est pas intéressée par cette primaire, ça serait très bien. Et je pense qu’on ira à ces deux millions de votants dimanche.

FBP : Vous avez dit qu'une candidature d'Emmanuel Macron et du vainqueur de la primaire aboutiraient mathématiquement à un second tour François Fillon/Marine Le Pen en 2017. Vous pensez qu'Emmanuel Macron doit se retirer ?

"Emmanuel Macron prend une grande responsabilité sur ce qui va se passer dans les mois qui viennent."

KB : L’erreur vient du fait qu’Emmanuel Macron a refusé de participer à la primaire, et on se demande vraiment pourquoi il a refusé de participer. S’il est tellement certain d’être dans la dynamique et d’être devant nous, dans ce cas-là, il aurait gagné facilement la primaire de la gauche. Le positionnement d’Emmanuel Macron est extrêmement flou, qu’on n’arrive toujours pas à savoir s’il est de droite ou de gauche. Il est impossible de comprendre qu’elle serait la politique qu’il mènerait, on n’a pas la moindre idée de son programme. Il est là pour perturber le jeu de notre camp, alors qu’il en est issu, et qu’il prend une grande responsabilité sur ce qui va se passer dans les mois qui viennent.