Politique

Primaire à gauche : que faut-il retenir du premier débat ?

Par Tifany Antkowiak, France Bleu vendredi 13 janvier 2017 à 1:32 Mis à jour le vendredi 13 janvier 2017 à 7:58

Les sept candidats se sont affrontés lors d'un débat retransmis notamment sur TF1.
Les sept candidats se sont affrontés lors d'un débat retransmis notamment sur TF1. © Maxppp - Alexandre Marchi

Les sept candidats à la primaire de la gauche ont confronté leurs idées pendant deux heures et demi ce jeudi soir, lors d'un premier débat. Un débat assez technique dans sa première partie, qui a montré quelques différences de point de vue, même s'il n'y a pas eu de véritable affrontement.

Les sept candidats à la primaire de la gauche (Jean-Luc Bennahmias, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Sylvia Pinel, François de Rugy, et Manuel Valls) ont confronté leurs idées ce jeudi soir lors d'un premier débat diffusé sur TF1, LCI, Public Sénat, et RTL, et co-organisé avec L'Obs. Les échanges ont duré un peu plus de deux heures et demi. Des échanges assez techniques, comme sur le thème de la fiscalité, qui ont révélé quelques points de divergences, notamment sur la question du travail. Mais tout au long du débat, les sept candidats ont répété leur volonté de rassembler la gauche, pour remporter la présidentielle. Ils ont d'ailleurs à de nombreuses reprises critiqué les propositions du candidat de la droite, François Fillon. Voici les principaux points à retenir à l'issue de ce débat.

Bilan du quinquennat de Hollande

Les sept candidats ont dû définir "en un mot" -aucun n'a véritablement respecté cette consigne- ce qu'ils pensaient du bilan de François Hollande. Un bilan "difficile à défendre", a commencé Arnaud Montebourg. "Peut mieux faire", a résumé Jean-Luc Bennahmias. François de Rugy a lui préféré parler de bilan "contrasté, en demi-teinte". Pour Benoît Hamon, le quinquennat de François Hollande laisse "un sentiment d'inachevé". Celui d'une "profonde incompréhension", a déclaré de son côté Vincent Peillon. Sylvia Pinel, ex-ministre du Logement, a estimé qu'il fallait "porter" ce bilan malgré tout. Quant à l'ex-Premier ministre Manuel Valls, il a exprimé sa "fierté d'avoir servi les Français dans une période très difficile".

Pas d'accord sur le revenu universel...

La proposition de Benoît Hamon de créer un revenu universel d'existence a été rapidement abordée lors de ce premier débat. Et à l'exception de Jean-Luc Bennahmias, ses adversaires ont vivement critiqué la mesure souhaitée par le député des Yvelines. Vincent Peillon a estimé que cette proposition posait "philosophiquement" un problème, en rappelant que la solidarité a été "pendant des siècles sur l'idée que ceux qui ont le plus donnent à ceux qui ont le moins". Manuel Valls a expliqué vouloir "une société du travail", et François de Rugy a dit refuser " un revenu de base pour solde de tout compte". Pour défendre sa mesure, Benoît Hamon a rappelé que "quand Michel Rocard a mis en place le RMI, on a parlé d'une société qui encouragera l'assistanat, la paresse".

.... ni sur le sort de la loi Travail...

Alors que Manuel Valls a tenté de défendre une nouvelle fois le bilan de François Hollande, en affirmant que la loi Travail était "une avancée, des droits nouveaux pour les salariés", Benoît Hamon, comme Arnaud Montebourg, se sont engagés à abroger cette loi. François de Rugy a lui proposé de tester la loi pendant cinq ans.

... mais à l'unisson pour critiquer François Fillon

S'il y a bien un point sur lequel les sept candidats n'ont pas montré de divergence, c'est sur leur rejet des propositions faites par François Fillon, vainqueur de la primaire de la droite. Dans leur viseur ce jeudi soir plus particulièrement, le programme du candidat de la droite pour la Sécurité sociale. "Il n'y a pas de débat au fond entre nous sur la Sécurité sociale ou sur la santé parce que nous sommes tous attachés à ce pilier fondamental de la République", a résumé Manuel Valls.

Lutte contre le terrorisme : oui aux exécutions ciblées, mais secrètes

Presque tous les candidats se sont dits prêts à ordonner, au nom de l'État, des exécutions ciblées de terroristes, comme l'a fait François Hollande, mais en reprochant au chef de l'État d'avoir divulgué cette information. "Il y a peut-être parfois des responsabilités à prendre pour protéger ceux qu'on aime (...) mais en faire étalage c'est indécent", a commenté Vincent Peillon. "J'ai toujours été pour la transparence mais j'ai toujours dit qu'il y avait une limite, c'est la sécurité, donc je regrette que ça ait été divulgué", a réagi de son côté François de Rugy. Pour Jean-Luc Bennahmias, "la réponse est oui". Et selon Sylvia Pinel, '"au nom de la raison d'État, c'est une responsabilité extrêmement grave, mais il n'appartient pas aux candidats à cette élection de commenter ce type d'informations".

Jean-Luc Bennahmias, le candidat à part

L'ancien des Verts et du MoDem, qui ne tient aucun meeting dans le cadre de sa campagne, a semblé plus décontracté que ses adversaires lors de ce premier débat. Il était le seul candidat masculin à ne pas porter de cravate, a régulièrement tutoyé ses adversaires, et a même plaisanté avec les journalistes qui l'interrogeaient. Son attitude a été l'objet de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux, tout comme son discours, parfois décousu. Le candidat a notamment paru découvrir à travers une question de la journaliste Elisabeth Martichoux, sa proposition de constituer un corps de vigiles privés, alors que cette proposition figure bien sur le site internet de Jean-Luc Bennahmias. Son équipe de campagne a tenu à expliquer ce couac sur Twitter :

Joker sur la question d'un désistement en faveur de Mélenchon ou Macron

Aucun des septs candidats n'a voulu se prononcer sur un éventuel desistement en faveur de Jean-Luc Mélenchon ou d'Emmanuel Macron si l'un des deux hommes venait à devancer le candidat de la gauche lors du scrutin présidentiel. Mais tous ont martelé leur volonté de rassembler la gauche, notamment à l'occasion de leurs conclusions respectives.

Deux autres débats seront organisés d'ici le premier tour de la primaire à gauche, le 22 janvier. Il sont prévus ce dimanche 15 janvier, et jeudi 19 janvier. Les deux finalistes seront opposés lors d'un ultime débat le 25 janvier.