Politique

Que contiennent les extraits du livre de Patrick Buisson sur Nicolas Sarkozy ?

Par Raphaël Godet, France Bleu mardi 27 septembre 2016 à 15:45

Patrick Buisson, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, le 15 octobre 2012 à Paris.
Patrick Buisson, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, le 15 octobre 2012 à Paris. © AFP - MIGUEL MEDINA

L'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy publie jeudi son dernier livre intitulé "La cause du peuple". Dans cet ouvrage, Patrick Buisson revient sur le mandat de l'ancien chef de l'Etat de 2007 à 2012. Les premiers extraits regorgent d'anecdotes et de confidences souvent très violentes.

Ce sont plus de 450 pages qui pourraient bien perturber la campagne de Nicolas Sarkozy pour la primaire de la droite. Ce jeudi, sort en librairie le livre "La cause du peuple", dont l'auteur n'est autre que Patrick Buisson, l'ancien conseiller de l'ex président de la République. Entre anecdotes, révélations et confidences, ce dernier se lâche sur les cinq années (entre 2007 et 2012) passées à ses côtés. L'hebdomadaire L'Express s’est procuré les bonnes feuilles.

Chirac ? "Je n’ai jamais vu un type aussi corrompu"

C'est un secret pour personne, Nicolas Sarkozy et son prédécesseur à l'Elysée Jacques Chirac n’ont jamais eu de bonnes relations. A l'image de ces propos que rapportent Patrick Buisson dans son livre. Chirac, c'est "le plus détestable de tous les présidents de la Ve République", "je n’ai jamais vu un type aussi corrompu", aurait une fois déclaré Nicolas Sarkozy.

Des "valeurs communes" avec le FN

Patrick Buisson affirme que Nicolas Sarkozy a eu des contacts avec Jean-Marie Le Pen entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2007. C’est même lui qui aurait facilité le rapprochement entre les deux hommes. L'ancien chef de l'Etat, voyant la victoire se profiler face à Ségolène Royal, aurait alors dit à Patrick Buisson : "Appelle Le Pen. Demande-lui ce qu'il veut. Faut-il que je le reçoive ? S'il faut le recevoir maintenant, tu sais, je le recevrai. Je ne suis pas comme les autres. Je sais prendre mes responsabilités, moi." Celui qui allait devenir quelques jours après président de la République aurait même demandé à des élus de droite de parrainer le candidat du FN pour qu’il puisse se présenter à la présidentielle.

Appelle Le Pen. S'il faut le recevoir maintenant, tu sais, je le recevrai

Toujours selon Patrick Buisson, Nicolas Sarkozy aurait affirmé en décembre 2005, lors d'une réunion avec des proches, que "les valeurs du Front national sont celles de tous les Français. C'est la manière dont le FN les exprime qui est choquante. Les Français n'aiment pas les plats trop pimentés qui emportent la gueule."

Le CPE

Nous sommes le 26 mars 2006, en plein mouvement contre le Contrat premier embauche (CPE). Ce jour-là, Nicolas Sarkozy (alors ministre de l'Intérieur) aurait laissé se dérouler des émeutes aux Invalides à Paris. Son objectif ? Apparaître comme l'homme fort du gouvernement face à son Premier ministre Dominique de Villepin. Une fois sur les lieux, Nicolas Sarkozy apparaît face caméras, "fier de montrer, aux termes d'un scénario réglé au millimètre pour les caméras de télévision, à quel point il maîtrisait la situation face à un Premier ministre englué dans un affrontement mortifère avec la jeunesse", se souvient Patrick Buisson.

DSK

Nicolas Sarkozy a longtemps espéré se retrouver face à Dominique Strauss-Kahn pour le second tour de la présidentielle de 2012. L'ancien conseiller affirme aussi qu'il se vantait d'avoir "de quoi faire exploser" DSK "en plein vol". Mais au lendemain de l'affaire du Sofitel à New York, l'ancien président a "la mine des mauvais jours". Car il aurait préféré quele patron du Fonds monétaire international (FMI) soit candidat avant que les scandales ne le rattrapent.

François Fillon ? Un "pauvre type"

Patrick Buisson révèle aussi quelques détails sur les relations entre Nicolas Sarkozy et son Premier ministre, François Fillon à l'égard duquel il aurait eu ces mots un jour, après l’inauguration d’une mosquée : "Pauvre type, tant qu’il y est, il n’a qu’à venir mercredi au Conseil des ministres en babouches et avec un tapis de prières."

"La cause du peuple" sort ce jeudi aux éditions Perrin.