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Politique

Privatisation d'Aéroports de Paris : des parlementaires d'opposition lancent un "référendum d'initiative partagée"

- Mis à jour le -
Par , France Bleu, France Bleu Paris

Plusieurs parlementaires, notamment socialistes, communistes mais aussi des Républicains ont annoncé, ce mardi, avoir recueilli assez de signatures pour enclencher un référendum d'initiative partagée contre la privatisation d'Aéroports de Paris, décidée par le gouvernement. Une procédure inédite.

La privatisation d'ADP est très contestée, y compris par les parlementaires.
La privatisation d'ADP est très contestée, y compris par les parlementaires. © AFP - Philippe LOPEZ

Ils veulent rendre Aéroports de Paris impossible à privatiser. Plusieurs parlementaires, notamment socialistes, communistes et des Républicains ont annoncé, ce mardi, avoir recueilli les signatures nécessaires à un possible référendum d'initiative partagée (RIP) contre la privatisation d'Aéroports de Paris (ADP), qu'ils qualifient de "non-sens sur le plan économique" et d'"erreur stratégique majeure." Cette privatisation, mesure phare du projet de loi Pacte sur les entreprises, en cours d'examen au Parlement.

Nous ne voulons pas que soit à nouveau commise l'erreur de la privatisation des autoroutes" - Boris Vallaud

"Nous avons cherché les moyens (...) d'éviter l'irrémédiable" et ce projet de consultation des Français vise à rendre ADP "insusceptible de privatisation", a déclaré lors d'une conférence de presse le porte-parole des députés PS Boris Vallaud, entouré de députés et sénateurs de plusieurs bords. Patrick Kanner, chef de file des sénateurs socialistes, a défendu cette "initiative totalement inédite" face selon lui à "la volonté du gouvernement de vendre la poule aux oeufs d'or". "Nous ne voulons pas que soit à nouveau commise l'erreur de la privatisation des autoroutes", a insisté Boris Vallaud.

La première étape pour un référendum 

Alors que 185 signatures sont requises pour lancer cette procédure de référendum, jusqu'ici inédite, les parlementaires en ont recueilli 197. Cette proposition parlementaire doit désormais être validée par le Conseil constitutionnel et signée par 10% du corps électoral, soit 4,5 millions de citoyens, pour organiser le référendum.

De la France insoumise aux Républicains

Outre la centaine de députés et sénateurs socialistes et la trentaine d'élus communistes des deux chambres, près d'une cinquantaine de parlementaires LR ont apporté leurs voix, ainsi que 12 députés Libertés et territoires et des sénateurs RDSE et Union centriste. Les députés La France insoumise souscrivent à la démarche, a indiqué Eric Coquerel, précisant que "des petits problèmes administratifs" ont empêché jusque-là leur prise en compte. Mais d'autres élus ont évoqué en coulisses des réticences de LR à leur égard.

Le projet de loi définitivement adopté jeudi 

Le projet de loi Pacte de Bruno Le Maire est examiné mardi après-midi au Sénat en nouvelle lecture, et doit être adopté définitivement jeudi à l'Assemblée. Ce calendrier ne devrait pas être remis en cause par cette initiative, de source parlementaire. C'est "une entreprise politique" avec un "attelage surprenant", certains signataires ayant "beaucoup privatisé", avaient critiqué par avance des porte-parole des députés MoDem.

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