Politique

Primaire de la gauche : "tous les candidats marchent sur des œufs" (Philippe Breton, politologue)

Par Wassila Guittoune, France Bleu Belfort-Montbéliard vendredi 13 janvier 2017 à 8:49

7 candidats pour la primaire de la gauche
7 candidats pour la primaire de la gauche © Radio France - Alexandre MARCHI

Le premier débat de la primaire de la gauche a eu lieu jeudi soir. 7 candidats ont débattu pendant plus de deux heures : Benoit Hamon, Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Sylvia Pinel, François de Rugy et Jean Luc Benhamias.

Philippe Breton, politologue et enseignant à l'école de journalisme de Strasbourg est revenu sur France Bleu Belfort Montbéliard sur le premier débat de la primaire de la gauche : "Ceux qui attendaient des clivages, des éclats de voix, des divisons en ont eu pour leurs frais. Tous les candidats ont marché sur des œufs. Ils ont très bien illustré ce sport socialiste qu'est la synthèse. Une véritable unité de façade au prix d'une certaine fadeur".

Selon Philippe Breton : "C'est un exercice très délicat, ils savent tous que les sympathisants socialistes n'aiment pas les divisions (...) ils n'auraient pas aimé que quelqu'un rejoue encore la carte de la division, ce qui explique cette extrême prudence, au prix d'une certaine fadeur".

Manuel Valls est le grand vainqueur de ce premier débat selon le politologue : "On a vu le retour de Manuel Valls, qui s'était pris les pieds dans le tapis, il a réussi à sortir de ce piège. Il a donné l'impression d’être le seul à avoir envie d'y aller. (...)On attendait Benoit Hamon, il a été un peu en retrait, Mr Montebourg a été un peu différent de ce qu'il est d'habitude. Mr Peillon est resté très isolé dans ce débat".

On ne connait pas encore les chiffres d'audience, mais le politologue estime qu'ils seront bas : 'Ces débats sont très longs et fastidieux (...) Quand on demande aux candidats de répondre par oui ou par non, je crois que là il y a une caricature de débat et les téléspectateurs n'apprécient pas ce genre de débats. On va voir les chiffres, mais je crains que le prochain débat ne suscite pas un enthousiasme excessif".

Interview de Philippe Breton, politologue à Strasbourg