Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Politique

Primaire de la droite : si vous avez raté l’entre-deux tours

jeudi 24 novembre 2016 à 3:30 Par Ludovic Pauchant, France Bleu

Sitôt annoncés les résultats du premier tour de la primaire de la droite, qui a consacré François Fillon et Alain Juppé comme duettistes pour le deuxième tour, le ton entre les deux candidats s’est durci. Récit d’une semaine à fleurets à peine mouchetés.

Le débat Juppé-Fillon jeudi soir, ultime affrontement de la primaire de la droite, sera coorganisé et codiffusé par TF1, France 2 et France Inter, un dispositif digne d'une élection présidentielle.
Le débat Juppé-Fillon jeudi soir, ultime affrontement de la primaire de la droite, sera coorganisé et codiffusé par TF1, France 2 et France Inter, un dispositif digne d'une élection présidentielle. © AFP - Eric FEFERBERG

Il y a eu la surprise, puis le temps de la mobilisation générale : une fois François Fillon sacré champion du premier tour de la primaire de la droite et du centre, Alain Juppé lui disputant sa marche sur le podium, il n’a suffit que de quelques heures pour que les échanges entre les deux camps se durcissent. Et que les équipes se forment, chacun des prétendants malheureux négociant avec plus ou moins d’ardeur son ralliement avec l’un ou l’autre des candidats. Le premier d’entre eux, Nicolas Sarkozy, annonce dans la foulée des résultats qu’il prend sa (-deuxième-) retraite politique. Et que malgré son "amitié" pour Alain Juppé, il se sentait "plus proche" de François Fillon, appelant ainsi les électeurs à reporter leur voix sur ce dernier au second tour.

A LIRE AUSSI ►► Fillon / Juppé : quel programme pour quel candidat ?

Une heure et demie de débat diffusé en direct sur France Inter, France 2 et TF1

Parmi les soutiens de François Fillon : Nicolas Sarkozy, Xavier Bertrand, Bruno Le Maire, François Baroin, Gérald Darmanin, Christian Jacob, Rachida Dati, Nadine Morano, Edouard Balladur, Brice Hortefeux, Eric Ciotti, Laurent Wauquiez, Eric Woerth, Gérard Larcher, Jean-Frédéric Poisson. Parmi les soutiens d’Alain Juppé : NKM, Jean-François Copé, (-peut-être-) François Bayrou, Jean-Pierre Raffarin, Valérie Pécresse. Tous devraient suivre avec attention le débat de ce jeudi soir diffusé en direct dès 21h sur France 2, TF1 et sur France inter. Pendant 1h30, les deux rivaux évoqueront dans cet ordre la fonction présidentielle, les questions économiques, sociales et sociétales, puis les questions internationales. C’est Alain Juppé qui s’exprimera le premier.

A LIRE AUSSI ►► Présidentielle 2017 : François Bayrou réfléchit à une candidature

Dès le lendemain de l’annonce des résultats, François Bayrou, ennemi juré de Nicolas Sarkozy et soutien d’Alain Juppé, fera savoir que le programme de François Fillon ne lui "convient pas" et qu’il n’hésiterait pas à se présenter en cas de défaite du maire de Bordeaux devant François Fillon. Autre ennemi affiché de l’ancien président de la République, Jean-François Copé lui embrayera le pas. Fort d’un microscopique 0.3% des voix, ce dernier estime qu’Alain Juppé est le seul à pouvoir défendre son envie d'un "tournant sécuritaire, clé de voûte du système".

Juppé tire le premier

Une fois les camps identifiés, les armes pouvaient enfin parler. On doit la première salve à Alain Juppé, qui qualifiera le programme du candidat Fillon de "très tourné vers la droite-droite". Un projet jugé, selon lui, "trop dur", qui amènera la société française dans une situation "très difficile". "Je pense être, explique-t-il sur Europe 1, plus ouvert que François Fillon sur un certain nombre de sujets de société (...) François Fillon a le soutien de Sens commun, qui est un mouvement politique qui a des positions extrêmement conservatrices et traditionalistes."

A LIRE AUSSI ►► Primaire de la droite : François Fillon et Alain Juppé en finale, Nicolas Sarkozy se retire de la politique

Une vue de l’esprit partagée par Nathalie Kosciusko-Morizet, autre soutien d’Alain Juppé : "Relancer un débat, dans les cinq ans qui viennent, sur la question du mariage pour tous, c'est une mauvaise idée. François Fillon a pourtant clairement annoncé son intention de le faire.", explique-t-elle sur France info.

Fillon peiné que "son ami" Alain Juppé "tombe aussi bas"

Passé le temps des alliances, vint celui des aigreurs et des ripostes. Peiné que son "ami Alain Juppé tombe aussi bas", alors qu’il lui intimait par médias interposés de « clarifier sa position sur l’avortement, le candidat Fillon, en déplacement dans l’Essonne, s’autorisera la fraîcheur et l’emportement. "Ça fait trente ans que je suis parlementaire : est-ce qu'une seule fois j'ai pris une position contraire à l'avortement ? Une seule fois ? Est-ce que vous avez vu une seule fois dans un programme de François Fillon des propos concernant le retour sur la loi Veil ? Jamais.", l’entendra-t-on ainsi s’exclamer.

Le clou est enfoncé dans les colonnes du Parisien, dans lesquelles François Fillon défend que "Alain Juppé a présenté un programme qui me semble décalé par rapport au centre de la gravité de la droite. Mais aussi du pays, qui est plus à droite qu'il ne l'a jamais été". Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate, annoncera entre-deux qu’il soutiendra la candidature Fillon.

Meeting contre meeting

La journée de mardi annonça le temps des meetings. Fillon à Lyon, Juppé à Toulouse. Le premier y défendra un projet de rupture, libéral. Le second a poursuivi un pilonnage en règle des positions adverses, en particulier sur le volet des sympathies extrêmes-droitistes qu’il prête à son rival. Les tons de l’un comme de l’autre avaient, entre-temps, trouvé l’opportunité de se glacer. Certains appelèrent à l’apaisement. Parmi eux, Hervé Mariton, député de la Drôme, qui appellera "solennellement au respect mutuel pour cette campagne de second tour".